Scoo­ters, gare aux vé­los !

Une nou­velle for­ma­tion est pro­po­sée à des conduc­teurs de scoo­ter pour qu’ils fassent da­van­tage at­ten­tion aux cy­clistes, sou­vent vic­times d’ac­ci­dents.

Le Parisien (Val d'Oise) - - SOCIÉTÉ - PAR ÉMI­LIE TORGEMEN

CET ÉTÉ, L’EMBROUILLE fil­mée a fait le tour du Web : un chauf­feur de mo­to-taxi qui cir­cule en toute illé­ga­li­té dans une voie cy­clable tombe sur un vé­lo, il se met à me­na­cer et à in­sul­ter ce­lui qui lui fait face, avant de lui cra­cher des­sus. La scène illustre la ten­sion qui monte entre les dif­fé­rents usa­gers de la route. Qu’à ce­la ne tienne. L’as­so­cia­tion Mon vé­lo est une vie s’est em­pa­rée de cette dé­so­lante his­toire pour ini­tier une for­ma­tion vé­lo qu’elle a d’abord pro­po­sée à la so­cié­té mise en cause, Fé­lix, le lea­der fran­çais.

VUL­NÉ­RABLES

« Nous dé­ve­lop­pons un mo­dule de­puis huit mois, ex­plique Théo Bar­tuc­cio, le pré­sident de l’as­so­cia­tion de cy­clistes. A l’ori­gine, nous ré­cla­mions que les au­to-écoles fassent pédaler les ap­pren­tis conduc­teurs une heure, mais ce­la sem­blait trop com­pli­qué. Alors, nous com­men­çons par les pro­fes­sion­nels les plus vo­lon­taires. »

Au­jourd’hui, dix chauf­feurs vont donc prendre des cours théo­riques avant de se mettre à pédaler sous l’oeil de Théo Bar­tuc­cio, pour mieux com­prendre les cy­clistes. L’en­tre­prise de taxis scoo­ters élec­triques y a-telle vu un moyen de lut­ter contre le « bad buzz » ? Pro­ba­ble­ment, mais « nous cher­chions un in­ter­lo­cu­teur sur ces su­jets de­puis des mois », as­sure Thi­baut Gué­rin, son di­rec­teur.

« Toutes les ini­tia­tives sur le thème Vis ma vie de… sont tou­jours une bonne idée », es­time, de son cô­té, Anne La­vaud, dé­lé­guée gé­né­rale de la Pré­ven­tion rou­tière. Le su­jet est d’ac­tua­li­té. Se­lon la Sé­cu­ri­té rou­tière, en ef­fet, avec + 21 % de tués par rap­port à 2010, c’est chez les cy­clistes que la mor­ta­li­té aug­mente le plus.

« A vé­lo, on est plus vul­né­rable qu’à mo­to, im­pos­sible de prendre de la vi­tesse pour se sor­tir d’une si­tua­tion », a pu consta­ter Laurent Rous­seau, chauf­feur de­puis cinq ans, l’un des pre­miers for­més. Se­lon lui, les prises de bec fré­quentes dans son quo­ti­dien s’ex­pliquent : « Quel mo­tard sait qu’un vé­lo a le droit de griller cer­tains feux rouges ? Quel cy­cliste sait qu’il y a une to­lé­rance pour les mo­tos-taxis char­gées de pas­sa­ger ? La po­lice les laisse uti­li­ser les voies de bus comme des taxis », pointe-t-il.

Après le lea­der du trans­port de per­sonne à mo­to ou à scoo­ter, Théo Bar­tuc­cio ai­me­rait convaincre d’autres pros. « Des li­vreurs à deux-roues, des com­pa­gnies de taxis ou de VTC, mais aus­si les com­pa­gnies d’as­su­rances », ex­plique le mi­li­tant. L’idée se­rait pour les as­su­reurs de bais­ser les primes des conduc­teurs qui au­raient sui­vi ce type de sen­si­bi­li­sa­tion.

Pa­ris, oc­tobre der­nier. Dans les villes, la co­ha­bi­ta­tion entre vé­los et scoo­ters est loin d’être évi­dente.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.