Le Vé­lo­drome sans pi­tié

Le Parisien (Val d'Oise) - - VIE QUOTIDIENNE - DE NOTRE COR­RES­PON­DANT BEN­JA­MIN HOURTICQ À MAR­SEILLE

AU COUP DE SIF­FLET FI­NAL, le temps se fige au Vé­lo­drome. Pen­dant de longues mi­nutes, les joueurs dis­cutent, le re­gard ha­gard, non loin du banc de Ru­di Gar­cia. Steve Man­dan­da, pour son 502e match sous les cou­leurs mar­seillaises — re­cord du club —, monte au front, ses co­équi­piers der­rière lui. Ils vont en­fin oser af­fron­ter leurs sup­por­teurs et par­ler avec quelques-uns, au­to­ri­sés à pas­ser sous les fi­lets de sé­cu­ri­té. Après des mois de non-dia­logue, leurs nerfs ont été mis à vif. Peu après, Ru­di Gar­cia, dont la dé­mis­sion a été ré­cla­mée tout au long du match dans le vi­rage sud, tente une ap­proche. Des fu­mi­gènes s’al­lument, il reste à dis­tance. Le pré­sident Jacques-Hen­ri Ey­raud, dont le dé­part a aus­si été scan­dé, reste loin, le re­gard dans le vide.

Il était an­non­cé que la co­lère des sup­por­teurs de­vait faire en­trer le Vé­lo­drome en érup­tion. Ce fut le cas. Avant que les pre­miers fu­mi­gènes rouges n’en­fument le vi­rage nord pour leur en­trée, les joueurs avaient eu de quoi lire sur les ban­de­roles des groupes de sup­por­teurs. « Ar­rê­tez de nous en­fu­mer. On sait le faire nous-mêmes », leur adres­saient les MTP. « Vous vou­lez tous beau­coup d’ar­gent. Ache­tez-vous des c… », conseillaient les Fa­na­tics.

GRIMÉS EN RAPETOU

Vi­rage sud, les South Win­ners ré­vé­laient leur sur­prise. L’acte II de l’épi­sode des chèvres du match OM - Bor­deaux, le 10 avril 2016, pen­dant le­quel ils avaient fait dé­fi­ler des pan­cartes re­pré­sen­tant les joueurs sous les traits de bo­vi­dés. Cette fois, c’est en Rapetou, les mal­frats de Dis­ney qui en veulent à l’ar­gent de Pic­sou, sacs de pièces d’or dans les mains, que les joueurs ont été grimés. L’ou­ver­ture du score de Maxime Lo­pez, le mi­not, n’al­lait pas mettre fin aux mes­sages vin­di­ca­tifs, en­core moins l’éga­li­sa­tion de Tie­le­mans. « Même si on gagne 5-0 ce soir, on ne se­ra pas dupes. On vou­dra qu’Ey­raud se barre », pré­ve­nait avant le match Fab’, fan de longue date. Avec ce nul, son avis n’au­ra pas chan­gé.

Orange Vé­lo­drome (Mar­seille), hier. Les sup­por­teurs avaient pré­ve­nu qu’ils fe­raient pas­ser des mes­sages. Pro­messe te­nue.

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