« C’est mal­sain de sou­hai­ter la chute d’un col­lègue »

Rolland Cour­bis, ex-coach de l’OM ou de Mont­pel­lier, sans club de­puis deux ans et de­mi, est néan­moins so­li­daire d’une pro­fes­sion pré­caire.

Le Parisien (Val d'Oise) - - SPORTS - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR CH­RIS­TOPHE BÉRARD

À 65 ANS son­nés, Rolland Cour­bis n’a au­cune en­vie de prendre sa re­traite. Au fond de lui, il as­pire même à com­men­ter moins de matchs de foot­ball pour RMC afin de les re­vivre sur un banc de touche. Pour au­tant, l’an­cien en­traî­neur de Mar­seille, Bor­deaux, Mont­pel­lier ou Rennes, dont le nom a ré­cem­ment cir­cu­lé du cô­té de Di­jon (An­toine Kom­boua­ré a fi­na­le­ment été choi­si) se dé­fend de sou­hai­ter l’évic­tion d’un technicien en place.

Dans quel état d’es­prit re­gar­dez-vous les matchs ?

ROLLAND COUR­BIS. Je ne les ob­serve pas en es­pé­rant voir un coach se plan­ter, mais comme si j’étais à sa place. En fait, je com­pare ses dé­ci­sions et ses choix tac­tiques avec ceux que moi j’au­rais pris. Avant le match, je fais ma propre com­po­si­tion d’équipe et, en­suite, j’ima­gine les dif­fé­rentes op­tions. C’est une ha­bi­tude in­tel­lec­tuelle qui m’ac­com­pagne de­puis long­temps. Il s’agit d’une forme de gym­nas­tique. Ce­la per­met de se com­pa­rer et de res­ter dans le coup.

Vous es­ti­mez-vous meilleur que les coachs en place ?

Ne me faites pas pas­ser pour un pré­ten­tieux ! Mais je ne vais pas, non plus, jouer aux faux mo­destes en di­sant que je suis tout le temps moins bon. Par­fois j’ex­plique à mon en­tou­rage que, sur telle ou telle chose, j’au­rais fait mieux. Il m’ar­rive ain­si de voir des trucs que cer­tains coachs en place n’ont pas for­cé­ment vus. J’ai la pré­ten­tion d’af­fir­mer que des équipes en­caissent des buts qu’elles n’au­raient ja­mais concé­dés si j’avais été l’en­traî­neur. Il m’ar­rive aus­si d’être bluf­fé par cer­taines op­tions qui se ré­vèlent ju­di­cieuses. En tout cas, j’ai en­core le ni­veau pour en­traî­ner. Mais c’est mal­sain de sou­hai­ter la chute d’un col­lègue.

Faites-vous as­sez sa­voir dans le mi­lieu du foot que vous êtes tou­jours en quête d’un banc ?

Je n’ai ja­mais fait pas­ser des mes­sages en di­rect. Ce n’est pas mon genre. Mais, et c’est sû­re­ment de ma faute, des pré­si­dents ont ain­si pu pen­ser que le poste ne m’in­té­res­sait pas. Je l’ai su peu après alors que, au contraire, ce­la m’au­rait plu ! Des fois, ce­la me dé­passe. Comme quand on m’in­ter­roge sur Di­jon. Je ré­ponds, comme une évi­dence, un « pour­quoi pas ? » à une ques­tion à pro­pos du poste. Et ça s’est trans­for­mé par­tout en « je suis can­di­dat ».

Pour­riez-vous en­traî­ner par­tout ?

J’ai dit que le ter­rain me man­quait. Pas qu’il me man­quait par­tout et avec tout le monde. Il y a des en­droits où j’ai dé­jà mis les pieds et où je n’ai sur­tout pas en­vie de re­ve­nir car ce­la ne m’a pas for­cé­ment lais­sé de grands sou­ve­nirs. Mais je ré­pète que ça me fe­rait ch… de ter­mi­ner ma car­rière sur mon ex­pé­rience en queue de pois­son à Rennes en 2016 (NDLR : il n’est res­té que cinq mois avant d’être rem­pla­cé par Ch­ris­tian Gour­cuff).

Qu’est-ce qui n’a pas mar­ché dans ce club ?

IL Y A DES EN­DROITS OÙ JE N’AI PAS EN­VIE DE

” RE­VE­NIR

Là-bas, j’étais bien mais j’ai été dé­pas­sé par un pro­jet où il fal­lait être Bre­ton pour du­rer. Et moi, je suis plu­tôt un Bre­ton du Sud. J’ai bien es­sayé de faire croire que je m’ap­pe­lais Rolland Cour­bix, ce­la n’a pas mar­ché !

Rolland Cour­bis lors de sa der­nière ex­pé­rience sur un banc de Ligue 1, avec Rennes en 2016.

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