Pre­mier jour ten­du au pro­cès Tar­nac

Le Parisien (Yvelines) - - FAITS DIVERS - TI­MO­THÉE BOUTRY

L’air go­gue­nard, Ju­lien Cou­pat lève os­ten­si­ble­ment les yeux au ciel et passe de longues mi­nutes à ob­ser­ver le pla­fond à cais­sons de la salle des criées pen­dant que la pré­si­dente ré­sume les charges qui pèsent à son en­contre.

Les uns y ver­ront de l’iro­nie, les autres de l’ar­ro­gance. A l’ou­ver­ture du pro­cès du « groupe de Tar­nac », le prin­ci­pal pré­ve­nu, pour­sui­vi no­tam­ment pour le sa­bo­tage d’une ligne SNCF en no­vembre 2008, ex­prime d’em­blée la (maigre) consi­dé­ra­tion qu’il porte au tri­bu­nal.

La dé­fense s’es­crime dès la pre­mière mi­nute à faire le pro­cès de cette en­quête qui s’est sin­gu­liè­re­ment dé­gon­flée de­puis son dé­clen­che­ment il y a près de dix ans. La qua­li­fi­ca­tion ini­tiale de « ter­ro­riste » a ain­si été aban­don­née.

LE TRI­BU­NAL SE REND SUR LES LIEUX

Me Jé­ré­mie As­sous, le vo­lu­bile avo­cat de sept des huit pré­ve­nus, a en­core ma­ni­fes­te­ment des comptes à ré­gler. Rai­son pour la­quelle il a fait ci­ter comme té­moins l’an­cien pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Pa­ris, Jean-Claude Ma­rin, et l’ex­mi­nistre de l’In­té­rieur, Mi­chèle Al­liot-Ma­rie. Tous deux ont fait sa­voir qu’ils n’étaient pas dis­po­nibles.

Cette pre­mière jour­née a dé­jà lar­ge­ment abor­dé le fond du dos­sier. Car, en ré­cla­mant le trans­port du tri­bu­nal sur les lieux du sa­bo­tage — une de­mande ra­ris­sime que les ma­gis­trats ont ac­cep­tée —, la dé­fense a concen­tré ses at­taques sur l’une des pièces maî­tresses de l’ac­cu­sa­tion : la cote D104, c’est-àdire le pro­cès-ver­bal de sur­veillance du couple Cou­pat-Lé­vy la nuit des faits. « En consta­tant par vos propres yeux les in­co­hé­rences et les contra­dic­tions, vous pour­rez consi­dé­rer que cette cote ne vaut pas grand-chose », ar­gu­mente Me Jean-Ch­ris­tophe Ty­mocz­ko, l’un des avo­cats d’Yil­dune Lé­vy.

Le pro­cu­reur ap­puie la dé­marche. Mais avec des ar­gu­ments in­verses : « Je suis convain­cu que ce­la mon­tre­ra que les consta- ta­tions qui ont été faites sont réelles et non pas fausses. »

Mes Jé­ré­mie As­sous (à gauche) et Jean-Ch­ris­tophe Ty­mocz­ko as­surent la dé­fense du « groupe de Tar­nac ».

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