« Les Amé­ri­cains sont ta­tillons sur la sé­cu­ri­té »

Le Parisien (Yvelines) - - FAIT DU JOUR - PAR JEAN-MI­CHEL DÉCUGIS

PLU­SIEURS CEN­TAINES de po­li­ciers du ser­vice de la pro­tec­tion (SDLP) sont mo­bi­li­sées pour pro­té­ger les quelque 90 dé­lé­ga­tions pré­sentes ce week-end dans la ca­pi­tale. Le ser­vice d’élite bé­né­fi­cie par ailleurs d’im­por­tants ren­forts d’autres ser­vices comme les CRS. De­puis plu­sieurs mois, des réunions ont lieu entre le SDLP (ser­vice de la pro­tec­tion) qui dé­pend de la Di­rec­tion gé­né­rale de la po­lice na­tio­nale (DGPN) et les dif­fé­rentes dé­lé­ga­tions de pays. Il y a plu­sieurs mois dé­jà, l’Ely­sée a trans­mis sa feuille de route. Et de­puis, le SDLP tra­vaille avec le pro­to­cole qui dé­ter­mine les règles du jeu sur la base du dé­rou­lé des cé­ré­mo­nies. « Cer­taines dé­lé­ga­tions sont prises en charge di­rec­te­ment à l’am­bas­sade, d’autres à leur ar­ri­vée à l’hô­tel », ex­plique un ex­haut gra­dé du SDLP.

Ce­la de­mande des dis­po­si­tifs de sé­cu­ri­té dif­fé­rents. « Pour les hô­tels, par exemple, le ser­vice de dé­mi­nage passe avant, et il y a une garde sta­tique à l’in­té­rieur de l’éta­blis­se­ment. » Le dis­po­si­tif de pro­tec­tion rap­pro­chée est dé­sor­mais bou­clé pour cha­cune des dé­lé­ga­tions, même « s’il y a tou­jours quelques pe­tites re­touches de der­nière mi­nute », re­lève cet an­cien du SDLP. En fait, de nom­breux pa­ra­mètres entrent en compte pour éta­blir la sé­cu­ri­sa­tion au­tour des cor­tèges. En théo­rie, un pré­sident de la Ré­pu­blique dis­pose d’une sé­cu­ri­té plus im­por­tante que celle d’un Pre­mier mi­nistre, qui lui-même bé­né­fi­cie d’une sé­cu­ri­té su­pé­rieure à un mi­nistre. Mais les cartes sont re­bat­tues en fonc­tion de l’éva­lua­tion de la me­nace qui plane sur cha­cun des pays.

« Un simple se­cré­taire d’Etat amé­ri­cain bé­né­fi­cie­ra d’une pro­tec­tion plus im­por­tante que le pré­sident de la Con­fé­dé­ra­tion suisse par exemple », pour­suit-il.

SE­CRET SER­VICE AMÉ­RI­CAIN

Bien en amont, une sé­cu­ri­sa­tion bi­la­té­rale avec cha­cune des dé­lé­ga­tions est aus­si pré­pa­rée. La plu­part de celles-ci rentrent dans le sché­ma mis en place, même si par­fois ce­la donne lieu à d’âpres né­go­cia­tions. « Il faut tou­jours te­nir compte du match re­tour, plai­sante cet ex­res­pon­sable du SDLP. Si une dé­lé­ga­tion s’est sen­tie mal trai­tée, mal pro­té­gée, vous pou­vez être sûr qu’au pro­chain dé­pla­ce­ment d’une de nos dé­lé­ga­tions dans ce pays, on nous ren­dra la pa­reille. »

Le trai­te­ment est très dif­fé­rent, se­lon les dé­lé­ga­tions. Les Etats-Unis viennent avec leur propre dis­po­si­tif. C’est le Se­cret Ser­vice qui a en charge de la sé­cu­ri­té du pré­sident amé­ri­cain, même si la sé­cu­ri­té de sa dé­lé­ga­tion est sous la res­pon­sa­bi­li­té du SDLP. « Les Amé­ri­cains sont ex­trê­me­ment ta­tillons, car ils ont connu plu­sieurs as­sas­si­nats de chefs d’Etat dans leur his­toire. »

Des cen­taines de mi­li­tants vio­lents pour­raient cher­cher à re­joindre les abords de l’am­bas­sade des Etats-Unis ou du pa­lais de l’Ely­sée...

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