Pour­quoi le PSG pa­tine en dé­cembre

De­puis 2011, le PSG éprouve les plus grandes dif­fi­cul­tés une fois dé­cembre ar­ri­vé. Ex­pli­ca­tions de ce phé­no­mène après ses deux matchs nuls en L 1 et avant le dé­pla­ce­ment à Bel­grade.

Le Parisien (Yvelines) - - LA UNE - PAR SÉ­BAS­TIEN NIETO

DÉ­CEMBRE 2015 a été ex­cep­tion­nel pour le PSG. Les Pa­ri­siens réus­sis­saient à ne pas s’in­cli­ner à l’ap­proche de Noël. C’est la seule an­née dans ce cas de­puis 2011 et l’ar­ri­vée des pro­prié­taires qa­ta­riens. Au to­tal, le PSG a per­du dix ren­contres (six en L 1, quatre en Eu­rope) en dé­cembre (lire infographie). L’équipe de Tho­mas Tu­chel n’a pas en­core per­du. Elle reste sur deux nuls, à Bor­deaux (2-2) et Stras­bourg (1-1) mais est pas­sée tout près d’un re­vers en Al­sace.

I FRAέCHEUR SUR LE TER­RAIN, PAS DANS LES TÊTES

« On ne peut pas at­tendre le même état d’es­prit que contre Li­ver­pool à chaque match », a jus­ti­fié l’en­traî­neur al­le­mand mer­cre­di soir. « Ils ont un peu joué en ré­ac­tion lors des deux der­niers matchs, es­time Pa­trice Fer­ri, con­sul­tant L 1 pour BeIN Sports. Ils savent qu’ils ont de l’avance, c’est hu­main. Quand tu com­prends cette marge, tu te mets moins dans le dur. Ils res­tent sé­rieux mais, in­cons­ciem­ment, le re­lâ­che­ment est nor­mal. » D’au­tant plus qu’en dé­cembre ap­proche une cou­pure de quelques jours. « Tu sens que la pre­mière par­tie de cham­pion­nat se ter­mine, que le mer­ca­to ar­rive, pour­suit Fer­ri. Un pre­mier bi­lan se met en place et ça peut en boos­ter cer­tains comme en frei­ner d’autres. »

I LE TURNOVER CONTRE LA FA­TIGUE

Pour Alexandre Del­lal, pré­pa­ra­teur phy­sique de Nice pen­dant dix ans, au­jourd’hui en Al­gé­rie, « la pé­riode est com­pli­quée pour le football en gé­né­ral ». Phy­si­que­ment et men­ta­le­ment, les joueurs ar­rivent au bout d’un cycle. « Quatre ou cinq mois après la re­prise, il y a une usure, as­sure-t-il. Pour le PSG en­core plus car ils doivent tou­jours être à 100 %. Ga­gner 14 matchs de suite, ça de­mande une ri­gueur in­croyable. Et ils doivent ba­tailler pour res­ter concen­trés en Coupe d’Eu­rope. »

Pour main­te­nir l’exi­gence, Tu­chel a choi­si la mé­thode du turnover. Entre Li­ver­pool et Bor­deaux ? Quatre chan­ge­ments. Entre la Gi­ronde et Stras­bourg ? Sept. Outre les cadres fa­ti­gués, les dou­blures, pas tou­jours au ni­veau, sont un autre fac­teur d’ex­pli­ca­tion des contre-per­for­mances de dé­cembre.

I L’EU­ROPE COMME MO­TEUR ?

Les dé­faites pa­ri­siennes s’ex­pliquent aus­si par le ca­len­drier : en 2013, 2014 et 2017, les Pa­ri­siens ont su­bi trois re­vers à Ben­fi­ca, Bar­ce­lone et Mu­nich. Des dé­pla­ce­ments dif­fi­ciles et, sur­tout, la qua­li­fi­ca­tion en 8es de fi­nale était dé­jà ac­quise. Tout est dif­fé­rent à quelques jours du dé­pla­ce­ment à Bel­grade : le PSG ne s’y rend pas pour conser­ver ou as­su­rer la pre­mière place mais bien pour se qua­li­fier. « C’est ce qui va les main­te­nir dans l’ex­ci­ta­tion, ré­sume Pa­trice Fer­ri. Je ne doute pas de leur in­ten­si­té contre l’Etoile rouge. »

La mo­ti­va­tion se­ra peut-être en­suite plus dif­fi­cile à main­te­nir, avec des dé­pla­ce­ments à Di­jon ou Or­léans (Coupe de la Ligue). Dans ce contexte, le re­port du match contre Mont­pel­lier sa­me­di ap­pa­raît comme une bonne nou­velle : Pa­ris est cer­tain de ne pas le perdre en dé­cembre.

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