Des dé­pu­tés ou­ver­te­ment me­na­cés

Le Parisien (Yvelines) - - FAIT DU JOUR - PAR JANNICK ALIMI

DE­PUIS QUELQUES JOURS, la vio­lence de Gi­lets jaunes à l’en­contre des dé­pu­tés est mon­tée de plu­sieurs crans. Aux per­ma­nences ta­guées d’élus LREM ou aux in­sultes ano­nymes pos­tées sur les ré­seaux so­ciaux ont suc­cé­dé des cour­riers si­gnés et as­su­més, voire des me­naces phy­siques. A l’en­contre des Mar­cheurs, mais aus­si, et c’est nou­veau, contre des dé­pu­tés de l’op­po­si­tion. « Je n’ex­clus pas que l’un d’entre eux fi­nisse par se faire lyn­cher », s’in­quiète un mi­nistre. Même des conseillers proches d’Em­ma­nuel Ma­cron au­raient re­çu des me­naces de mort sur leurs por­tables.

« Si je ne me fais pas agres­ser avant la fin du quin­quen­nat, j’es­time que j’au­rai eu de la chance », sou­pire une autre élue LREM. Plu­sieurs dé­pu­tés de la ma­jo­ri­té font même l’ob­jet d’une pro­tec­tion po­li­cière rap­pro­chée.

L’heure semble dé­sor­mais à la dés­in­hi­bi­tion de toutes les co- lères. « Après avoir vu dé­fer­ler des mails sur ma mes­sa­ge­rie à l’As­sem­blée na­tio­nale et des tom­be­reaux d’in­sultes cou­ra­geu­se­ment ano­nymes sur Fa­ce­book ou Twit­ter, ce sont main­te­nant des mes­sages no­mi­na­tifs sur mon adresse per­son­nelle qui me sont en­voyés, ac­com­pa­gnés de me­naces de mort sur moi et ma fa­mille », té­moigne Florian Ba­che­lier.

DE TOUS BORDS

Le pre­mier ques­teur de l’As­sem­blée fait l’ob­jet d’in­ti­mi­da­tions phy­siques. « Lun­di der­nier, vers 7 h 30, je sor­tais de mon do­mi­cile, à Rennes, pour me rendre à ma permanence pour re­ce­voir une nou­velle dé­lé­ga­tion de Gi­lets jaunes, quand un homme ca­gou­lé pos­té de­vant chez moi me lance une mise en garde sans am­bi­guï­té, confie le dé­pu­té LREM d’Ille-et-Vi­laine. Il me pré­vient que si je conti­nue à dé­fendre la po­li­tique d’Em­ma­nuel Ma­cron, je prends des risques énormes. » Dans sa cir­cons­crip­tion de l’Eure, Bru­no Ques­tel est égale- ment vi­sé. « Je re­ce­vais des dé­fer­lantes de me­naces de mort par mail. De la lâ­che­té ex­pri­mée der­rière un cla­vier, lâche le dé­pu­té Mar­cheur. Main­te­nant, ce sont des lettres de haine non ano­nymes et mar­quées par des dis­cours de com­bat. On m’écrit par exemple : Le peuple crève donc tu vas cre­ver.»

La classe po­li­tique est vi­sée dans son en­semble. « Toi aus­si tu au­ras ta tête au bout d’une pique. Voi­là ce que j’ai en­ten­du de la part de quelques Gi­lets jaunes dans ma cir­cons­crip­tion », ra­conte une dé­pu­tée LR. Une dé­pu­tée In­sou­mise, elle, s’est fait ex­fil­trer d’un barrage, « parce qu’élue de la Ré­pu­blique ».

« J’ai l’im­pres­sion que tout le monde s’ha­bi­tue à la vio­lence… Mais com­ment s’éton­ner, quand on voit dans l’hé­mi­cycle les élus de la France in­sou­mise re­fu­ser de rendre hom­mage aux forces de l’ordre ou cer­tains élus lé­gi­ti­mer la vio­lence phy­sique !? s’ex­clame Ba­che­lier. Il y a quand même eu 4 morts et 1 500 bles­sés en trois se­maines. »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.