Des ar­res­ta­tions pré­ven­tives en nombre

Le Parisien (Yvelines) - - FAIT DU JOUR - J.-M.DÉ., É.P. ET J.P.-L. (AVEC FRANCK LAGIER)

À 24 HEURES d’une nou­velle ma­ni­fes­ta­tion à risque, po­lice et gen­dar­me­rie ont pro­cé­dé à des in­ter­pel­la­tions tous azimuts à Pa­ris et en pro­vince pour « as­so­cia­tion de mal­fai­teurs » et « in­ci­ta­tion à la pro­vo­ca­tion d’un dé­lit ou d’un crime ». Les cibles ? Des Gi­lets jaunes ra­di­caux, des membres de l’ul­tra­droite et de l’ul­tra­gauche. Ces opé­ra­tions visent à ré­pri­mer les vio­lences qui ont émaillé les ras­sem­ble­ments du 1er dé­cembre et à neu­tra­li­ser ceux qui ont ap­pe­lé à l’émeute pour « l’acte IV ». Une telle pres­sion po­li­cière tombe à pic pour les au­to­ri­tés car ces gardes à vue peuvent du­rer qua­rante-huit heures… soit jus­qu’à de­main, après les ma­ni­fes­ta­tions. « Les ren­sei­gne­ments que les ser­vices trans­mettent à la jus­tice nous per­mettent d’in­ter­pel­ler en amont les élé­ments ex­tré­mistes », ad­met une source sé­cu­ri­taire. Il s’agit donc bien d’ar­res­ta­tions pré­ven­tives.

Hier à Pa­ris, dans les Hauts-deSeine et dans le Doubs, cinq hommes âgés de 22 à 30 ans ont été in- ter­pel­lés par la Di­rec­tion ré­gio­nale de la po­lice ju­di­ciaire de Pa­ris dans le cadre d’en­quêtes sur les at­trou­pe­ments vio­lents du 1er dé­cembre ain­si que sur les vols et les dé­gra­da­tions à l’Arc de Triomphe. Cer­tains d’entre eux sont ré­pu­tés proches de grou­pus­cules d’ul­tra­droite. Des vi­déos et des té­moi­gnages au­raient per­mis leur iden­ti­fi­ca­tion. D’autres mi­li­tants ont été in­ter­pel­lés jeu­di lors d’un coup de fi­let de la Di­rec­tion cen­trale de la po­lice ju­di­ciaire, no­tam­ment à Lyon et dans le nord de la France. Des fu­sils ont été re­trou­vés.

PLU­SIEURS ARMES SAISIES

Les ser­vices d’en­quête s’ap­puient aus­si sur les pro­pos hai­neux dé­ver­sés sur In­ter­net. Le cas le plus em­blé­ma­tique est ce­lui d’Eric Drouet, porte-pa­role des Gi­lets jaunes et te­nant d’une ligne dure. In­trou­vable hier ma­tin, il de­vrait fi­na­le­ment être convo­qué pour être en­ten­du afin qu’il ne soit pas éri­gé en « mar­tyr », se­lon une source proche de l’en­quête (lire aus­si page 4).

A Pa­na­zol (Haute-Vienne), la PJ de Li­moges a in­ves­ti le do­mi­cile d’un ex-mi­li­taire de 35 ans de­ve­nu vi­gile qui avait in­di­qué sur les ré­seaux so­ciaux vou­loir « tuer la Ré­pu­blique ». « Un bon flic est un flic cre­vé », a-t-il aus­si écrit. Deux armes de poing, un re­vol­ver 357 mag­num et un pis­to­let 7,65, des mu­ni­tions et un gi­let jaune si­glé « an­ti­francs-ma­çons » ont été sai­sis.

« On écarte les lea­ders connus pour vio­lences », glisse Da­vid Le Bars, se­cré­taire gé­né­ral du Syn­di­cat des com­mis­saires de la po­lice na­tio­nale. Au­tant d’opé­ra­tions de po­lice ju­di­ciaire qui visent à com­bler l’im­pos­si­bi­li­té pour les au­to­ri­tés de pro­cé­der à des as­si­gna­tions à ré­si­dence. Hors état d’ur­gence, celles-ci ne peuvent vi­ser que des sus­pects soup­çon­nés de ter­ro­risme. Sur BFMTV, Ni­cole Bel­lou­bet, la garde des Sceaux, a évo­qué « une di­zaine, une ving­taine » d’ar­res­ta­tions. Le chiffre se­rait en réa­li­té d’une tren­taine.

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