Le grand frère de Noi­sy-le-Grand

Mous­sa Si­di­bé, an­cien dé­fen­seur de Ligue 2 de­ve­nu ma­na­geur, est re­ve­nu dans le club de ses dé­buts pour en­ca­drer les jeunes de son quar­tier. De­main, il vise une qua­li­fi­ca­tion his­to­rique.

Le Parisien (Yvelines) - - SPORTS ILE-DE-FRANCE - STÉ­PHANE CORBY

« MA CAR­RIÈRE ? Je pense que la plu­part de mes jeunes ne la connaissent pas. » Dans le ves­tiaire de Noi­sy-le­Grand (Seine-Saint-De­nis), Mous­sa Si­di­bé, 37 ans, n’est pas du genre à éta­ler son CV. Le ma­na­geur du club de Ré­gio­nal 1 (6e di­vi­sion), dont la for­ma­tion dé­couvre de­main pour la pre­mière fois le 8e tour de la Coupe de France, n’avait d’ailleurs « ja­mais rê­vé de de­ve­nir foot­bal­leur pro­fes­sion­nel ». Dans son quar­tier du Pa­vé-Neuf, plus jeune, il ne son­geait qu’à « se battre pour réus­sir [sa] vie ».

Au bout du compte, l’an­cien dé­fen­seur au­ra dis­pu­té 82 matchs de Ligue 2 et ga­gné trois titres de cham­pion de Na­tio­nal. Il a joué à Cré­teil, Ajac­cio, Cler­mont, Vannes ou Nîmes, et même en An­gle­terre, sur les conseils de son cou­sin et ex-in­ter­na­tio­nal ma­lien Ma­ma­dy Si­di­bé, au­jourd’hui re­cru­teur pour Stoke Ci­ty.

En France, c’est Laurent Rous­sey qui l’a lan­cé, à Cré­teil en 2001. L’ex­joueur se sou­vient sur­tout de son pre­mier but, le 2 fé­vrier 2002 au Havre (3-1). « Le coach m’avait dit : Lâche-toi, pe­tit, et pro­fite de l’ins­tant ! Je suis en­tré en jeu et j’ai mar­qué sur coup franc. Pour un dé­fen­seur aux pieds car­rés, c’était pas mal (rire) ! » Lu­cide sur ses ca­pa­ci­tés, le Fran­co-Ma­lien a sur­tout fait car­rière grâce à ses qua­li­tés de lea­der et de com­bat­tant. Sa fran­chise l’a aus­si pous­sé à tout pla­quer du jour au len­de­main, après un dif­fé­rend avec l’en­traî­neur nî­mois Vic­tor Zvun­ka. « J’aime bien les gens hon­nêtes et droits. Si je ne suis pas bon, si je te casse les pieds, dis-le moi. Je pré­fère tra­vailler dans un mi­lieu sain, même si dans le foot il n’y a plus trop ça. »

Le joueur a rac­cro­ché après un ul­time contrat ama­teur à Roye il y a deux ans. « Il était temps de re­ve­nir chez moi, pré­cise le ma­na­geur. J’ai pas­sé mes di­plômes et re­le­vé le chal­lenge pas­sion­nant de tout re­cons­truire ici. » « Au club, Mouss est par­tout et tout le temps, glisse son ad­joint, Jim­my Mo­deste, pas­sé par le Pa­ris FC (Nat.) ou Le Mans (L 2). Il ne compte pas ses heures et met toute son éner­gie au ser­vice du club. C’est aus­si un vé­ri­table me­neur d’hommes qui sait par­fai­te­ment te­nir tous nos jeunes du quar­tier. » « J’ai com­mis toutes leurs bê­tises avant eux, jus­ti­fie le pa­pa d’une pe­tite Aïs­sé (8 ans). Ces ga­mins, je les ta­quine sou­vent, par­fois je dois leur sor­tir par les yeux, mais je les consi­dère comme mes pe­tits frères. »

De­main, face aux Gi­ron­dins de Lège-Cap-Fer­ret (3e en N 3), il es­père un ex­ploit his­to­rique. Six ans après le seul 32e de fi­nale de sa car­rière, per­du avec Nîmes (3-2) à Lille contre les Payet, Digne et autres Ma­vu­ba.

« IL NE COMPTE PAS SES HEURES ET MET TOUTE SON ÉNER­GIE AU SER­VICE DU CLUB » JIM­MY MO­DESTE, AD­JOINT DE MOUS­SA SI­DI­BÉ

Noi­sy-le-Grand (Seine-Saint-De­nis), mer­cre­di. Mous­sa Si­di­bé a joué dix ans en pro avant de de­ve­nir ma­na­geur.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.