Le long che­min de Lu­cas Pouille

Le 30e mon­dial, qui n’a ja­mais ga­gné un match à Mel­bourne, joue son pre­mier Grand Che­lem avec Amé­lie Mau­res­mo.

Le Parisien (Yvelines) - - SPORTS - ÉRIC BRUNA

LORS­QU’IL EST en Aus­tra­lie, Lu­cas Pouille fi­nit sou­vent à l’en­vers. Le Nor­diste, 24 ans, qui com­men­ce­ra son pre­mier Grand Che­lem de la sai­son de­main face au Ka­zakh Ku­ku­sh­kin, reste en ef­fet sur quatre dé­faites de rang de­puis son ar­ri­vée aux an­ti­podes (trois à Perth en Hop­man Cup et une à Syd­ney)… et il n’a ja­mais rem­por­té le moindre match à Mel­bourne en cinq par­ti­ci­pa­tions !

Au­tant dire que les si­gnaux ne sont pas for­cé­ment au vert à l’heure d’ou­vrir un nou­veau cha­pitre après une dif­fi­cile an­née 2018. Le n° 30 mon­dial re­fuse pour­tant de som­brer dans la si­nis­trose. Per­sua­dé qu’il faut lui lais­ser un peu de temps pour voir les pre­miers ef­fets de sa ré­cente as­so­cia­tion avec Amé­lie Mau­res­mo.

De­puis la mi-dé­cembre, le duo a pas­sé beau­coup d’heures sur les courts d’en­traî­ne­ment de Paris à Syd­ney en pas­sant par Du­baï, où le Tri­co­lore est tou­jours do­mi­ci­lié en at­ten­dant un re­tour dans l’Hexa­gone. En bonne spé­cia­liste du ma­ra­thon, Mau­res­mo a même don­né le la sur les séances de foo­ting ou d’aé­ro­bie.

IL A RE­NOUÉ AVEC L’EN­VIE

« On bosse tous les jours, on sait que c’est un long che­min, on es­saie de tra­vailler dur, du mieux pos­sible », a-t-il ré­su­mé hier à la sor­tie du court 19, après avoir ta­pé la balle avec Stan Wa­wrin­ka. Une séance di­ri­gée par Mau­res­mo… et son an­cien coach Loïc Cour­teau, sa­la­rié de la FFT, qui se­ra dé­ta­ché une quin­zaine de se­maines par an pour ve­nir ren­for­cer le staff aux frais du joueur. En contre­par­tie, selon « l’Equipe », Pouille au­rait ac­cep­té de re­ve­nir sur son re- fus maintes fois ré­pé­té de dis­pu­ter la nou­velle ver­sion de la Coupe Da­vis…

En pa­ral­lèle de sa nou­velle vie avec Amé­lie, qui fait la tour­née aus­tra­lienne en com­pa­gnie de sa pe­tite fa­mille, l’an­cien pro­té­gé d’Em­ma­nuel Planque tra­vaille à dis­tance avec une pré­pa­ra­trice men­tale. « Je n’étais pas prêt à dire tout le temps ce que je res­sen­tais et à me li­vrer, nous ex­pli­quait-il il y a quelques se­maines. En y re­pen­sant, j’ai dé­ci­dé de prendre quel­qu’un. »

Après avoir frô­lé le burn-out et vou­lu faire un long break la sai­son der­nière, Pouille a re­noué avec l’en­vie. C’est dé­jà ça. Reste à pré­sent à re­trou­ver la confiance pour ob­te­nir des ré­sul­tats. Ou l’in­verse. « C’est le plus gros chan­tier », avoue-t-il. L’ex-n°1 fran­çais ne veut pas se lais­ser mi­ner à chaque dé­faite et pré­fère re­gar­der sur le long terme. Et compte sur sa coach, ex-n°1 mon­diale et lau­réate de deux Grands Che­lems, pour lui trans­mettre ses émo­tions et son ca­rac­tère de cham­pionne.

La vé­ri­té des chiffres ne va pour­tant pas tar­der à le rat­tra­per. En fé­vrier, il re­met­tra en ef­fet en jeu la moi­tié des points rem­por­tés l’an­née pas­sée (vic­toire à Mont­pel­lier, fi­nales à Mar­seille et Du­baï). D’où l’intérêt d’ou­vrir le comp­teur en Aus­tra­lie…

Mel­bourne, jeu­di. Lu­cas Pouille et Amé­lie Mau­res­mo à l’en­traî­ne­ment.

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