Une école ré­ser­vée aux femmes qui veulent maî­tri­ser le fran­çais

L’en­sei­gne­ment est sur­tout pra­tique : à quel mo­ment tu­toyer ou vou­voyer, com­ment se pré­sen­ter à un em­ployeur…

Le Parisien (Yvelines) - - YVELINES MANTES-LA-JOLIE POISSY LES MUREAUX - PAR MEH­DI GHERDANE

C’EST LEUR REN­TRÉE des classes. Une quin­zaine d’élèves vont dé­cou­vrir au­jourd’hui leur toute nou­velle salle de classe dans les lo­caux du centre de vie so­ciale Ai­mé-Cé­saire de Mantes-la-Jo­lie. Mais ce ne sont pas des éco­liers comme les autres : ce groupe est uni­que­ment com­po­sé de femmes, toutes adultes.

La très sé­rieuse « Ecole Fran­çaise des Femmes »* ouvre sa pre­mière struc­ture dans le dé­par­te­ment. Lan­cée il y a dix ans par l’Ins­ti­tut des Hauts-de-Seine, une as­so­cia­tion fi­nan­cée par le dé­par­te­ment du même nom, ce dis­po­si­tif existe dé­jà chez nos voi­sins Al­to-sé­qua­nais et y compte six écoles.

UN EN­SEI­GNE­MENT FAC­TU­RÉ 15 € PAR AN

La mé­thode re­pose sur un concept simple : ai­der des femmes dont le fran­çais n’est pas la langue ma­ter­nelle à le maî­tri­ser. « Ce ne sont pas des cours d’al­pha­bé­ti­sa­tion car il faut dé­jà dis­po­ser de cer­taines bases, dé­taille Isa­belle Rus­so, directrice exé­cu­tive de l’Ecole Fran­çaise des Femmes. Notre ap­proche est fon­dée sur un en­sei­gne­ment prag­ma­tique avec une vi­sée so­ciale : l’école est ré­ser­vée à celles qui sont dans une de­mande d’in­ser­tion pro­fes­sion­nelle. » En pre­mière an­née, on ap­prend ain­si le rôle des ar­ticles dé­fi­nis ou les bases de la conju­gai­son. La can­di­date doit sa­voir se pré­sen­ter et connaître le nom de quelques per­son­na­li­tés fran­çaises ou des évé­ne­ments fes­tifs pa­ri­siens, quand op­ter pour le tu­toie­ment ou le vou­voie­ment, etc. Du « fran­çais utile », en quelque sorte. L’en­sei­gne­ment, fac­tu­ré 15 € par an, peut s’éta­ler sur quatre an­nées.

L’idée de ré­ser­ver cette sco­la­ri­té uni­que­ment aux re­pré­sen­tantes de la gent fé­mi­nine s’ap­puie sur un constat : dans les quar­tiers po­pu­laires et au sein des fa­milles étran­gères, c’est très sou­vent l’homme qui tra­vaille. Iso­lée du monde du tra­vail, cou­pée des in­ter­ac­tions so­ciales, la femme n’a plus l’oc­ca­sion de pra­ti­quer le fran­çais, ce qui l’en­traîne dans un cercle vi­cieux d’ex­clu­sion.

Les hommes, eux, voient plu­tôt d’un bon oeil cette sco­la­ri­té et sont loin de se sen­tir dé­pos­sé­dés : beau­coup d’entre eux ap­pellent pour y ins­crire leur épouse…

*Ins­crip­tions et ren­sei­gne­ments au 06.62.26.46.74 ou sur eff­man­tes­la­jo­[email protected]­look.fr. Au CVS Ai­mé Cé­saire, rue Boi­leau à Mantes-la-Jo­lie.

Des classes de ce type existent dé­jà dans les Hauts-de-Seine, comme ici. L’ob­jec­tif est de per­mettre aux femmes d’ori­gine étran­gère de pra­ti­quer le fran­çais cou­rant, uti­li­sé no­tam­ment dans le monde du tra­vail.

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