Chauf­feur VTC, rap­peur et foot­bal­leur

Al­dric Lo­bé, le dé­fen­seur de Noi­sy-le-Grand, tra­vaille comme chauf­feur VTC tout en me­nant une car­rière de rap­peur.

Le Parisien (Yvelines) - - SPORTS ILE-DE-FRANCE -

« MA VIE n’a pas chan­gé de­puis la qua­li­fi­ca­tion, je fais tou­jours les mêmes choses », ri­gole Al­dric Lo­bé. Le re­gard at­ten­tif, la conduite souple, il en­tame sa nuit comme chauf­feur VTC au vo­lant de sa Peu­geot 508. Ega­le­ment édu­ca­teur au club de Noi­sy-le-Grand auprès des U 7 et U 11, le dé­fen­seur cen­tral de 25 ans tra­vaille comme chauf­feur de­puis un an et de­mi. Après avoir vé­cu du foot­ball pen­dant quelques an­nées à Epi­nal et en Corse (Ile-Rousse, EF Bas­tia), Lo­bé a dû se re­plon­ger dans la vie ac­tive. « Par­fois, ça fait du bien de re­des­cendre sur terre, avoue-t-il. Jusque-là, je n’avais ja­mais tra­vaillé. Quand je suis re­ve­nu de Corse, je n’avais rien. Etre chauf­feur VTC, ça m’a vrai­ment sor­ti de la ga­lère. » Un mé­tier qu’il a dé­cou­vert par ha­sard. « Au dé­part, j’avais ache­té cette voi­ture pour ma mère et ma fa­mille. Un jour, un ami m’a dit tu sais avec ce type de ber­line, tu peux de­ve­nir VTC. Je ne connais­sais pas du tout cet uni­vers. Mais il fal­lait bien bou­cler les fins de mois, donc je me suis lan­cé. Et ça com­mence à me plaire. Je me gère, je suis mon propre pa­tron. »

Le dé­fen­seur adapte ses ho­raires en fonc­tion du foot. « Je roule sou­vent la nuit, entre 22 heures et 8 heures. Quand je suis trop fa­ti­gué, je tra­vaille la jour­née avant d’al­ler au club. Le con­tact avec les clients me plaît car je suis très so­ciable. Mais je ne parle que si on me parle. » Par­fois, cer­taines sor­ties de soi­rée sont plus ani­mées que d’autres. « On est ha­bi­tué aux clients al­coo­li­sés. Mais je n’ai ja­mais su­bi de com­por­te­ments agres­sifs. Il y a dé­jà eu des vo­mis­se­ments sur les sièges, mais on gère ça tran­quille­ment avec le client. Le plus sou­vent, il donne un pour­boire pour net­toyer. »

IL A DÉ­JÀ VÉ­CU UNE ÉPO­PÉE EN COUPE DE FRANCE

Au vo­lant, le foot­bal­leur ama­teur n’a pas en­core été re­con­nu de­puis l’ex­ploit contre le Ga­zé­lec Ajac­cio (L 2). « Mais c’est très bien comme ça. Je n’ai pas en­vie de tout mé­lan­ger. Le plus im­por­tant, c’est que j’ai ren­du ma mère heu­reuse, ain­si que ma fa­mille et mes proches. Je veux conti­nuer à vivre ma pe­tite vie tran­quille. »

Dans l’ef­fec­tif de Noi­sy-le­Grand, Al­dric Lo­bé est le seul à avoir dé­jà vé­cu une épo­pée en Coupe de France. Le 22 jan­vier 2014, avec l’Ile-Rousse (N 3), il avait éli­mi­né Bor­deaux en 16e de fi­nale. « J’étais en­tré à la 59e mi­nute, j’avais eu Ben Khal­fal­lah et Fau­bert au mar­quage, se sou­vient-il. En 8e de fi­nale contre Guin­gamp, j’étais bles­sé. Dans mon équipe, il y avait Ben­ja­min San­tel­li (meilleur bu­teur de Bas­tia, N 3), qu’on af­fronte au pro­chain tour (le jeu­di 24 jan­vier). Vous avez vu, je pro­nonce à la corse ! (Rire.) Mon pas­sage là­bas m’a marqué. Je suis content d’y re­ve­nir pour jouer contre le Spor­ting. »

Pour dé­tendre l’at­mo­sphère, avant le match, il pas­se­ra cer­tai­ne­ment l’un de ses sons dans le ves­tiaire. Comme face au Ga­zé­lec. Sous le pseu­do Dri­ko Lo­ko, Lo­bé est en ef­fet éga­le­ment rap­peur. Ses clips ont été vus par des cen­taines de mil­liers de per­sonnes sur You­Tube. « Le rap, c’est un passe-temps et une pas­sion, un bon moyen de me dé­fou­ler. J’ai com­men­cé ado­les­cent avec des cours d’écri­ture dans la MJC de mon quar­tier au Ples­sis-Tré­vise. Mes co­équi­piers aiment bien mes mu­siques. Mais je ne cherche pas du tout à être cé­lèbre. Je pense que j’ai plus de chances de réus­sir dans le foot que dans le rap… »

Cham­pi­gny-sur-Marne (Val-deMarne), sa­me­di. Foot­bal­leur ama­teur, Al­dric Lo­bé tra­vaille comme chauf­feur VTC, le plus sou­vent la nuit.

Lo­bé est éga­le­ment rap­peur sous le pseu­do Dri­ko Lo­ko.

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