Le pou­voir de ne rien faire

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Zapping - Pierre-Oli­vier Vé­rot Ré­dac­teur en chef

La larme tout près de l’oeil, la voix che­vro­tante, les tics ner­veux as­ti­co­tant le vi­sage, l’an­cien homme de té­lé­vi­sion Ni­co­las Hu­lot a an­non­cé qu’il ne fi­gu­re­rait pas sur la grille de ren­trée du gou­ver­ne­ment Ma­cronP­hi­lippe. Au len­de­main de la di­mi­nu­tion du prix du per­mis de chasse plu­tôt qu’à ce­lui de l’échec sur des su­jets moins anec­do­tiques comme le re­cul sur les her­bi­cides can­cé­ro­gènes. Pa­ra­doxe ou plus sû­re­ment goutte d’eau qui fait que le vase de la ré­si­gna­tion a dé­bor­dé face aux im­pé­ra­tifs à court terme de l’exer­cice du pou­voir et au poids des lob­bys. En cau­tion­nant un gou­ver­ne­ment qui ne fait pas mieux que les pré­cé­dents en ma­tière d’éco­lo­gie, Ni­co­las Hu­lot a per­du du cré­dit en 15 mois. Vou­loir faire bou­ger les choses en in­té­grant le coeur de la ma­chine du pou­voir est pour­tant ten­tant. Comme avant lui José Bo­vé ou Édouard Mar­tin, mé­dia­tique syn­di­ca­liste de Conti­nen­tal, élus eu­ro­dé­pu­tés et qui, confron­tés à la lour­deur de la ma­chine tech­no­cra­tique, aux in­té­rêts qui se croisent et s’af­frontent, sont de­ve­nus in­au­dibles. José Bo­vé a cer­tai­ne­ment plus fait pour dé­non­cer la « mal­bouffe » en dé­mon­tant un Mc Do qu’en s’as­seyant sa­ge­ment sur les bancs du par­le­ment eu­ro­péen. Si Ni­co­las Hu­lot veut re­trou­ver l’essence de son com­bat, il lui reste à re­non­cer aux quelques avan­tages liés à sa pas­sa­gère fonc­tion et à re­prendre le che­min du mi­li­tan­tisme, à la tête ou aux cô­tés de ceux avec qui il a pu dé­non­cer l’at­ten­tisme et l’im­puis­sance d’un pou­voir dont le re­gard est beaucoup plus fixé sur les courbes des son­dages que sur celles des tem­pé­ra­tures ou le ni­veau des gla­ciers.

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