De La Réunion à Saint-Bon­net-le-Courreau

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Montbrisonnais Vie Locale - Ja­nine Tis­sot

La carte de La Réunion ac­cro­chée dans leur hall d’en­trée fait son­ger au vi­si­teur que cette île de l’océan In­dien si­tuée à 9.000 km des Monts du Fo­rez oc­cupe une place de choix dans le coeur de Mo­nique et Alain Tho­mas.

Une en­fance dans une case de paille

De leur ap­par­te­ment si­tué dans l’an­cien pres­by­tère ac­cro­ché aux pentes du bourg, l’ho­ri­zon est large sur la plaine et jus­qu’à la chaîne des Alpes mais pas au point d’en­tre­voir cette île loin­taine qui a vu naître Alain, il y a tout juste 70 ans, de pa­rents pay­sans au coeur d’une fra­trie de cinq en­fants. Leur lo­ge­ment : une case en paille fa­cile à re­cons­truire après les fré­quents cy­clones.

Dans les an­nées 1960, le gou­ver­ne­ment fran­çais pour re­peu­pler des ré­gions dé­ser­tées du Mas­sifCen­tral fait ve­nir des en­ fants réunion­nais or­phe­lins ou non qui sont sé­pa­rés de leur fa­mille et pla­cés d’of­fice dans des foyers ou fa­milles d’ac­cueil en mé­tro­pole. Dans ce contexte, la pro­messe d’un ave­nir meilleur et plus riche est si convain­cante qu’Alain, âgé de 17 ans, sé­duit lui aus­si par l’el­do­ra­do fran­çais em­barque le 17 no­vembre 1965 pour la France où le ba­teau ac­coste trois se­mai­ nes plus tard à Mar­seille, le 9 dé­cembre. Là, il dé­couvre en même temps l’hi­ver et sa froi­dure.

À la base mi­li­taire de Pierre-sur-Haute

Après un an de for­ma­tion de plâ­trier­peintre, le ser­vice na­tio­nal l’amène à la base mi­li­taire de Pier­re­sur­Haute où il passe deux mois sous la neige ! De quoi bien s’ac­cli­ma­ter aux monts du Fo­rez que le couple Tho­mas, alors sté­ pha­nois, choi­si­ra d’ha­bi­ter à par­tir de 2011, une fois son­née l’heure de la re­traite pour tous les deux.

Cho­riste aux Merles mo­queurs

« Je me suis fait tout de suite à Saint­Bon­net où j’ai été bien ac­cep­té. On y trouve en­traide et so­li­da­ri­té. Et quand Ma­rie­Pierre Per­ret m’a pro­po­sé d’être cho­riste avec Les Merles mo­queurs, j’ai ac­cep­té » pré­cise Alain. Sans doute, a­t­il hé­ri­té d’un ta­lent na­tu­rel pour la mu­sique et le chant, lui qui se sou­vient : « Avant, je chan­tais pour mon plai­sir et par­tout ! »

Membre du club de pé­tanque et se­cré­taire du club de l’amitié, il est aus­si char­gé chaque jour, d’ou­vrir et de fer­mer l’église toute proche.

« J’ai eu la chance de n’être ja­mais au chô­mage », ra­conte Alain qui a fait sa car­rière de 1969 à 2001 à Cé­fi­lac, pour la fa­bri­ca­tion de joints no­tam­ment pour l’aé­ro­spa­tiale.

De son union avec Mo­nique, ori­gi­naire de Mâ­con, sont nés cinq en­fants qui leur ont don­né une des­cen­dance de quinze pe­tits­en­fants, ré­si­dant tous dans la ré­gion. ■

Dé­part pour « l’El­do­ra­do fran­çais » en 1965

ALAIN ET MO­NIQUE THO­MAS. Le couple se trouve si bien dans ce village qu’il lance le mes­sage : « Venez ha­bi­ter SaintBon­net-le-Courreau ! »

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