Les pom­piers tou­jours rouges de co­lère

Le conseil d’ad­mi­nis­tra­tion du SDMIS n’a pas ap­por­té les ré­ponses sou­hai­tées

Le Pays Roannais (Tarare) - - Vie régionale - Sté­phane Voyant ste­[email protected]­tre­france.com

Les « avan­cées consé­quentes » ob­te­nues lors du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion, jeudi der­nier, n’ont pas cal­mé la co­lère des pom­piers qui ré­clament plus d’ef­fec­tifs.

Les sol­dats du feu du dé­par­te­ment avaient pré­vu une nou­velle ac­tion, jeudi der­nier, en se ras­sem­blant de­vant la pré­fec­ture à l’oc­ca­sion du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion du Ser­vice dé­par­te­men­tal et mé­tro­po­li­tain d’in­cen­die et de se­cours (SDMIS).

Fi­na­le­ment, les pom­piers ne sont pas ve­nus. « Le lieu était sous haute sur­veillance. Il y avait une forte pré­sence de la gen­dar­me­rie et de la po­lice et nous ne vou­lions pas ra­jou­ter de l’huile sur le feu et évi­ter les dé­bor­de­ments », ex­plique le dé­lé­gué syn­di­cal Solidaires Sud SDMIS, Ré­my Chab­bouh. Mais le conflit so­cial qui op­pose les pom­piers pro­fes­sion­nels à leur di­rec­tion reste tou­jours ou­vert...

Car si les sol­dats du feu re­con­naissent que des « avan­cées consé­quentes » ont eu lieu lors de ce conseil d’ad­mi­nis­tra­tion, le pro­blème de fond n’est, se­lon eux, tou­jours pas ré­glé. « Ils nous ont ré­pon­du par des no­mi­na­tions et des pro­mo­tions de grade, c’est très bien, mais ils ne ré­pondent pas à notre de­mande qui est d’avoir plus d’ef­fec­tifs pour la sé­cu­ri­té opé­ra­tion­nelle », pour­suit le syn­di­ca­liste en ré­cla­mant 130 pom­piers sup­plé­men­taires. « C’est la prio­ri­té des prio­ri­tés car nous avons des ca­sernes en bon état, des vé­hi­cules en bon état, mais il n’y a per­sonne à mettre de­dans ! », ré­sume Ré­my Chab­bouh qui as­sure qu’au­jourd’hui, les ef­fec­tifs ne per­mettent pas de me­ner une mis­sion cor­rec­te­ment. « Il y a dix jours, un in­cen­die s’est dé­cla­ré dans un ga­rage à Ge­nay, une ca­serne est si­tuée à cô­té et, comble de la si­tua­tion, ce sont les pom­piers de la Croix­Rousse qui sont in­ter­ve­nus », cite, par exemple, le syn­di­ca­liste.

D’au­tant qu’à cette baisse d’ef­fec­tif s’ajoute la hausse des in­ter­ven­tions. « On est pas­sé de 97.000 in­ter­ven­tions il y a trois ans à 137.000 cette an­née, soit une hausse de plus de 18 %, c’est in­ouï ».

C’est cette hausse, et l’usure des sol­dats du feu qui au­raient en­traî­né tous ces ar­rêts ma­la­dies. Jus­qu’à 300 pom­piers au mo­ment des fes­ti­vi­tés du 8 dé­cembre. « Ce n’était pas or­ches­tré par les syn­di­cats, en­chaîne Ré­my Chab­bouh. Si 50 ou 60 pom­piers ont ma­ni­fes­té leur mé­con­ten­te­ment comme ça le 5 dé­cembre, la mon­tée en puis­sance des ar­rêts s’ex­plique sur­tout par une grosse fa­tigue car cer­tains ont en­chaî­né six jours de garde sur sept ».

Le mou­ve­ment va se pour­suivre après les fêtes

Pour le syn­di­ca­liste, ce n’est donc pas la ré­ponse ap­por­tée par le conseil d’ad­mi­nis­tra­tion, avec ces no­mi­na­tions au grade su­pé­rieur, qui va cal­mer la co­lère des pom­piers. « En temps nor­mal, on au­rait été lar­ge­ment sa­tis­fait, mais là, les pom­piers n’en peuvent plus, ex­plique­t­il. On a même pro­po­ser de trans­for­mer cette en­ve­loppe de 1,2 M€ pour les avan­ce­ments de grade en ef­fec­tifs, ce qui au­rait re­pré­sen­té le re­cru­te­ment de 20 à 25 pom­piers sup­plé­men­taires. Cette pro­po­si­tion a été re­fu­sée. C’est un vrai sou­ci ».

Alors, si une trêve des confi­seurs se­ra ob­ser­vée par les pom­piers pro­fes­sion­nels, Ré­my Chab­bouh as­sure que le mou­ve­ment va re­dé­mar­rer dès le dé­but du mois de jan­vier. ■

« Il y a de belles ca­sernes et des vé­hi­cules en état, mais per­sonne à mettre de­dans »

PHO­TO BEP

MA­NI­FES­TA­TION. Les pom­piers ont dé­bu­té leur mo­bi­li­sa­tion, le 27 no­vembre, à Lyon.

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