Le mou­ve­ment des Co­que­li­cots éclôt

De­puis no­vembre, un col­lec­tif lo­cal se mo­bi­lise pour l’in­ter­dic­tion des pes­ti­cides

Le Pays Roannais (Tarare) - - La Une - Sté­phane Voyant ste­[email protected]­tre­france.com

Le col­lec­tif « Nous vou­lons des co­que­li­cots » va or­ga­ni­ser son qua­trième ras­sem­ble­ment ven­dre­di à l’Arbresle. Et compte ré­édi­ter son mou­ve­ment le mois pro­chain.

Tout est par­ti de trois voi­sins sen­sibles à la ques­tion éco­lo­gique, Ni­co­las Pro­vost, Maï­ten Vy­ghen et Brice Ne­lairs. Existe t­il au ni­veau lo­cal un col­lec­tif adhé­rant au mou­ve­ment na­tio­nal Nous vou­lons des co­que­li­cots ? Il s’agit d’une as­so­cia­tion na­tio­nale qui a lan­cé un ap­pel, le 12 sep­tembre der­nier, pour l’in­ter­dic­tion de tous les pes­ti­cides de syn­thèse en France.

« Nous avions en­vie que ce­la existe lo­ca­le­ment donc nous avons sim­ple­ment dé­cla­rer notre ras­sem­ble­ment à la mai­rie », ex­plique Ni­co­las Pro­vost. C’était dé­but no­vembre. Et ils se sont re­trou­vés une ving­taine un ven­ dre­di soir de­vant la mai­rie de l’Arbresle.

Il y a un mois, tou­jours un ven­dre­di, c’est sur la place de la Ré­pu­blique, tou­jours à l’Arbresle, qu’ils se sont re­grou­pés. Un peu plus nom­breux, cette fois. « Il n’y a au­cune forme de vio­lence, ni même de re­ven­di­ca­tion, mais nous sou­hai­tons sim­ple­ment faire exis­ter ce mou­ve­ment lo­ca­le­ment et sen­ si­bi­li­ser les gens, en leur di­sant qu’il y a ur­gence, parce que cha­cun le sait au­jourd’hui, la na­ture est en déses­pé­rance. On est dans une si­tua­tion qua­si­ment ir­ré­ver­sible et très dan­ge­reuse pour la bio­di­ver­si­té, pour la na­ture et pour l’homme », pour­suit le fon­da­teur du col­lec­tif lo­cal, bien conscient que ces do­léances n’ont pas une por­tée stric­te­ment ar­bres­loise.

D’au­tant plus que dans le ter­ ri­toire du Pays de l’Arbresle, des ac­tions de ré­duc­tion de l’uti­li­sa­tion des pes­ti­cides pour le désher­bage des es­paces verts sont dé­jà réa­li­sées par les com­munes.

« Nous sommes ra­vies de ce­la, ce­la prouve que les col­lec­ti­vi­tés peuvent gé­rer les vé­gé­taux sans pro­duits chi­miques, pour­suit­il. Il y a éga­le­ment de nom­breux agri­cul­teurs du ter­ri­toire qui ont dé­jà fran­chi le pas, tout comme les vi­ti­cul­teurs qui sont de plus en plus à pas­ser en bio. Mais ce­la reste tout de même dif­fi­cile de sor­tir de ce mo­dèle d’agri­cul­ture. C’est vrai­ment dans le do­maine agri­cole qu’il y a le plus fort le­vier pour faire bou­ger les choses ».

Un cin­quième ras­sem­ble­ment est pré­vu

Se­lon Ni­co­las Pro­vost, toutes ces dé­marches dé­jà en­ta­mées dans le Pays de l’Arbresle ne sont pas un frein à leur mou­ve­ment. « En pra­tique, pour une ques­tion de pou­voir d’achat, les gens conti­nuent à ache­ter dans les grandes sur­faces des fruits et des lé­gumes bour­rés de pes­ti­cides, alors que l’agri­cul­ture bio­lo­gique est tout à fait mar­gi­nale. Il s’agit donc de con­ti­nuer à sen­si­bi­li­ser les gens, à les in­for­mer. Il peut y avoir une mise en oeuvre concrète en fai­sant le choix de consom­mer dif­fé­rem­ment ».

Ce mou­ve­ment ne compte ain­si pas s’ar­rê­ter dans l’im­mé­diat. « Nous nous si­tuons dans le long terme puisque lorsque la pétition na­tio­nale a été lan­cée en ligne, l’échéance s’éta­lait sur deux ans avec l’ob­jec­tif de re­cueillir 5 mil­lions de si­gna­tures », conclut Ni­co­las Pro­vost, bien dé­ci­dé à or­ga­ni­ser un cin­quième ras­sem­ble­ment dans un mois. « Car pour toutes les ques­tions en­vi­ron­ne­men­tales, seule une mo­bi­li­sa­tion forte des ci­toyens peut don­ner aux po­li­tiques le cou­rage d’agir ». ■

« Nous sou­hai­tons faire exis­ter ce mou­ve­ment et sen­si­bi­li­ser les gens »

MOU­VE­MENT. Mi-dé­cembre, plus d’une ving­taine de per­sonnes ont par­ti­ci­pé au ras­sem­ble­ment or­ga­ni­sé place de la Ré­pu­blique par le col­lec­tif lo­cal Nous vou­lons des co­que­li­cots. Ils de­vraient en­core être plus nom­breux ven­dre­di.

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