Dé­cla­ra­tion de guerre

Le Petit Journal - Catalan - - DÉPARTEMENT -

Alors qu’a dé­bu­té le dé­but de la cueillette des pommes c’est une vé­ri­table dé­cla­ra­tion de guerre que viennent de re­ce­voir les agri­cul­teurs.

Ce mois de sep­tembre, les ré­coltes des dif­fé­rentes va­rié­tés de pommes s’éche­lonnent en fonc­tion de l’en­so­leille­ment et du taux de sucre des fruits. Un mo­ment im­por­tant pour l’ex­ploi­ta­tion, qui né­ces­site de la maind’oeuvre sai­son­nière..

En grou­pe­ment d’em­ployeurs ou seules, ces pro­prié­tés peuvent pro­po­ser du tra­vail à des sai­son­niers sur de longues du­rées.

Dans les grou­pe­ments, ceux-ci peuvent pas­ser d’une ex­ploi­ta­tion à l’autre en fi­dé­li­sant les sai­son­niers dans une pé­riode où le re­cru­te­ment de­vient dif­fi­cile. Il faut dire qu’au­tre­fois, il n’y avait pas de va­leur ajou­tée à la cueillette. Au­jourd’hui, le cueilleur par­ti­cipe à la tra­ça­bi­li­té du pro­duit et il doit connaître des gestes tech­niques. Pour ce­la ils sont for­més, d’où l’in­té­rêt de ne pas avoir de tur­no­ver et de les re­trou­ver une an­née sur l’autre.

Mais l’an­nonce du Pre­mier mi­nistre, Édouard Phi­lippe, de la sup­pres­sion du dis­po­si­tif d’al­lé­ge­ment des charges pour l’em­ployeur de sai­son­niers (TODE), au 1er jan­vier 2019, les ont fait bon­dir… et fré­mir. Ce dis­po­si­tif, qui existe de­puis trente ou qua­rante ans, avait pour ob­jec­tif de com­bler le dé­fi­cit de compétitivité que l’on peut avoir avec les pays eu­ro­péens, où les charges so­ciales sont bien moindres qu’en France. Le sup­pri­mer va coû­ter 190 eu­ros sup­plé­men­taires par mois et par sa­la­rié à l’em­ployeur. Soit dans une pro­pri­té enm­ployant une quin­zaine de sais­non­nier, 30 000 ou 40 000 eu­ros. Un coût dif­fi­cile à ré­per­cu­ter sur les prix, ré­sul­tat elle ne se­ra alors plus ren­table.

LA FDSEA 66 VENT DE­BOUT

La FDSEA 66 fut la pre­mière à ti­rer la son­nette d’alarme contre cette dé­ci­sion qui im­pacte for­te­ment notre dé­par­te­ment. Consti­tué de pe­tites pro­prié­tés, elles ne res­tent viables qu’en culti­vant dans pro­duit a forte va­leur ajou­tée d’où la pré­sence de ver­gers.

«Le Gou­ver­ne­ment s’était pour­tant en­ga­gé à com­pen­ser in­té­gra­le­ment la sup­pres­sion du Cré­dit d’Im­pôt pour la Compétitivité et l’Em­ploi (CICE) par un ac­crois­se­ment des exo­né­ra­tions de co­ti­sa­tions so­ciales. Il n’en est rien pour les em­ployeurs de tra­vailleurs sai­son­niers ! C’est une dé­ci­sion in­com­pré­hen­sible pour les em­ployeurs agri­coles car très lourde de con­sé­quence sur les tré­so­re­ries des ex­ploi­ta­tions.

En fai­sant ce choix, le Gou­ver­ne­ment pé­na­lise en­core da­van­tage la compétitivité des ex­ploi­ta­tions agri­coles fran­çaises dans de nom­breuses fi­lières : vi­ti­cul­ture, fruits, lé­gumes, hor­ti­cul­ture, se­mences…»

Les mar­chés vont pré­fé­rer des pro­duits moins chers et les ex­ploi­ta­tions fran­çaises risquent de pé­ri­cli­ter : «Au fi­nal, c’est l’agri­cul­ture fran­çaise qu’on dé­lo­ca­lise !»

A titre d’exemples, pour une ex­ploi­ta­tion de 21 ha de fruits qui em­ploie 60 sai­son­niers, ce­la re­pré­sente un coût sup­plé­men­taire de 11 400 € /mois. L’Oc­ci­ta­nie est la ré­gion la plus tou­chée der­rière la Nou­velle-Aqui­taine avec 125 671 em­ploies sai­son­niers. La perte est es­ti­mée à plus de 23 M€.

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