Deux per­sonnes sur cinq vivent en zones inon­dables dans les Py­ré­nées-Orien­tales

Crues ex­cep­tion­nelles et sub­mer­tion ma­rine

Le Petit Journal - Catalan - - La Une -

Les scien­ti­fiques se mé­fient comme de la peste des ordres de gran­deur. En re­gar­dant les études des sta­tis­ti­ciens de l’In­see et les géo­graphes de la Dreal (Di­rec­tion ré­gio­nale de l’en­vi­ron­ne­ment, de l’amé­na­ge­ment et du lo­ge­ment)l’on ne peut pas ré­sis­ter à vous en li­vrer un: dans les Py­ré­nées-Orien- tales deux ha­bi­tants sur cinq, soit 180 000 per­sonnes, vivent sur des zones inon­dables. Pas de quoi nous ras­su­rer, lors­qu’on se sou­vient des crues tor­ren­tielles de l'hi­ver 2014/2015 qui avaient conduit à la mort d'une per­sonne.

Bien sûr, les études se placent ici dans un sché­ma maxi­ma­liste de crues ex­cep- tion­nelles ou n’ar­ri­vant que tous les mille ans. En ef­fet, les ni­veaux de risques sont très dif­fé­rents se­lon les zones. Celle qui pré­sentent un risque éle­vé sont en des­sous du mil­lier d’ha­bi­tants.

Il faut avoir conscience des seuils de risques mais il est né­ces­saire d’avoir une vi­sion glo­bale. Le di­men­sion­ne­ment des po­li­tiques pu­bliques se me­sure avec ce type d’ana­lyses. En clair, pré­pa­rons- nous au pire pour évi­ter ne se­rait-ce que de trop gros dé­gâts.

UNE RÉ­GION À RISQUES

Ces études n’in­citent pas vrai­ment à l’op­ti­misme, ce­la vient d’abord du ca­rac­tère géo­gra­phique par­ti­cu­lier de la ré­gion. Les re­liefs mon­ta­gneux très proches du lit­to­ral fa­vo­risent l’ac­cu­mu­la­tion d’hu­mi­di­té et la sa­tu­ra­tion des cours d’eau. Les vents vio­lents ajoutent aux per­tur­ba­tions sur les côtes. Autre dif­fi­cul­té his­to­rique, l’im­plan­ta­tion "na­tu­relle" des po­pu­la­tions aux abords des cours d’eau.

Avec tou­te­fois d’im­por­tants dif­fé­ren­tiels de risques. En moyenne, la den­si­té de po­pu­la­tion est bien plus éle­vée près des cours d’eau ou sur le lit­to­ral par rap­port au reste du dé­par­te­ment.

C'est la val­lée de l'Agly qui est la plus im­pac­tée avec près de la moi­tié du bas­sin tou­chée. Néan­moins, c'est une zone fai­ble­ment peu- plée, ce­la ex­plique que seule­ment 23000 per­sonnes sont concer­nées.

En re­vanche, la val­lée de la Têt est par­ti­cu­liè­re­ment im­pac­tés avec un tiers du bas­sin ver­sant et 80 000 per­sonnes.

Concer­nant la val­lée du Tech, 31% des ha­bi­tants se si­tuent ain­si en zones inon­dables, soit 20 000 per­sonnes. Un chiffre qua­si­ment iden­tique au bas­sin­ver­sant du Réart dont 43% de la zone est inon­dable.

Certes , les pou­voirs pu­blics n’ont pas at­ten­du pour ten­ter d’en­di­guer les risques. Des plans de pré­ven­tion ont été mis en place, des zones in­ter­dites à la construc­tion. Des me­sures d’au­tant plus ur­gentes qu’une nou­velle me­nace pèse. Les aléas liés aux chan­ge­ments cli­ma­tiques peuvent faire évo­luer ces sché­mas dans le sens de gra­vi­té. On sait que ça peut ar­ri­ver, mais nous ne sommes pas en­core ca­pables de me­su­rer ce­la. Mieux vaut donc pré­voir le pire.

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