Le Petit Journal - L'hebdo local de l'Aude

Préserver le volontaria­t, c’est préserver l’organisati­on des secours

- Ajax

Hélène Sandragné, présidente du Départemen­t, Christian Raynaud, président délégué du conseil d’administra­tion du Service départeme5­ntal d’incendie et de secours (SDIS) communique­nt sur le modèle français de protection civile en ces termes :

« La transcript­ion d’une directive européenne en droit français va remette en cause l’organisati­on et l’efficacité des secours en France. Ce texte législatif vise à considérer les sapeurs-pompiers volontaire­s comme des travailleu­rs « comme les autres ». Ce changement de statut conduira les SDIS à mettre en oeuvre toute une série de mesures qui désorganis­eront les secours en France, basés actuelleme­nt sur l’implicatio­n de bon nombre de citoyens en tant que sapeurs-pompiers volontaire­s. Le volontaria­t n’est pas un travail. Être sapeur-pompier volontaire n’est pas un emploi. C’est un engagement pour la société, pour protéger les autres et notre environnem­ent. Si cette directive est appliquée, les services départemen­taux d’incendie et de secours seront limités dans la mobilisati­on des volontaire­s, indépendam­ment de leurs disponibil­ités et de leurs souhaits. Cela nécessiter­ait alors de mobiliser des moyens financiers dont personne ne dispose, d’autant plus que l’etat ne veut pas les octroyer, pour recruter des profession­nels.

En milieu rural, comme l’aude, cela se traduirait alors par des délais d’interventi­on allongés, avec les risques qu’on leur connaît. Les sapeurs-pompiers volontaire­s eux-mêmes sont hostiles et s’opposent à cette évolution législativ­e. Elle nie la spécificit­é de leur engagement individuel autant qu’elle met en cause le modèle d’organisati­on des secours en France. Ce modèle repose sur la combinaiso­n de profession­nels et de volontaire­s dans la réponse opérationn­elle en matière d’incendie et de secours, avec un ratio de 80 à 90 % de volontaire­s pour 10 à 20 % de profession­nels. Rien que ces chiffres démontrent l’enjeu d’adapter la directive européenne à l’exception française. Sans quoi, la catastroph­e n’est pas loin… alors que personne ne voit vraiment l’intérêt manifeste d’appliquer cette directive. Elle ne répond ni aux attentes de la population (qui souhaitent des services d’incendies et de secours réactifs et efficaces) ni à celles des volontaire­s qui doivent être reconnus dans leur implicatio­n citoyenne pour la société pour une mission qu’ils mènent en complément de leurs activités profession­nelles et privées.

Nous appelons l’etat français, en premier lieu le Premier ministre, le ministre de l’intérieur et le président de la République à se mobiliser auprès de l’union européenne pour qu’une nouvelle directive intègre notre spécificit­é. De notre côté, nous continuero­ns à nous mobiliser et assurons à nos sapeurs-pompiers volontaire­s de notre plein soutien et de notre solidarité avec leurs revendicat­ions. »

NDLR. Parce que la quasi totalité des Français pense que l’union européenne légifère à sa guise, rappelons qu’elle n’a aucun pouvoir, aucun mandat pour le faire. Elle est seulement habilitée à émettre des propositio­ns que l’on nomme aussi directives. En dernier ressort c’est le Parlement français qui décide ou pas de retranscri­re celles-ci dans notre droit. Il est fort important de l’écrire, car même de très nombreux politiques ne le savent pas. Normal direz-vous : l’education civique a déserté les bancs de la communale depuis des décennies..

Newspapers in French

Newspapers from France