Che­mins de mé­moire, de Ga­briac aux portes de l’en­fer…

Le Petit Journal - L'hebdo local de l'Aveyron - - DÉPARTEMENT - DE

L’ordre de mo­bi­li­sa­tion du 1er août 1914 al­lait plon­ger huit mil­lions de com­bat­tants dans l’hor­reur. Dès le len­de­main, le toc­sin ré­son­nait dans les villes et les vil­lages : la guerre était dé­cla­rée…

Je me sou­viens d’avoir ani­mé une re­vue de presse au cours de la­quelle cer­tains ré­si­dents de l’Eh­pad Mai­son d’ac­cueil les Ca­selles (Bo­zouls) avaient évo­qué des sou­ve­nirs rap­por­tés par leurs pa­rents. Nos aî­nés s’étaient sou­ve­nus de Louis An­drieu, is­su d’une fa­mille d’ex­ploi­tants agri­coles du vil­lage de Cey­rac, à quelques ki­lo­mètres de Ga­briac.

Ce sol­dat comp­ta par­mi les mil­lions d’hommes ap­pe­lés à com­battre. Mais il ne connut pas l’ar­mis­tice : il fut tué le 30 juillet 1916 à Ver­dun, aux portes de l’en­fer.

À titre post­hume, Louis An­drieu fut dé­co­ré de la mé­daille mi­li­taire et de la Croix de guerre, avec étoile de

bronze. Mo­tif de la ci­ta­tion : « Sol­dat brave et dé­voué. Glo­rieu­se­ment tom­bé pour la France au fort de Ta­vannes ».

Ce jeune Ga­bria­cois, qui es­pé­rait que la guerre fi­ni­rait le jour de ses 22 ans, fait par­tie des 15.000 sol­dats ori­gi­naires de l’Avey­ron qui ont perdu la vie. « On les re­trouve dans le Livre d’or de l’Avey­ron réa­li­sé en 1922 par un juge de la paix : Émile Vi­ga

rié » , rap­pelle-t-on à l’Of­fice na­tio­nal des an­ciens com­bat­tants.

Après la guerre, la mu­ni­ci­pa­li­té fit éri­ger, de­vant l’école pu­blique, un mo­nu­ment aux morts à la mé­moire des qua­rante poi­lus de Ga­briac tom­bés au champ d’hon­neur. «

Morts pour la France » : c’est la men­tion gra­vée sur ce mo­nu­ment, où un cer­tain « An­drieu Louis » fi­gure en tête des noms de com­bat­tants sa­cri­fiés.

Dé­pla­cée à l’en­trée de la mai­rie, la sta­tue d’un Poi­lu ac­com­pagne l’ins­crip­tion : « A la mé­moire des en­fants de la com­mune de Ga­briac morts pour la France ». Mer­ci aux élus lo­caux d’avoir su mettre en avant ce Sol­dat in­con­nu qui ré­sume à lui seul l’ab­sur­di­té d’un car­nage qui mar­que­ra à ja­mais les es­prits !

L’ex­pres­sion « mo­nu­ments aux morts » s’ap­plique aux édi­fices éri­gés par les col­lec­ti­vi­tés, le plus sou­vent les com­munes, pour ho­no­rer la mé­moire de leurs chers conci­toyens « morts pour la France ».

La France compte plu­sieurs di­zaines de mil­liers de mo­nu­ments aux morts de la Grande Guerre. La com­mune de Ga­briac a de tout temps vou­lu que soit va­lo­ri­sé pa­reil édi­fice au nom de notre mé­moire à tous.

Ces mo­nu­ments de­meurent des té­moins de l’his­toire lo­cale. Les noms gra­vés sont la trace de cer­taines fa­milles. Leur em­pla­ce­ment, leurs di­men­sions et leur or­ne­men­ta­tion va­rient d’une com­mune à l’autre.

Les mo­nu­ments aux morts ont été éle­vés dans leur grande ma­jo­ri­té à la suite de la guerre de 1914-1918. Le mo­nu­ment de Ga­briac fut éri­gé, dans un pre­mier temps, de­vant la cour de l’école pu­blique.

« Lettres du Front, Cor­res­pon­dances », Col. Mé­moires, Élan Sud, 2008. Le té­moi­gnage ex­cep­tion­nel, tout à la fois his­to­rique et hu­main, du Poi­lu Émile Sau­vage à sa femme. La chose écrite ne meurt pas…

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