Les pa­roles de sa­gesse d’un ani­ma­teur no­na­gé­naire…

Le Petit Journal - L'hebdo local de l'Aveyron - - DÉPARTEMENT - DE

Un ami de­man­dait ré­cem­ment à Amans Ba­tut, ani­ma­teur no­na­gé­naire en Eh­pad, tant à Rodez qu’à Bo­zouls : « Pour­quoi re­cherches-tu si sou­vent la pré­sence des per­sonnes âgées en Eh­pad ? Les ‘Troi­sièmes Âges’ ne te suf­fisent donc-t-ils pas ? » « Pour moi, ob­serve

Amans, sa ques­tion ap­pelle un com­men­taire. Car je pré­fère dire : ‘Les Aî­nés Ru­raux’. L’ap­pel­la­tion ‘Troi­sième Age’ fait pen­ser à l’au­tomne de la vie, donc à une cer­taine dé­ca­dence, alors que le mot

‘Aî­nés’ com­porte une va­leur ajou­tée. »

Se­lon Amans, qui a trou­vé là un beau moyen de rompre

sa so­li­tude, « un club d’aî­nés bien vi­vants et bien por­tants est pa­reil à un fleu­ron de la so­cié­té, alors que l’Eh­pad est un éta­blis­se­ment d’ac­cueil pour des per­sonnes ayant sou­vent perdu leur au­to­no­mie » .

« L’at­mo­sphère y est dif­fé­rente, pour­suit-il, mais je ne veux sur­tout pas que l’Eh­pad soit bap­ti­sé ‘l’hi­ver de la vie’ ! Se­rait-il alors comme l’au­berge es­pa­gnole où l’on ne

trouve, pa­raît-il, que ce que l’on y ap­porte ? Peut-être… »

Amans sait trop que la vie peut et doit être vé­cue

jus­qu’au bout. « Les ani­ma­teurs et les soi­gnants le savent bien, eux aus­si. Et il n’y a pas que des re­trai­tés pour ani­mer les Eh­pad… Il y a aus­si des en­fants, des éco­liers, qui viennent chaque se­maine s’en­tre­te­nir avec les ré­si­dents. »

Ces der­niers, en fau­teuil rou­lant ou en dé­am­bu­la­teur, at­tendent avant l’heure dans la salle d’ani­ma­tion. « Je lis, sur les vi­sages, leur im­pa­tience… Dès que les jeunes ar­rivent, sans bous­cu­lade, on se sert la main. Les ‘bon­jour’ viennent du coeur. Les re­gards en disent plus long que nos pauvres mots. Pas be­soin de bla-bla ! Les yeux s’illu­minent. Jeu­nesse et vieillesse s’ap­pré­cient. On est ve­nu pour se ren­con­trer en vrai, tel que l’on est, dans le chant, à tra­vers le théâtre, les contes, les comp­tines, l’ex­plo­ra­tion in­ta­ris­sable du pas­sé… C’est ça, l’in­ter­gé­né­ra­tion !»

Pour le su­perbe ac­teur Amans Ba­tut, la voix d’Anne Frank sonne comme un chant d’es­pé­rance : « Je conti­nue de croire, mal­gré tout, que, dans le fond de leur coeur, les hommes sont réel­le­ment bons… »

Amans Ba­tut as­su­ma brillam­ment le rôle d’Ot­to Frank, père de l’hé­roïne Anne, dans l’adap­ta­tion du Jour­nal d’Anne Frank, pour un pro­jet d’ex­pres­sion théâ­trale de l’Eh­pad les Ca­selles (Bo­zouls).

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