La ligue contre la vio­lence rou­tière à l’école Jeanne d’Arc

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Fin connais­seur des tra­vaux de Pierre Sou­lages, le conser­va­teur du pa­tri­moine, di­rec­teur des mu­sées de Ro­dez ag­glo­mé­ra­tion et com­mis­saire de la pré­sen­ta­tion des oeuvres sur pa­pier au mu­sée épo­nyme, se pas­sionne pour le lent pro­ces­sus de ma­tu­ra­tion du maître de l’Ou­tre­noir, ins­pi­ré dès l’en­fance au contact des ar­ti­sans de la rue Com­ba­rel.

Be­noît De­cron ex­plique qu’à par­tir de 1946, Sou­lages a pro­fon­dé­ment vou­lu peindre avec le brou de noix, tech­nique qu’il ne lâ­che­ra ja­mais plus. « La col­lec­tion des pein­tures sur pa­pier du mu­sée épo­nyme com­mence par les brous de noix his­to­riques de 1946 pour s’ache­ver par

un autre brou de noix mê­lé à de l’encre de Chine de 2004 - le plus ré­cent de l’en­semble consi­dé­rable de 118 pièces… »

Pierre Sou­lages ne de­vait-il pas confier a pro­pos de son en­fance ru­thé­noise : « L’éva­sion, je la trou­vais chez les ar­ti­sans, j’al­lais voir ce qu’ils fai­saient » ?

Be­noît De­cron re­prend : « Bien qu’il ait tou­jours clai­re­ment dif­fé­ren­cié le tra­vail de l’ar­ti­san de ce­lui du peintre, ce der­nier ache­vant ce­lui-ci par sa propre re­cherche, Sou­lages aime les ma­té­riaux, les ou­tils et les tour­nures de la main. Il en ap­pré­cie les sombres ef­fets hap­pant la lu­mière tout en la va­lo­ri­sant.

Il a connu le brou de noix et son uti­li­sa­tion chez l’ébé­niste de la rue Com­ba­rel, ou son père te­nait son ate­lier. Il se sou­vient d’avoir teinte avec du brou une boîte a clous en bois de sa fa­bri­ca­tion…

Il pré­pa­rait le brou dans de grandes jarres pour lui don­ner du corps. Du brou de noix prêt a étendre sur le pa­pier vierge, a éclair­cir après le pas­sage de la lame.

Re­pous­sant dé­fi­ni­ti­ve­ment l’ou­tillage tra­di­tion­nel des peintres de che­va­let, brosses en poil de soie et frêles pin­ceaux, tubes de pein­ture, en pei­gnant il cher­chait de l’épais­seur a domp­ter, de la puis­sance et de l’im­mé­dia­te­té.

Tout s’ac­com­plis­sait au même mo­ment. Le brou de noix, c’est un peu la ligne de dé­part… »

Brou de noix sur pa­pier, 75,5 x 54,5 cm, 1999 – Mu­sée Sou­lages, do­na­tion Pierre et Co­lette Sou­lages, ADAGP 2018. © Pho­to Chris­tian Bous­quet

Ca­ta­logue « OEuvres sur pa­pier de Be­noît De­cron - Les ca­hiers Sou­lages 02 ». Di­rec­teur de la pu­bli­ca­tion, Be­noît De­cron, concep­tion gra­phique, CL De­si­gn Gra­phisme, Ju­lien Boi­tias, Ed. mu­sée Sou­lages.

Be­noît De­cron : « Sou­lages a connu le brou de noix rue Com­ba­rel, ou son père te­nait son ate­lier. Il se sou­vient d’avoir tein­té avec du brou une boîte à clous de sa fa­bri­ca­tion… »© Cé­dric Mé­ra­villes

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