Mis­sion hu­ma­ni­taire d’un en­tre­pre­neur au Gua­te­ma­la

Le Petit Journal - L'hebdo local de l'Hérault - - La Une -

du per­son­nel et des chan­tiers en cours. Le ton était don­né dans les lo­caux de cette ONG pour le dé­part d’une jour­née in­ou­bliable.Dé­pla­ce­ment en­suite avec Ana la res­pon­sable, le co­or­di­na­teur et 2 tech­ni­ciens en charge des chan­tiers dans 3 vil­lages. Dans un 1er temps dans un pick up sur des che­mins dé­fon­cés et à pied pour ter­mi­ner. J’avais préa­la­ble­ment de­man­dé à vi­si­ter un chan­tier ar­ri­vé à terme, un en cours de réa­li­sa­tion et d’autres à pour­voir.

Dans le 1er vil­lage, dif­fi­cile d’ac­cès...

...une cin­quan­taine de per­sonnes nous ac­cueille avec de larges sou­rires et avec cu­rio­si­té. C’est la 1ère fois que des Fran­çais leur rendent vi­site, cette ré­gion n’étant pas une des­ti­na­tion tou­ris­tique. Nous sommes in­vi­tés à nous as­seoir dans une de leurs mai­sons, par­ti­cu­liè­re­ment sombre, consti­tuée de planches, afin de boire une bois­son à base de ca­cao. Des ro­bi­nets sont pré­sents dans chaque ha­bi­ta­tion mais leur mise en fonc­tion­ne­ment de­vait s’opé­rer quelques jours après.Lorsque nous at­tei­gnons le 2ème vil­lage de Po­po­baj, ce sont plus de 150 mayas qui nous at­tendent, prin­ci­pa­le­ment des en­fants. L’ac­cueil dans une vaste salle est im­pres­sion­nant. Une so­no cré­pite et à tour de rôle, le res­pon­sable de cette im­por­tante com­mu­nau­té, deux re­pré­sen­tants des jeunes et une des femmes prennent la pa­role. Cha­cun ex­prime les dif­fi­cul­tés de leur vie quo­ti­dienne et l’es­poir d’amé­lio­ra­tion de leur cadre de vie. Notre échange qui a lieu avec tra­duc­tion fran­çaise, es­pa­gnole et le dia­lecte maya de cette ré­gion est émou­vant et ô com­bien en­ri­chis­sant.

Des deux ado­les­cents ques­tion­nés, l’un sou­hai­tait de­ve­nir avo­cat, l’autre mé­de­cin. Le che­min pa­rais­sant à mes yeux bien long pour l’at­teindre mais l’es­poir est un ma­gni­fique mo­teur. La plus longue in­ter­ven­tion a été celle de cette dame pas­sion­née, d’après son timbre de voix, qui nous a trans­mis avec émo­tion le sen­ti­ment dé­va­lo­ri­sant res­sen­ti par toutes les femmes de s’échi­ner, tels des ani­maux, à al­ler cher­cher cette eau si pré­cieuse pour leur exis­tence et ce­ci quo­ti­dien­ne­ment, quelles que soient les condi­tions cli­ma­tiques. Un re­pas ré­ser­vé aux in­vi­tés que nous étions, avec les membres de l’ONG et le doyen du vil­lage de ...58 ans (leur gou­ver­ne­ment n’a pas de pro­blème avec les re­trai­tés !) clôt cette ré­cep­tion. C’est à ce vil­lage de 149 foyers au­quel je vais ap­por­ter mon aide.Nous par­tons main­te­nant pour la 3ème vi­site de la jour­née. L’ac­cès est tel­le­ment dif­fi­cile que mon épouse et Ana la Di­rec­trice ne peuvent at­teindre ce vil­lage dont le chan­tier d’ad­duc­tion d’eau est en construc­tion. Une cen­taine d’au­toch­tones m’ac­cueillent avec des pé­tards qui font of­fice de feu d’ar­ti­fice. Un or­chestre com­po­sé de 4 mu­si­ciens sous une gué­rite en branches re­cou­verte de feuilles, en­tonne leur mu­sique avec des ins­tru­ments tra­di­tion­nels mayas.Le mo­ment semble rare au­tant pour eux mais l’est sur­tout pour moi. Chan­sons et danses aux­quelles je m’as­so­cie bien vo­lon­tiers com­plètent ce ta­bleau hors du temps.

...ha­bi­tuel­le­ment com­po­sée d’agri­cul­teurs leur per­met d’être par­tie pre­nante en tant qu’ac­teurs et d’en être ré­mu­né­rés.Même si mes com­pé­tences en la ma­tière sont li­mi­tées, la qua­li­té de la construc­tion avec un fil­trage de l’eau et un contrôle tri­mes­triel par les tech­ni­ciens d’Adi­cay me pa­raît très sé­rieux.Cette jour­née qui s’achève res­te­ra gra­vée à ja­mais dans ma mé­moire.Le len­de­main, avec deux des tech­ni­ciens nous par­tons pour une loin­taine autre des­ti­na­tion et après plu­sieurs heures nous at­tei­gnons un autre vil­lage sans eau ni élec­tri­ci­té comme la veille. Nous vi­si­tons l’école dont les chaises et tables, qui chez nous se­raient de­puis long­temps au re­bus, ont été prê­tées par une autre école mieux lo­tie.Nous sommes in­vi­tés à ren­trer dans des ca­banes aux murs com­po­sés de planches dis­jointes qui laissent au­tant pas­ser le so­leil,

le vent que la pluie.

...qui re­pré­sentent l’es­sen­tiel de leur ali­men­ta­tion. Nous avons tou­te­fois consta­té qu’ils élèvent quelques poules et par­fois plus ra­re­ment pos­sèdent un co­chon. Ce qui nous a mar­qués, c’est leur pro­pre­té, mal­gré les pri­va­tions en eau qui pour­raient jus­ti­fier de ne l’uti­li­ser que pour leur ali­men­ta­tion. A chaque mai­son du linge est éten­du. La pau­vre­té et le dé­nue­ment n’em­pêchent pas leur di­gni­té. Quelle le­çon. Ce­ci per­met de re­la­ti­vi­ser les dif­fi­cul­tés ren­con­trées dans notre propre pays où la sur­con­som­ma­tion est la règle et le mé­con­ten­te­ment gé­né­ral. A notre re­tour, les gi­lets jaunes blo­quaient les routes.»

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