Ara­bie saou­dite: MBS, la fin des illu­sions

Le Point - - SOMMAIRE 2491 - PAR ARMIN AREFI

C’est une oa­sis de tech­no­lo­gie au mi­lieu du dé­sert. Peu­plée de ro­bots, de voi­tures vo­lantes et de drones, cette ci­té fu­tu­riste de la su­per­fi­cie de la Bel­gique est cen­sée sup­plan­ter la Si­li­con Val­ley. Bap­ti­sée Neom (du grec neo, « nou­veau », et de l’arabe mos­ta­q­bal, « fu­tur »), la mé­ga­lo­pole, com­po­sée d’une dou­zaine de villes, bai­gnant dans un océan de pan­neaux so­laires et d’éo­liennes, doit voir le jour dès 2025 dans le nord-ouest de l’Ara­bie saou­dite, sur la côte oc­ci­den­tale du royaume. Bé­né­fi­ciant de règles moins strictes que dans le reste de la mo­nar­chie ul­tra­con­ser­va­trice – le voile ne se­ra pas obli­ga­toire et l’al­cool, au­to­ri­sé –, elle es­père at­ti- rer les « plus grands ta­lents du monde » pour en faire un nou­veau pôle de la tech. Cette «Ara­bie du fu­tur » est le joyau du prince hé­ri­tier Mo­ham­med ben Sal­mane, sur­nom­mé MBS. Le pro­jet phare de son plan Vi­sion 2030, des­ti­né à di­ver­si­fier les sources de re­ve­nus du pays pour le sor­tir de sa dé­pen­dance au pé­trole. « Seuls les rê­veurs sont les bien­ve­nus », af­firme de sa voix rauque l’im­po­sant prince de 35 ans aux 3 500 chefs d’en­tre­prise ve­nus du monde en­tier pour l’écou­ter dé­voi­ler ce pro­jet pha­rao­nique en ce jour d’oc­tobre 2017. Kef­fieh rouge tom­bant sur son tra­di­tion­nel thoub blanc, ce fé­ru de jeux vi­déo sort de sa poche un té­lé­phone por­table de pre­mière gé­né­ra­tion ain­si qu’un smart­phone der­nier cri. « La dif­fé­rence entre main­te­nant et ce à quoi nous as­pi­rons pour Neom est com­pa­rable à la dif­fé­rence entre ces deux ap­pa­reils », an­nonce-t-il en arabe. L’homme a pla­cé la barre haut: il table sur un in­ves­tis­se­ment étran­ger de 500 mil­liards de dol­lars.

Mar­tyr. « C’était un beau rêve », iro­nise au­jourd’hui un par­ti­ci­pant oc­ci­den­tal. Près de trois ans plus tard, la ci­té fu­tu­riste n’est tou­jours pas sor­tie de terre. Pour­tant, le temps presse. Mo­ham­med ben Sal­mane exige que les pre­mières construc­tions soient ache­vées dans moins de deux ans. Plon­gées dans les vents chaud­se­thu­mi­des­du­gol­fed’Aqa­ba, les bâ­tisses dé­la­brées du vil­lage d’Al-Khu­ray­ba doivent être sai­sies par les au­to­ri­tés pour lais­ser place aux 25 000 ki­lo­mètres car­rés du mé­ga­pro­jet. Plus de 20 000 Bé­douins se­ront dé­pla­cés, moyen­nant un nouvel ha­bi­tat et des bourses d’études à l’étran­ger. Cer­tains ir­ré­duc­tibles re­fusent de quit­ter la terre de leurs an­cêtres. « Les gens sont ex­pul­sés de leur mai­son», af­firme le 12 avril dans une vi­déo le mi­li­tant Ab­del Rah­mane alHou­wai­ti, membre de la tri­bu des Ho­weï­tat, ren­due cé­lèbre par le film La­wrence d’Ara­bie. « Je ne se­rais pas sur­pris qu’ils viennent chez moi et me tuent », ajoute-t-il, du toit de sa mai­son, alors que les forces d’élite de la po­lice en­cerclent les lieux. Fu­neste pré­mo­ni­tion. L’homme se­ra tué pour s’être op­po­sé, les armes à la main, à son ar­res­ta­tion, de­ve­nant le « mar­tyr » de Neom, as­so­ciant à ja­mais son nom à ce­lui de la ci­té rê­vée par le prince hé­ri­tier.

Voi­ci la mé­thode MBS : une am­bi­tion dé­me­su­rée cou­plée à une bru­ta­li­té sans frein. Les moyens d’un État ri­chis­sime au ser­vice d’un sou­ve­rain in­ex­pé­ri­men­té. Le prince hé­ri­tier, éga­le­ment mi­nistre de la Dé­fense, a lan­cé son pays dans une guerre sans fin au Yé­men, un gouffre fi­nan­cier qui a en­traî­né l’une des plus graves crises hu­ma­ni­taires au monde. Il n’a pas hé­si­té à prendre en otage l’an­cien Pre­mier mi­nistre du Li­ban Saad Ha­ri­ri, pro­vo­quant une rare union dans le pays du Cèdre. Il a sé­ques­tré des di­zaines d’hommes d’af­faires et membres de la fa­mille royale au Ritz-Carl­ton de Ri y ad, fai­sant fuir les in­ves­tis­seurs saou­diens. Il a im­po­sé un triple blo­cus ter­restre, ma­ri­time et aé­rien au Qa­tar, pous­sant l’émi­rat dans les bras de la Tur­quie et de l’Iran.

À marche for­cée. Neom pour­rait bien­tôt s’ajou­ter à cette longue liste d’ échecs. Les mil­liards d’ in­ves­tis­se­ments es­pé­rés ne sont tou­jours pas ar­ri­vés, for­çant l’État saou­dien à pui­ser dans son puis­sant fonds sou­ve­rain pour fi­nan­cer les pre­mières phases du pro­jet. « Nous avons re­çu un cer­tain nombre d’ in­ves­tis­se­ments in­té­res­sants, même s’ils ne sont pas en­core im­por­tants, rec­ti­fie Ali Shi­ha­bi, membre du Conseil consul­ta­tif de Neom. De toute fa­çon, ce pro­jet s’ins­crit sur le long terme, c’es­tà-dire vingt ans.» L’as­sas­si­nat du jour­na­liste saou­dien Ja­mal Kha­shog­gi, qui col­la­bo­rait avec le quo­ti­dien amé­ri­cain Wa­shing­ton Post, ain­si que les ar­res­ta­tions mas­sives or­don­nées par le prince hé­ri­tier j us qu’ au­coeur de la fa­mille ré­gnante avaient dé­jà ef­frayé les in­ves­tis­seurs. La crise liée au Covid-19 a fi­ni de les dis­sua­der. « Ce n’est pas main­te­nant que les Oc­ci­den­taux vont pla­cer de l’ar­gent dans Neom », sou­ligne l’homme d’af­faires pré­ci­té. Sans ar­gent étran­ger, les rêves de mo­der­ni­sa­tion à marche for­cée de MBS risquent de vi­rer au cau­che­mar. Et son am­bi­tieux pro­gramme de ré­formes, pierre an­gu­laire de son pou­voir ab­so­lu, d’être re­pous­sé aux ca­lendes grecques.

Au dé­part, c’est pour­tant l’Oc­ci­dent qui rêve d’une ré­vo­lu­tion en Ara­bie en ob­ser­vant ce jeune prince, à peine tren­te­naire, au mo­ment où son père monte sur le trône en jan­vier 2015. Fils pré­fé­ré du sou­ve­rain, Mo­ham­med est in­con­nu des chan­cel­le­ries. Il n’a pas étu­dié à l’étran­ger, ne maî­trise pas bien l’an­glais et ne pos­sède qu’une li­cence de droit is­la­mique de l’uni­ver­si­té King Fai­sal de Riyad. À l’ins­tar d’une grande par­tie de la jeu­nesse saou­dienne (70 % de la po­pu­la­tion a moins de 30 ans), il est pas­sion­né de nou­velles tech­no­lo­gies. « MBS a vite com­pris l’im­por­tance de l’image d’un pays dans un monde glo­ba­li­sé, confie un di­plo­mate qui le cô­toie. Il sa­vait que l’Ara­bie souf­frait d’une image ca­tas­tro­phique à l’étran­ger, no­tam­ment parce que le pays était le der­nier à in­ter­dire aux femmes de conduire. » Le roi Sal­mane étant âgé (85 ans) et ma­lade, c’est son fils qui pré­side aux des­ti­nées du pays.

À peine pro­pul­sé au som­met, MBS est dé­jà confron­té à une crise qui me­nace l’ave­nir de la pé­tro­mo­nar­chie. L’ar­ri­vée mas­sive sur le mar­ché pé­tro­lier des pro­duc­teurs amé­ri­cains de gaz de schiste inonde l’offre et pro­voque la chute des cours du ba­ril à 35 dol­lars. Or les re­cettes pé­tro­lières four­nissent plus de 70 % du bud­get de l’État, qui per­met­tait jus­qu’ici aux 33 mil­lions d’ha­bi­tants de vivre confor­ta­ble­ment de la rente. « MBS et son père ont com­pris que les cours ne re­mon­te­raient pas à leur ni­veau pré­cé­dent et que c’en était fi­ni du bon vieux temps, ex­plique le di­plo­mate. Ils n’ont alors pas eu d’autre choix que de bou­le­ver­ser le mo­dèle éco­no­mique et so­cial du pays. »

En­tou­ré d’une ar­mée de consul­tants étran­gers et d’une es­couade de jeunes conseiller­s saou­diens, MBS s’en­ferme, par­fois seize heures par jour, dans le mo­nu­men­tal pa­lais d’Al-Ya­ma­mah, ré­si­dence of­fi­cielle du roi à Riyad, dé­voué corps et âme à sa nou­velle mis­sion: la mise sur pied de Vi­sion 2030, dé­voi­lée en avril 2016. « Il s’agit d’un plan très abou­ti qui peut très bien fonc­tion­ner, avec des ob­jec­tifs clairs à at­teindre », rap­pelle Jo­seph West­phal, an­cien am­bas­sa­deur des États-Unis à Riyad, qui a ac­com­pa­gné le prince dans la mise en place de ses ré­formes. Fin des sub­ven­tions gou­ver­ne­men­tales sur le gaz, l’es­sence et l’élec­tri­ci­té, créa­tion d’une TVA et in­tro­duc­tion en Bourse d’un faible pour­cen­tage de Sau­di Aram­co, la com­pa­gnie na­tio­nale saou­dienne de pé­trole, cette « ré­vo­lu­tion that­ché­rienne » prô­née par le FMI s’ap­puie sur­tout sur une par­ti­ci­pa­tion ac­crue du sec­teur pri­vé. Pro­blème, les prin­ci­paux in­té­res­sés n’ont pas été consul­tés. « MBS a pré­fé­ré s’adres­ser aux meilleurs ca­bi­nets amé­ri­cains plu­tôt que de trai­ter avec les mi­lieux d’af­faires en Ara­bie saou­dite », re­grette le di­plo­mate. Le sou­ci est qu’il est im­pul­sif. Quand il a une idée, il fonce et n’en fait qu’à sa tête, sans ré­flé­chir aux consé­quences. » Les ré­formes du prince hé­ri­tier sont ac­cueillies à bras ou­verts par la jeu­nesse saou­dienne, car, en contre­par­tie des ef­forts fi­nan­ciers de­man­dés, Mo­ham­med ben Sal­mane consent à une cer­taine li­bé­ra­li­sa­tion des moeurs. Prô­nant un « is­lam mo­dé­ré » au pays du wah­ha­bisme (ver­sion ul­tra­ri­go­riste de l’is­lam sun­nite), il ac­corde le droit de conduire aux femmes, fa­ci­lite leur

ac­cès au mar­ché du tra­vail, al­lège le Code pé­nal, et met au pas la po­lice re­li­gieuse. Pen­dant que les ou­lé­mas conser­va­teurs sont em­bas­tillés, le rap­peur 50 Cent se pro­duit de­vant un pu­blic mixte à Djed­da ! Ap­plau­die en Oc­ci­dent, l’ou­ver­ture cache en réa­li­té une ré­pres­sion fé­roce. Jour­na­listes cri­tiques ain­si que mi­li­tants des droits de l’homme, la moindre voix dis­cor­dante est bâillon­née. Par­mi les di­zaines d’ac­ti­vistes tou­jours em­pri­son­nés fi­gure Lou­jain al-Hath­loul, émi­nente dé­fen­seuse du droit des femmes, dont MBS se veut pour­tant le cham­pion. « Le but de ces ar­res­ta­tions est de si­gni­fier à la po­pu­la­tion que le chan­ge­ment doit ve­nir d’en haut, pas d’en bas, ex­plique sa soeur, Li­na al-Hath­loul.

Cure d’aus­té­ri­té. Contre toute at­tente, c’est un vi­rus qui est ve­nu contra­rier les am­bi­tions du prince tout-puis­sant. En à peine quelques jours, la com­bi­nai­son ex­plo­sive de l’épi­dé­mie de Covid-19 et de la chute sans pré­cé­dent des prix du pé­trole a gre­vé les comptes de la pé­tro­mo­nar­chie. Dé­jà dé­fi­ci­taire, le bud­get de l’État en­re­gistre pour l’heure 9 mil­liards de dol­lars de manque à ga­gner en 2020. Un dé­fi­cit qui pour­rait at­teindre 112 mil­liards de dol­lars d’ici à la fin de l’an­née. Le cou­pe­ret est tom­bé le 11 mai : le mi­nistre saou­dien des Fi­nances, Mo­ham­med al-Ja­daan, a of­fi­ciel­le­ment an­non­cé «l’an­nu­la­tion, l’éta­le­ment ou le re­port » de cer­tains grands pro­jets de Vi­sion 2030. Ce n’est pas tout. Pour pal­lier la di­mi­nu­tion des re­cettes pé­tro­lières, le royaume triple le mon­tant de la TVA, in­tro­duite en 2018, et sup­prime l’al­lo­ca­tion men­suelle de 250 eu­ros ré­ser­vée aux fonc­tion­naires. La cure d’aus­té­ri­té est de na­ture à re­mettre en ques­tion le pacte im­pli­cite noué entre les Saoud et la po­pu­la­tion de­puis un de­mi-siècle: un pou­voir sans par­tage de la fa­mille royale en échange de la re­dis­tri­bu­tion au peuple de la rente pé­tro­lière. « Ce­la va être très dif­fi­cile pour une grande par­tie de la po­pu­la­tion, mais nous avons jus­qu’à pré­sent été bien gâ­tés », confie Ho­da al-He­lais­si, membre du Ma­j­lis al-Chou­ra, l’as­sem­blée consul­ta­tive du royaume. Les ex­perts sont scep­tiques. Les 24 mil­liards d’éco­no­mie at­ten­due sont in­suf­fi­sants pour en­rayer la chute des prix du pé­trole et l’État va de­voir em­prun­ter 60 mil­liards de dol­lars pour com­bler son dé­fi­cit.

« La po­pu­la­ri­té de Mo­ham­med ben Sal­mane est liée à ses pro­messes d’un ave­nir meilleur pour la jeu­nesse, ex­plique un di­plo­mate oc­ci­den­tal fa­mi­lier du pays. Pour l’heure, la po­pu­la­tion ne va pas des­cendre dans la rue. Mais si la crise per­du­rait, ajoute-t-il, le prince hé­ri­tier pour­rait se re­trou­ver en dif­fi­cul­té, d’au­tant qu’il s’est at­ti­ré beau­coup d’en­ne­mis dans les mi­lieux d’af­faires et au sein de la fa­mille royale. » MBS n’est pas à blâ­mer pour l’ef­fon­dre­ment de la de­mande due à la pan­dé­mie, qu’il a d’ailleurs gé­rée avec ef­fi­ca­ci­té (un peu plus de 300 dé­cès). Mais on re­trouve la marque du prince hé­ri­tier dans la chute bru­tale des prix du brut en mars. Sur son ordre, l’Ara­bie saou­dite a ou­vert le ro­bi­net à pé­trole et inon­dé le mar­ché pour tordre le bras à la Rus­sie, qui re­fu­sait de bais­ser sa pro­duc­tion, et conser­ver ses parts de mar­ché. En agis­sant de la sorte, Mo­ham­med ben Sal­mane a pré­ci­pi­té la dé­grin­go­lade des cours. « MBS a joué son va-tout et a mon­tré sa ca­pa­ci­té de nui­sance sur la scène pé­tro­lière, mais, ce fai­sant, il a scié la branche sur la­quelle son pays est ins­tal­lé », dé­crypte le di­plo­mate oc­ci­den­tal. Si le prince a fait plier Vla­di­mir Pou­tine un mois plus tard, les prix n’ont pas re­trou­vé leur ni­veau d’an­tan.

Par ri­co­chet, l’im­pré­vi­sible hé­ri­tier a ébran­lé son al­lié amé­ri­cain. Le coup de force de MBS a étran­glé un grand nombre de pro­duc­teurs de gaz et pé­trole de schiste – sou­tiens in­dis­pen­sables à Do­nald Trump pour la pro­chaine pré­si­den­tielle –, dont les coûts d’ex­trac­tions éle­vés né­ces­sitent un prix du ba­ril éle­vé. « Les ac­tions en­tre­prises par l’Ara­bie saou­dite ont fait des ra­vages sur le mar­ché de l’éner­gie avec la perte de mil­liers d’em­plois pour les tra­vailleurs amé­ri­cains, et pour beau­coup de com­pa­gnies in­dé­pen­dantes contrainte­s de fer­mer bou­tique », s’in­surge le sé­na­teur de l’Alas­ka Dan Sul­li­van. Ex­cé­dé, l’élu ré­pu­bli­cain a in­tro­duit au Sé­nat une pro­po­si­tion de loi vi­sant à re­ti­rer les forces ar­mées amé­ri­caines d’Ara­bie saou­dite, met­tant un terme au pacte du Quin­cy – pé­trole contre sé­cu­ri­té – qui lie les deux pays de­puis soixante-quinze ans. Jus­qu’ici, Do­nald Trump avait tou­jours cou­vert les agis­se­ments du prince hé­ri­tier. Mais le 2 avril, sa pa­tience a at­teint ses li­mites. Le pré­sident amé­ri­cain a mis en balance le re­trait des troupes amé­ri­caines d’Ara­bie si celle-ci ne ré­dui­sait pas sa pro­duc­tion de pé­trole. « Les Amé­ri­cains étaient très en co­lère », se sou­vient un res­pon­sable du Golfe. Mo­ham­med ben Sal­mane se plie à l’in­jonc­tion amé­ri­caine. Ce­pen­dant, les prix ne re­mon­tant pas, Do­nald Trump met sa me­nace à exé­cu­tion. Le 7 mai, en plein pic de ten­sion avec l’Iran, ri­val ré­gio­nal de Riyad, les États-Unis re­tirent d’Ara­bie saou­dite deux bat­te­ries an­ti­mis­siles Pa­triot. « Le pré­sident Trump n’a ja­mais été par­ti­san de lais­ser les troupes amé­ri­caines au MoyenO­rient », rap­pelle l’am­bas­sa­deur Jo­seph West­phal. À Riyad, on re­grette le « mau­vais si­gnal » ain­si en­voyé à l’Iran. Mais le mes­sage passe. Quatre jours plus tard, l’Ara­bie coupe de nou­veau sa pro­duc­tion quo­ti­dienne de 1 mil­lion de ba­rils sup­plé­men­taires. L’im­pé­tueux prince a dé­jà vu ses rêves s’ef­fon­drer. Il ne s’agi­rait pas non plus de se mettre à dos le grand pro­tec­teur amé­ri­cain ■

En jouant son va-tout avec le pé­trole, MBS a scié la branche sur la­quelle il était as­sis.

Hé­ri­tier. Le prince d’Ara­bie saou­dite Mo­ham­med ben Sal­mane, en 2019.

Fo­lie des gran­deurs. Neom, la mé­ga­lo­pole rê­vée par Mo­ham­med ben Sal­mane dans le nord-ouest du royaume pour en faire un pôle de la tech.

Source : Bour­so­ra­ma.

Source : Fitch, Jad­wa In­vest­ment.

Par­te­naires. Do­nald Trump et Mo­ham­med ben Sal­mane au som­met du G20, à Osa­ka, le 29 juin 2019.

Com­bat­tante La mi­li­tante fé­mi­niste Lou­jain al-Hath­loul, qui a no­tam­ment par­ti­ci­pé aux cam­pagnes pour le droit des femmes à conduire et pour l’abo­li­tion du sys­tème de tu­telle mas­cu­line, est em­pri­son­née de­puis deux ans et vic­time d’actes de tor­ture.

Bras de fer. Ni le prince hé­ri­tier ni Vla­di­mir Pou­tine, ici en oc­tobre 2019, n’ont vou­lu cé­der leurs parts de mar­ché pen­dant la crise pé­tro­lière.

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