Sa cou­leur et ses arômes font son suc­cès

Les 3.000 tonnes d’eve­li­na offrent au Li­mou­sin une di­ver­si­fi­ca­tion va­rié­tale sa­vou­reuse

Le Populaire du Centre (Haute-Vienne) - - Limousin L'actu - Blan­dine.hu­tin@cen­tre­france.com

Face à l’om­ni­pré­sente gol­den, la va­rié­té club eve­li­na avance ses atouts : une robe rouge, des arômes pro­non­cés et un cro­quant qui se conserve à l’an­née.

Blan­dine Hu­tin-Mer­cier

C’est une belle plante, pour­rait­on dire, au corps bien ferme, à la chair goû­teuse et à la robe bien rouge. Une de­moi­selle qui s’épa­nouit sous un so­leil d’al­ti­tude ­ trop de cha­leur nui­rait à son teint ­, qui n’est pas men­teuse et qui se goûte dès l’au­tomne ve­nu et jus­qu’à la fin du prin­temps.

Pour la qua­trième an­née, la pomme eve­li­na fait par­ler d’elle dans les ver­gers de Cor­rèze et du Li­mou­sin. Comme dans ce­lui de Ré­mi Ma­thou, sur les co­teaux de La Ro­chette à Don­ze­nac (19). Sur ses huit hec­tares de pom­miers, cette va­rié­té en re­pré­sente près de 30 % ; des ver­gers plus fa­ciles à conduire que ceux de la gol­den, moins exi­geants en termes de tri, des fruits moins gour­mands en trai­te­ments phy­to­sa­ni­taires et moins fra­giles à cueillir.

Dans ses rangs, le jeune pro­duc­teur en­voie ses cueilleurs deux ou trois fois de suite, à quelques jours d’in­ter­valles. « Il faut qu’elle ait un rouge vif mar­qué, qui n’ap­pa­raît qu’à ma­tu­ri­té. Elle ne ment pas avec sa ma­tu­ri­ té. Et dès que ça sent bon dans le ver­ger, c’est bon ! »

Ex­clu­si­vi­té

L’eve­li­na est une créa­tion 100 % li­mou­sine, un croi­se­ment de cli­via et de gol­den spé­cia­le­ment créé pour les ver­gers de Per­lim (as­so­ciant si­ca du Ro­seix et Coo­plim) pour do­ter le Li­mou­sin d’une bi­co­lore d’al­ti­tude per­met­tant de ré­pondre à une de­mande spé­ci­fique, no­tam­ment à l’ex­por­ta­tion. Une va­rié­té club, à l’exemple de la

pink la­dy, « par­fai­te­ment dans l’ADN du Li­mou­sin », ap­pré­cie Béa­trice Chauf­faille, res­pon­sable mar­ke­ting de Per­lim. « C’est une va­rié­té de ter­roir, avec un bon ren­de­ment, un bon po­ten­tiel gus­ta­tif, aux arô­ mes pro­non­cés et avec un po­ten­tiel de conser­va­tion qui lui as­sure du cro­quant jus­qu’à fin juillet. Com­mer­cia­le­ment par­lant, on peut la po­si­tion­ner d’oc­tobre à juin­juillet ; nos clients n’ont pas à pas­ser sur une pomme d’im­por­ta­tion dé­cep­tive. »

Pour son lan­ce­ment, en 2013­2014, une tren­taine d’hec­tares étaient voués à l’eve­li­na ; une cen­taine pour la ré­colte 2017, ex­ploi­tés à 60 % par Coo­plim et 40 % par la si­ca du Ro­seix et Mey­lim. « L’ob­jec­tif, avance Béa­trice Chauf­faille, c’est d’at­teindre plus de 150 ha en 2022 et au mi­ni­mum 7.000 tonnes contre en­vi­ron 3.000 au­jourd’hui. »

Pour ce faire, un bu­reau Eve­li­na France vient d’être créé, ou­vrant la pos­si­bi­li­té à d’autres struc­tures (comme Lim­dor en Li­mou­sin) d’en plan­ter. « L’idée, c’est de faire bais­ser la part des gol­dens, parce que le mar­ché s’ef­frite, qu’il faut ré­pondre aux at­tentes des consom­ma­teurs et que ce­la per­met de ga­gner d’autres mar­chés. En Chine ou aux Émi­rats, elle est idéale en che­val de Troie pour la gol­den. »

F. LHERPINIERE

EVE­LI­NA. La ré­colte s’an­nonce bonne dans les ver­gers don­ze­na­cois de Ré­mi Ma­thou.

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