En­core mo­bi­li­sés pour « sau­ver le bois »

L’as­so­cia­tion de dé­fense du bois de Boue­ry conteste les mo­tifs de la pré­fec­ture

Le Populaire du Centre (Haute-Vienne) - - Bellac Pays Marchois - Aline Com­brouze aline.com­[email protected]­tre­france.com

Thier­ry Mé­nard, de l’as­so­cia­tion de dé­fense du Bois de Boue­ry, conteste les mo­tifs de la pré­fec­ture pour l’au­to­ri­sa­tion de dé­fri­che­ment du bois en vue de l’ins­tal­la­tion du parc éo­lien.

De­puis l’ar­rê­té de la pré­fec­ture da­tant du 14 dé­cembre, re­la­tif au « dé­fri­che­ment de 2,69 hec­tares de par­celles de bois », Thier­ry Mé­nard, fervent op­po­sant à l’ins­tal­la­tion d’un parc éo­lien dans le bois de Boue­ry se rend « tous les jours ou presque » à la mai­rie de Mail­hac­sur­Benaize pour voir si le do­cu­ment in­di­quant le dé­but ef­fec­tif d’un dé­fri­che­ment n’est pas af­fi­ché.

Thier­ry Mé­nard est in­quiet. Se­lon lui, les der­niers mo­tifs de la dé­ci­sion pris par la di­rec­tion dé­par­te­men­tale des ter­ri­toires de la pré­fec­ture de la Hau­teVienne sur la « de­mande d’au­to­ri­sa­tion de dé­fri­che­ment pour l’ins­tal­la­tion d’un parc de

« Pas d’es­pèces pro­té­gées sur les zones à dé­fri­cher, ex­cep­té l’Au­tour des Pa­lombes »

6 éo­liennes en fo­rêt de Boué­ry » ne prennent pas en compte les rap­ports émis par les so­cié­tés en­vi­ron­ne­men­tales, y com­pris l’étude réa­li­sée par Ca­li­dris, so­cié­té mis­sion­née par EDF­EN.

Dans ce do­cu­ment, la pré­fec­ture consi­dère no­tam­ment que « l’étude d’im­pact ver­sée au dos­sier dé­montre qu’il n’y a pas d’es­pèces pro­té­gées sur les zones à dé­fri­cher, en de­hors de l’Au­tour des Pa­lombes et qu’il n’y a pas eu de contre­ex­per­tise ap­por­tant preuve du contraire », et que « les zones à dé­fri­cher concernent des peu­ple­ments jeunes âgés de 30 à 60 ans (haut per­chis à jeune fu­taie) sans ri­chesse flo­ris­tique par­ti­cu­lière ».

Un re­cours va être dé­po­sé au tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif

Deux points que Thier­ry Mé­nard conteste. « À au­cun mo­ment les chauves­sou­ris ne sont prises en compte. Pour­tant, toutes les études en­vi­ron­ne­men­tales in­diquent qu’il y en a dans le Bois de Boue­ry. Il est uni­que­ment ques­tion du ra­pace l’Au­tour des Pa­lombes. Con­cer­nant les arbres sur les zones à dé­fri­cher, je pré­cise que sur l’une des par­celles boi­sées de 100 hec­tares, qui hé­ber­ge­rait trois éo­liennes, 72 % des arbres sont des chênes âgés de plus de 60 ans. »

Sur ce dos­sier, la pré­fec­ture pré­co­nise que « la pé­riode des tra­vaux prend en compte la pé­riode de ni­di­fi­ca­tion de l’Au­tour des Pa­lombes en les in­ter­di­sant du 1er fé­vrier au 31 juillet. »

Thier­ry Mé­nard sou­ligne à nou­veau la non prise en compte de la vie des neuf es­pèces de chauve­sou­ris re­cen­sées dans le Bois de Boue­ry et craint un dé­but des tra­vaux de dé­fri­che­ment dès le mois de jan­vier. « Si l’in­ter­dic­tion com­mence au 1er fé­ vrier­vrier, les tra­vaux de dé­fri­che­ment peuvent com­men­cer dans les tout pro­chains jours ».

Le dé­fri­che­ment ne concer­ne­rait pour­tant que 2,69 hec­tares de par­celles de bois. Mais pour l’as­so­cia­tion de dé­fense du Bois de Boue­ry, la sur­face est « suf­fi­sam­ment im­por­tante pour mo­di­fier le cli­mat, l’en­so­leille­ment et l’hu­mi­di­té sur la to­ta­li­té du bois, et chan­ger dé­fi­ni­ti­ve­ment la na­ture des sols. »

Thier­ry Mé­nard et son as­so­cia­tion in­forment qu’ils dé­po­se­ront un re­cours au­près du tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif dans le cou­rant du mois de jan­vier.

OP­PO­SÉS AU PARC ÉO­LIEN. Les membres de l’as­so­cia­tion de dé­fense du Bois de Boue­ry, et son porte-pa­role, Thier­ry Mé­nard, es­timent que la pré­fec­ture de la Haute-Vienne n’a pas pris en compte toutes les don­nées des études en­vi­ron­ne­men­tales avant de prendre l’ar­rê­té pour l’au­to­ri­sa­tion du dé­fri­che­ment du bois en vue d’ins­tal­ler le parc éo­lien.

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