Théo­phile Caus­sé, cham­pion d’Eu­rope pas­sé par Pa­na­zol

Pas­sé par Pa­na­Loi­sirs, le hand­bal­leur pro­fes­sion­nel a dé­cro­ché son pre­mier titre eu­ro­péen

Le Populaire du Centre (Limoges) - - La Une - Jean-Adrien Tru­chas­sou Twit­ter : @JA_T­ruch

Vain­queur de la Ligue des Cham­pions avec Mont­pel­lier il y a dix jours face à Nantes, Théo­phile Caus­sé est en­tré dans une nou­velle di­men­sion. Por­trait du vi­re­vol­tant ai­lier du MHB qui n’a ja­mais ou­blié Pa­na­zol, son pre­mier club…

Di­manche 16 juin 2002. Le club de Pa­na­Loi­sirs vit un évé­ne­ment ex­cep­tion­nel. Jack­son Ri­chard­son, tout juste au­réo­lé de son titre de cham­pion d’Es­pagne avec le SDC San An­to­nio qui est ve­nu s’ajou­ter à un pal­ma­rès dé­jà bien rem­pli, est pré­sent au stade de Mor­pié­nas pour par­rai­ner un tour­noi sur herbe. Par­mi les 200 en­fants se bous­cu­lant pour ap­pro­cher et tou­cher leur idole, Théo­phile Caus­sé, neuf ans. Lui qui, quelques jours avant, avait dé­ci­dé de stop­per le handball pour re­ve­nir au rug­by, son pre­mier amour. « Mais quand j’ai vu ce gars­là avec ses dread­locks, signer des au­to­graphes et être une vraie star, je me suis dit : “je veux être comme le mon­sieur” », se sou­vient Théo­phile Caus­sé qui garde pré­cieu­se­ment, dans une boîte, le pe­tit bout de pa­pier sur le­quel Ri­chard­son avait ap­po­sé sa si­gna­ture. Certes, le na­tif de Por­tau­Prince à Haï­ti, adop­té par une fa­mille haut­vien­noise alors qu’il avait quatre ans, n’a pas en­core l’au­ra de l’ex­Bar­jot mais tout le monde ne peut pas se tar­guer d’avoir la Ligue des Cham­pions sur son CV.

« Pas prêt d’ou­blier ce mo­ment »

« Les émo­tions sont mon­tées pe­tit à pe­tit tout au long du week­end du Fi­nal Four. Jus­qu’à ce qu’on monte sur la plus haute marche du po­dium. Il nous a fal­lu quelques jours pour vrai­ment prendre conscience de ce qu’on a réa­li­sé. Je pense qu’on a ta­pé très très haut. Je ne suis pas prêt d’ou­blier ce mo­ment », dé­clare “Théo” au su­jet de cette fi­nale eu­ro­péenne qui oc­cupe dé­sor­mais une place de choix dans sa case “sou­ve­nirs” avec le titre de cham­pion de Fran­ ce avec Dun­kerque en 2014. Fi­nale eu­ro­péenne qu’il a dis­pu­tée avec un cer­tain Mel­vyn Ri­chard­son… fils de Jack­son. L’anec­dote fait évi­dem­ment sou­rire Caus­sé : « C’est su­per drôle ! Je lui en parle sou­vent, je lui dis : “c’est in­croyable, j’ai fait du hand grâce à ton père et au­jourd’hui, on joue dans la même équipe”. » « Heu­reux » à Mont­pel­lier où il a pas­sé une « très belle sai­son », Théo­phile Caus­sé re­vient en Li­mou­sin, dès que son em­ploi du temps le per­met. Là où il a vé­cu six ans de sa vie avant que ses pa­rents dé­mé­nagent dans la ré­gion bor­de­laise. « Je ne suis pas ar­ri­vé là par ha­sard. Il y a tou­jours quel­qu’un qui a m’a fait pro­gres­ser alors j’es­saye, une fois par an, de ve­nir faire un pe­tit cou­cou aux di­ri­geants, à mes an­ciens coaches et à mes amis. » Adrien Caillaud, avec le­quel il a dé­bu­té le rug­by à Pa­na­zol, ain­si que Gaë­tan Bou­zo­nie, Flo­rian Pey­ron­net et Jules Ma­ri­chal, tou­jours li­cen­ciés à Pa­na­Loi­sirs, font par­tie de sa bande de co­pains. De sa « clique ». Et tous sont una­nimes. « Théo­phile est quel­qu’un de très humble et de très simple. C’est mon­sieur Tout le monde », à écou­ter Jules Ma­ri­chal. Même son de cloche chez Adrien Caillaud, son co­pain d’en­fance : « Quand on le voit, on a l’im­pres­sion que rien n’a chan­gé entre nous. Mal­gré la dis­tance et son sta­tut, il sait d’où il vient. » Preuve que, même s’il a sau­té sur le toit de l’Eu­rope, Théo­phile Caus­sé a gar­dé les pieds sur terre.

Avec Mel­vyn Ri­chard­son à Mont­pel­lier

PHO­TO DRISS CHAÏT

EN­CORE. Avec 48 matches dis­pu­tés cette sai­son toutes com­pé­ti­tions confon­dues et, sur­tout un titre de cham­pion d’Eu­rope, Théo­phile Caus­sé a pas­sé un nou­veau cap à 25 ans.

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