Ste­va Li­mou­sin s’offre un sur­sis et in­té­resse six re­pre­neurs

L’au­dience de­vant le tri­bu­nal de com­merce a abou­ti à une pro­lon­ga­tion de la pé­riode d’ob­ser­va­tion

Le Populaire du Centre (Limoges) - - La Une - Sé­bas­tien Du­bois se­bas­tien.du­bois@cen­tre­france.com

A l’is­sue de l’au­dience de­vant le tri­bu­nal de com­merce, hier, Ste­va Bessines bé­né­fi­cie d’un dé­lai de quatre mois. Six re­pre­neurs sont in­té­res­sés par les nom­breux atouts de l’en­tre­prise.

Il y a deux mois, lors du pla­ce­ment en re­dres­se­ment ju­di­ciaire, une telle is­sue n’était pas cou­rue d’avance. La peur de la li­qui­da­tion de Ste­va Bessines et la sup­pres­sion de 114 nou­veaux em­plois, un an à peine après le séisme GM & S, étaient dans toutes les têtes. Si rien n’est en­core ga­gné, l’au­dience d’hier de­vant le tri­bu­nal de com­merce de Lyon éloigne cette si­nistre hy­po­thèse. 1 Six re­pre­neurs in­té­res­sés. La ju­ri­dic­tion a pro­lon­gé la pé­riode d’ob­ser­va­tion jus­qu’au 5 oc­tobre, lui per­met­tant ain­si de pas­ser l’été plus se­rei­ne­ment. « On a juste une tré­so­re­rie un peu ten­due pour le mois d’août », ex­plique le se­cré­taire FO du co­mi­té d’en­tre­prise, Bru­no Gri­maux. La pro­chaine au­dience de­vant le tri­bu­nal est pré­vue, un jour avant la clô­ture de cette pé­riode. Les en­tre­prises in­té­res­sées ont jus­qu’au 10 sep­tembre pour se po­si­tion­ner.

« Des can­di­dats sé­rieux »

« On a dé­jà six dé­cla­ra­tions d’in­té­rêts et ce sont des can­di­dats sé­rieux, ex­plique le syn­di­ca­liste. Me Gla­del, l’ad­mi­nis­tra­teur était pré­sent et il nous a dit qu’il pen­sait que Re­nault avait pous­sé des can­di­dats à se po­si­tion­ner, Ça veut dire qu’on in­té­resse. » 2 Pas un GM & S 2. De fait, alors que dans un pre­mier temps, les sa­la­riés ont agi­té l’hy­po­thè­ se d’un « GM & S 2 », les deux si­tua­tions semblent bien dif­fé­rentes. Le bi­lan éco­no­mique pré­sen­té à l’au­dience fait ap­pa­raître la grande di­ver­si­fi­ca­tion de la pro­duc­tion de l’usine haut­vien­noise, moins dé­pen­dante des construc­teurs au­to­mo­biles. Ste­va pos­sède éga­le­ment une cer­ti­fi­ca­tion pour tra­vailler dans l’aé­ro­nau­tique, qui ouvre des pers­pec­tives, à dé­faut de mar­chés im­mé­diats.

A la re­cherche d’un in­ves­tis­seur

Les in­ves­tis­se­ments consen­tis par Phi­lippe Las­sa­blière, no­tam­ment sur la presse 2.000 tonnes, consti­tuent éga­le­ment un atout. Le contai­ner connec­té et le pro­to­type de plan­cher pour voi­ture élec­trique qu’elle dé­ve­loppe, l’en­tre­prise at­tise les in­té­rêts. « Les in­ves­tis­seurs voient qu’on a un sa­voir­faire », in­dique Bru­no Gri­maux. 3 Ren­ta­bi­li­té et tré­so­re­rie en ten­sion. Plu­sieurs points noirs pèsent néan­moins sur une éven­tuelle re­prise. « La di­ver­si­fi­ca­tion a certes com­pen­sé la baisse du chiffre d’af­faires du client PSA, mais a for­te­ment dé­gra­dé la marge brute », note l’ad­mi­nis­tra­teur. « L’ab­sence de ren­ta­bi­li­té de l’ac­ti­vi­té, l’im­por­tance du mon­tant des dettes et un bud­get de tré­so­re­rie qui montre des ten­sions à court terme » com­pliquent la pour­suite de l’ac­ti­vi­té, sans in­ves­tis­seur ni re­pre­neur. « Phi­ lippe Las­sa­blière est dans l’op­tique de conti­nuer, mais avec un in­ves­tis­seur, ana­ly­sait, lun­di, Bru­no Gri­maux. Et si ja­mais un re­pre­neur est vrai­ment in­té­res­sé, il pour­rait lais­ser sa place. C’est im­por­tant qu’il soit dans cet état d’es­prit. » 4 Réu­nion au­jourd’hui à Ber­çy : et la SCI ? L’autre noeud gor­dien à dé­nouer se­ra au centre de la réu­nion pré­vue à Ber­cy, ce ma­tin, en pré­sence de la dé­pu­tée Ma­rie­Ange Magne : la SCI dé­te­nue par les ex­di­ri­geants de l’usine avant 2015 et ses loyers ex­tra­va­gants de 250.000 € par an. « Le groupe Ste­va a fait son offre de ces­sion en in­cluant les ac­tifs im­mo­bi­liers », pré­cise le bi­lan éco­no­mique. Mais une dé­ci­sion de la cour d’ap­pel de Pa­ris re­la­tive à cette struc­ture a contraint Ste­va à « conclure un bail en ur­gence » et « n’a pas pu en­ga­ger le re­fi­nan­ce­ment de l’im­mo­bi­lier qui était pré­vu d’in­ves­tir dans Ste­va Li­mou­sin ». Con­sé­quence : les sa­la­riés re­fusent de payer ce loyer. Le mi­nis­tère connaît par­fai­te­ment la ques­tion : c’était dé­jà le cas pour GM & S.

PHO­TO : STÉ­PHANE LE­FÈVRE

TECH­NIQUE. Les pro­duc­tions de Ste­va et ses ca­pa­ci­tés de dé­ve­lop­pe­ment in­té­ressent six re­pre­neurs po­ten­tiels.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.