Ouz­bé­kis­tan

Les EDV Ile-de-France ont te­nu leur con­ven­tion en Ouz­bé­kis­tan, une des­ti­na­tion at­ta­chante et au riche patrimoine ar­chi­tec­tu­ral et ar­chéo­lo­gique.

Le Quotidien du Tourisme - - La Une -

ÀÀ l’l’oc­ca­sio­ni dde lla conven­tion­ti EDV IlIle-dde-FF­rance, qui s’est dé­rou­lée en Ouz­bé­kis­tan du 30 mars au 2 avril, une cen­taine de pro­fes­sion­nels du tou­risme fran­çais a pu dé­cou­vrir une des­ti­na­tion at­ta­chante et riche d’un hé­ri­tage ar­chi­tec­tu­ral et ar­chéo­lo­gique par­fai­te­ment en­tre­te­nu. À coup sûr, le pays de­vrait pou­voir re­trou­ver les tou­ristes fran­çais qui viennent moins nom­breux de­puis 2009. & Laurent Gué­na J ean- Pierre Mas, pré­sident des En­tre­prises du Voyage, n’avait ja­mais eu l’oc­ca­sion de se rendre en Ouz­bé­kis­tan. Il ne l’a pas regretté. Il se sou­vien­dra, par exemple, d’une pro­me­nade à vé­lo dans les rues de Bou­kha­ra en com­pa­gnie de Lu­cien Sa­le­mi, pré­sident des EDV Mé­di­ter­ra­née. Il n’en est tou­jours pas re­ve­nu du prix de la lo­ca­tion : 80 cen­times d’eu­ro l’heure ! De quoi gar­der quelques soums (la mon­naie lo­cale) pour mar­chan­der étoffes, jeu d’échec, cou­teaux ou épices. Rares, d’ailleurs, étaient les par­ti­ci­pants du der­nier congrès des En­tre­prises du Voyage Ile-de-France, adhé­rents comme spon­sors, à avoir dé­jà po­sé leur va­lise dans ce pays grand comme le Por­tu­gal. Compte te­nu de l’ac­cueil qui nous a été ré­ser­vé – nos au­to­cars es­cor­tés par des mo­tards pou­vaient brû­ler les feux rouges –, les par­ti­ci­pants au­ront très vite com­pris que le tou­risme était un axe stra­té­gique de dé­ve­lop­pe­ment pour les au­to­ri­tés. Dé­jà, rien que pour notre groupe, Uz­be­kis­tan Air­ways avait ac­cep­té de se po­ser à Sa­mar­kand avant d’at­ter­rir à Tack­hent. Au cours du voyage, les maires de Sa­mar- kand, dès notre ar­ri­vée au pe­tit ma­tin à l’aé­ro­port, et de Bou­kha­ra se sont dé­pla­cés pour nous le si­gni­fier. Ils n’au­ront pas eu de mal à convaincre les ha­bi­tants de les ai­der à ac­cueillir plus de tou­ristes. C’est en ef­fet un vrai plai­sir que de dé­am­bu­ler dans les ar­tères de Bou­kha­ra et Sa­mar­kand tant la po­pu­la­tion semble heu­reuse de re­ce­voir des vi­si­teurs au point de leur de­man­der, tou­jours avec le sou­rire, de po­ser pour une photo. La ré­ci­proque est vraie : tous les Ouz­beks, sans contre­par­tie, ac­ceptent bien vo­lon­tiers de se faire prendre en photo. La bar­rière de la langue, les Ouz­beks ne par­lant pas l’an­glais, est ain­si fran­chie. À moins de par­ler russe, il est dif­fi­cile d’en­ga­ger une dis­cus­sion avec un chauf­feur de taxi, alors au­tant se ren­sei­gner au préa­lable sur le prix de la course qui n’a ja­mais rien d’exor­bi­tant. En Ouz­bé­kis­tan, le vi­si­teur ne se sent pas op­pres­sé par l’Islam. Dif­fi­cile d’échap­per à la vod­ka qui ac­com­pagne tous les re­pas et, en cher­chant un peu, on trouve même des night-clubs où l’on sait s’amu­ser. Le cos­tume tra­di­tion­nel por­té dans les rues par les femmes, qui ne cachent pas leur vi­sage, est gai et co­lo­ré. On croise même, dans des res­tau­rants, des cui­si­niers, qui,

à la fin du ser­vice, prennent le mi­cro et, à l’aide d’une so­no, se mettent à chan­ter pour faire dan­ser les clients tout en entraînant des femmes ouz­beks at­ti­rées par le spec­tacle. Évi­dem­ment, on ne va pas en Ouz­bé­kis­tan pour faire la fête mais on ne va pas se plaindre de la trou­ver. C’est sou­vent ce qui fait la dif­fé­rence entre un voyage réus­si et un voyage in­ou­bliable.

Une riche ar­chi­tec­ture

On s’y rend évi­dem­ment d’abord pour dé­cou­vrir ses beau­tés ar­chi­tec­tu­rales. Le Re­gis­tan, dé­jà. Au XIVe siècle, les six grandes ar­tères qui par­taient des portes de Sa­mar­kand croi­saient, sur une vaste place de sable, lit­té­ra­le­ment, le Re­gis­tan. C’est au­jourd’hui un lieu tou­ris­tique où les ré­cep­tifs peuvent même or­ga­ni­ser un dî­ner pour un congrès en l’agré­men­tant d’un dé­fi­lé de mode. Les adhé­rents des En­tre­prises du Voyage Ile- de- France l’ont tes­té et ap­prou­vé. At­ten­tion à ne pas ou­blier de pré­voir une pe­tite laine fin mars au risque de se ven­ger sur la vod­ka si­non, c’est plus rai­son­nable, sur les bro­chettes de mou­ton, de boeuf ou de pou­let ac­com­pa­gnées de pois chiches. Pe­tit conseil : on peut avoir l’im­pres­sion que les en­trées font of­fice de plat de ré­sis­tance, ce n’est pas le cas. À Sa­mar­kand, il ne faut pas ra­ter la vi­site de la nécropole de Cha­khi- Zin­da, un en­semble de mau­so­lées da­tant du XIe et XVe siècle ins­crit au patrimoine mon­dial de l’Unesco, et

le tom­beau de Ta­mer­lan. Ne pas hé­si­ter non plus à al­ler se perdre dans le ba­zar où l’on pour­ra, par exemple, s’of­frir une étoffe ou un cha­peau tra­di­tion­nel ouz­bek. À faire, aus­si, un dé­jeu­ner bu­co­lique dans une fa­brique de pa­pier qui uti­lise en­core des tech­niques an­ces­trales.

Bou­kha­ra, ci­té pré­ser­vée

C’est dans un train tout confort que nous quit­tons Sa­mar­kand pour re­lier en moins de deux heures Bou­kha­ra, vé­ri­table ville mé­dié­vale d’Asie cen­trale. Pié­ton­nière, elle res­pire la quié­tude de la pro­vince et on ne se lasse pas de tra­ver­ser ses cou­poles dans les­quelles il est dif­fi­cile de ré­sis­ter à l’ap­pel du shop­ping. On vi­site la ville à pied : le centre re­monte à plus de deux mille ans. Et on fi­nit par tom­ber sur le mi­na­ret Ka­lon. Haut de 48 mètres, c’est de son som­met qu’on ap­pe­lait à la prière mais aus­si qu’on je­tait les condamnés à mort au XVIIe siècle. Bou­kha­ra est un des meilleurs exemples de ci­tés is­la­miques bien pré­ser­vées d’Asie cen­trale du Xe au XVIIe siècle, avec un tis­su ur­bain qui est res­té lar­ge­ment in­tact. Outre les nom­breux points d’in­té­rêt de la ville, on ajou­te­ra que Bou­kha­ra est aus­si connu pour ses mar­chands de ta­pis et ses ci­gognes qui ont élu do­mi­cile dans les mi­na­rets. Il est évi­dem­ment im­pos­sible d’ap­pré­hen­der un aus­si vaste pays en trois jours. L’Ouz­bé­kis­tan, on croit sur parole nos guides fran­co­phones, peut aus­si ac­cueillir des ama­teurs de trek, à dos de cha­meau ou à pied à la dé­cou­verte des pe­tits vil­lages de mon­tagne. On dé­nombre dans le pays quatre ré­serves. À l’heure où agences et tou­ro­pé­ra­teurs sont à la re­cherche de des­ti­na­tions ac­cueillantes et dé­pay­santes, l’Ouz­bé­kis­tan pour­rait vite de­ve­nir un pays qui compte dans cette ré­gion du globe comme a su le faire le sul­ta­nat d’Oman dans le golfe Per­sique. ■

De nuit, l’im­pres­sion­nant Re­gis­tan. Fa­bri­ca­tion de pa­pier. Les ta­pis font la re­nom­mée de Bou­kha­ra. Sa­sha, guide fran­co­phone (à droite) a ré­ponse à tout.

À Sa­mar­kand, la nécropole de Cha­khi-Zin­da. Des femmes en cos­tume tra­di­tion­nel.

Sa­mar­kand et le Re­gis­tan prêts à re­ce­voir les tou­ristes.

Ac­cueil à l’aé­ro­port Sa­mar­kand. de

Sa­mar­kand, à dé­cou­vrir au printemps avant les grandes cha­leurs.

Une po­pu­la­tion hos­pi­ta­lière qui aime se mê­ler aux vi­si­teurs le temps d’une photo.

À Bou­kha­ra, le mi­na­ret Ka­lon, haut de 48 mètres.

Le Re­gis­tan à Sa­mar­kand. Fin mars, il fait presque 30 de­grés.

Tou­jours sou­riants, les Ouz­beks aiment les tou­ristes.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.