Nou­vel­leCa­lé­do­nie

Le Quotidien du Tourisme - - La Une -

Pour les Mé­tro­po­li­tains, la Nou­velle-Ca­lé­do­nie reste une terre loin­taine, au­then­tique et pré­ser­vée.

Si leles Ja­po­nais, les AusAus­tra­liens et les NéoZé­laZé­lan­dais af­fec­tionnent tout­tou par­ti­cu­liè­re­ment cet­te­cet « pe­tite France du Pa­ci­fique », pour les Mé­tro­po­li­tains, la Nou­velle-NoCa­lé­do­nie res­tere une terre loin­taine.lo Un ter­ri­toire dont un ré­fé­ren­dum ré­cent a confir­mé l’at­ta­che­mentl à la Ile des Pins. To­tem sculp­té. France.F Au­then­tique et pré­ser­vée,pré elle est unique.i SeptS agents dde voyages ont pu dé­cou­vrir ce bi­jou (trop) mé­con­nu en mai der­nier dans le cadre du sep­tième « Cap Nou­velle-Ca­lé­do­nie » or­ga­ni­sé par Aus­tra­lie Tours en par­te­na­riat avec Emi­rates, Air­ca­lin et l’OT du pays d’outre-mer. Textes et pho­tos Na­tha­lie Ruf­fier

Au­drey, Co­rinne, Fai­rouz, Isa­belle, Hu­bert, Na­tha­lie et Pas­cal sont re­par­tis bluf­fés. Éba­his même de­vant la ri­chesse de cet ar­chi­pel du Pa­ci­fique pro­po­sé par une soixan­taine de TO en France, par­mi les­quels Aus­tra­lie Tours, or­ga­ni­sa­teur de cet éduc­tour ex­cep­tion­nel. Comme Fai­rouz (Ha­vas Voyages, Saint-Étienne) ou Pas­cal (Juen Voyages, Le Pon­tet) au­cun ne s’at­ten­dait à « une telle va­rié­té de pay­sages, de telles plages et fonds ma­rins et une telle pré­gnance de tra­di­tions et des cou­tumes uniques » . La Nou­velle-Ca­lé­do­nie, c’est en ef­fet 16 000 km de la­gon pro­té­gé et ins­crit au pa­tri­moine mon­dial de l’Unes­co de­puis dix ans, un jar­din bo­ta­nique gran­deur na­ture avec plus de 3 000 es­paces vé­gé­tales en­dé­miques (soit, chose ra­ris­sime au­jourd’hui, une na­ture à 75 % en­dé­mique !), mais aus­si une terre à la croi­sée des cul­tures (on y parle plus de 40 langues !), des mythes, des lé­gendes. Et même si la des­ti­na­tion est loin­taine (Nou­méa est si­tuée à 16 730 km de Pa­ris), son po­ten­tiel mé­ri­te­rait d’être plus connu pour des sé­jours cultu­rels et spor­tifs, des voyages de noces, des va­cances fa­mi­liales... « Il y a mille et une rai­sons de choi­sir la Nou­velle-Ca­lé­do­nie. Cer­tains viennent pour la ran­don­née pé­destre, la plai­sance, la plon­gée, la pêche au gros, mais aus­si pour sa mixi­té cultu­relle et la gé­né­ro­si­té de ses ha­bi­tants. Ici, il n’y a pas d’ani­maux sau­vages, pas de ma­la­die et on parle fran­çais !» sou­ligne Cé­cile Ku­beck, la sé­millante pro­prié­taire de L’Hi­bis­cus, bou­tique-hô­tel si­tué à Ko­né, sur la côte Ouest de Grande Terre, la plus grande des îles de l’ar­chi­pel.

120 699 tou­ristes en 2017

La halte dans cette ca­pi­tale éco­no­mique de la pro­vince Nord s’im­pose dé­sor­mais pour dé­cou­vrir, en sur­vo­lant la man­grove, le cé­lèbre « coeur de Voh ». « Comme le parc de la Ri­vière bleue dans le Grand Sud ou l’île des Pins, il fait au­jourd’hui par­tie des lieux tou­ris­tiques in­con­tour­nables » as­sure l’hô­te­lière. De­puis 2014, tous ces ar­gu­ments font mouche. La Nou­vel­leCa­lé­do­nie af­fiche en ef­fet des chiffres de fré­quen­ta­tion tou­ris­tique à la hausse de­puis trois ans. Se­lon l’Ins­ti­tut de la sta­tis­tique et des études éco­no­miques (ISEE) Nou­velle-Ca­lé­do­nie, 120 699 tou­ristes ont dé­bar­qué l’an der­nier à l’aé­ro­port in­ter­na­tio­nal de Nou­méa – La Ton­tou­ta, soit

une aug­men­ta­tion de 4,3 % en un an. Et avec 37 842 tou­ristes en­re­gis­trés en 2017, les Fran­çais de mé­tro­pole consti­tuent tou­jours la pre­mière clien­tèle (+ 3%), sui­vis des Aus­tra­liens (23 704, + 3,9% ), des Ja­po­nais ( 21 836, + 3,2%) et des Néo- zé­lan­dais ( 10 255, + 12 %). Cette hausse se pour­suit en 2018 avec, se­lon les der­niers chiffres pu­bliés par l’ISEE, une fré­quen­ta­tion en aug­men­ta­tion de 3,4 % sur les quatre pre­miers mois. « Ce voyage en Nou­vel­leCa­lé­do­nie peut se com­bi­ner avec la dé­cou­verte du Ja­pon comme dans notre pro­gramme 'Du Le­vant au Tro­pique', mais aus­si une halte en Aus­tra­lie comme nous l’avons ef­fec­tuée lors du Cap Nou­velle Ca­lé­do­nie 2018 » in­dique Hei­dia Che­bil, tour-lea­der de cet éduc­tour. Le pro­gramme pré­voyait en ef­fet d’ou­vrir une pre­mière fe­nêtre au pays des kan­gou­rous à l’al­ler (à Mel­bourne) et une se­conde au re­tour sur l’un des Emi­rats (à Du­baï). « Ces com­bi­nés qui li­mitent l’ef­fet voyage loin­tain se dé­ve­loppent » constate Syl­vie Hen­ne­bo, char­gée de pro­mo­tion Eu­rope/ France de Nou­vel­leCa­lé­do­nie Tou­risme, éga­le­ment pré­sente sur ce voyage d’études.

Un ter­ri­toire tour­né vers la mer

Pour dé­cou­vrir ses nom­breuses ri­chesses, cet ar­chi­pel de 18 000 m2 mé­rite qu’on s’y pose une bonne di­zaine de jours. « Quinze jours même, avec au mi­ni­mum, en plus de Grande Terre, la vi­site d’une des îles Loyau­té et de l’île des Pins » concluait Na­tha­lie (Ha­vas Voyages, Nantes) à l’is­sue de l’éduc­tour. Porte d’en­trée du ter­ri­toire, Nou­méa pré­sente un pre­mier aper­çu de ce que cet ar­chi­pel pro­cla­mé co­lo­nie fran­çaise en 1853 ré­serve aux vi­si­teurs. Tour­née vers la mer, cette ca­pi­tale de 100 000 ha­bi­tants est bor­dée de plages et d’îlots. Idéal pour un pre­mier plon­geon dans le la­gon ! Mais la ci­té abrite aus­si, dans un écrin de ver­dure à deux pas de l’un des trois golfs 18 trous du ter­ri­toire, le centre cultu­rel Tji­baou, sym­bole du re­nou­veau de la culture ka­nak. Le site fête ses 20 ans cette an­née. Avec ses hautes cases en bois d’iro­ko des­si­nées par l’ar­chi­tecte Ren­zo Pia­no et son par­cours vé­gé­tal ini­tia­tique, il dé­voile les fon­de­ments de la culture ka­nak. «Sa vi­site au dé­part d’un sé­jour en Nou­velle-Ca­lé­do­nie aide à mieux com­prendre le ter­ri­toire et son his­toire» sou­ligne Syl­vie Hen­ne­bo, ra­vie de pou­voir aus­si ame­ner ses com­pa­gnons de voyage sur la côte Est de Grande Terre, consi­dé­rée comme le ber­ceau de l’âme ka­nak, et à Li­fou. Cette île, la plus grande de l’ar­chi­pel des Loyau­té, offre en ef­fet plus qu’une na­ture splen­dide et pré­ser­vée. Elle conserve ses trois dis­tricts cou­tu­miers, sa vie com­mu­nau­taire en tri­bus et ses tra­di­tions mé­la­né­siennes.

Un ar­chi­pel pré­ser­vé et se­cret

«Li­fou est une belle porte d’en­trée pour se fa­mi­lia­ri­ser avec cette culture, es­time Na­tha­lie. Mais il faut le faire avec un guide pour ne pas se perdre (il y a peu de si­gna­lé­tiques) et fa­ci­li­ter les ren­contres. » Le voya­geur pour­ra dès lors com­prendre plus fa­ci­le­ment pour­quoi cer­tains lieux sa­crés res­tent in­ter­dits, même dans des en­droits les plus tou­ris­tiques comme la pa­ra­di­siaque île des Pins. Com­prendre aus­si la force du lien des hommes avec la na­ture consi­dé­rée comme sa­crée par les Ka­naks. Ceux que l’on nomme au­jourd’hui les « Brous­sards » , ex­ploi­tants agri­coles de Grande Terre la res­pectent aus­si. De­puis quatre ans, Cin­dy Ba­ron­net et son ma­ri fran­co-aus­tra­lien Marc, éle­veurs de bo­vins, ont pris le par­ti de le faire dé­cou­vrir. Ils ont ou­vert leur ferme de Né­méa­ra, si­tuée vers Bou­rail, aux vi­sites. L’adresse est plu­tôt confi­den­tielle et les tou­ristes ac­cueillis en pe­tit nombre pour un bar­be­cue-par­ty en pleine na­ture et une vi­site de l’ex­ploi­ta­tion, voire une par­ti­ci­pa­tion à la ren­trée du bé­tail. Un pe­tit air de Far West ? Non, une ren­contre à coeur ou­vert avec des sto­ck­men ca­lé­do­niens qui, tou­jours à che­val et cha­peau vis­sé sur la tête, per­pé­tuent les ef­forts de leurs an­cêtres aux vies sou­vent tu­mul­tueuses. Ma­gie des pay­sages, émo­tions des ré­cits... La Nou­velle-Ca­lé­do­nie, c’est tout ce­la. La ga­ran­tie d’un voyage qui a du sens. ■

L’île des Pins doit son nom à ces éton­nants pins co­lon­naires. Ici sur le sen­tier per­met­tant de re­joindre la pis­cine na­tu­relle d’Oro de­puis l’hô­tel Mé­ri­dien des Pins.

Le centre cultu­rel Tji­baou (Nou­méa) fête cette an­née ses 20 ans. La sur­pre­nante « poule » de Hieng­hène, jaillis­se­ment de cal­caire dé­cou­pé au scal­pel et or­né d’ar­bustes très verts.

La team Cap Nou­velle-Ca­lé­do­nie cha­leu­reu­se­ment ac­cueillie à l’aé­ro­port de Nou­méa pour six jours de très belles dé­cou­vertes !

Même en dé­but d’hi­ver, les plages de sable blanc res­tent bien sé­dui­santes. Ici à Li­fou.

Vol au-des­sus du coeur de Voh

La baie des Tor­tues, non loin de Poé et son im­mense do­maine de De­va, 800 hec­tares de ré­serve na­tu­relle où s’écrit de­puis 2014, date de l’ou­ver­ture d’un She­ra­ton Spa & Golf Re­sort, une nou­velle his­toire de tou­risme du­rable en Nou­velle-Ca­lé­do­nie.

Bou­gna au pou­let, plat tra­di­tion­nel mé­la­né­sien de Nou­velle-Ca­lé­do­nie pré­pa­ré par Da­vi­na, de la tri­bu Tie­da­nite, pour un re­pas chez l’ha­bi­tant dans son vil­lage de la val­lée de la Hieng­hène sur la côte Est de Grande Terre.

Li­fou, sa vé­gé­ta­tion luxu­riante, ses plages...

La pe­tite mai­son dans la prai­rie ? Non, la zone d’ac­cueil de la ferme de Né­méa­ra de Cin­dy et Marc, éle­veurs de bo­vins de Bou­rail.

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