Es­tré­ma­dure : dis­crète et at­ta­chante

Il que n’y BaBar­ce­lone a pas et en l’An­da­lou­siel’An Es­pa­gneEs ! Au su­sud-ouest du paysp se niche l’Es­tré­ma­dure,l’Est une ré­gion très pré­ser­vée­pré et de plus en plus ap­pré­ciéeap desde Fran­çais (18%1 plus nom­breuxn par­ti­cu­liè re­ment­verte au pre­mier La­val­lée

Le Quotidien du Tourisme - - Produits Reportage -

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ron­ta­lière l’Es­tré­ma­dure ré­gions d’Es­pagne les avec et moins pour­tant est le l’une Por­tu­gal, peu­plées elle des se ri­chesse ré­vèle his­to­rique d’une avec grande ses trois sites an­tiques clas­sés au patrimoine de l’Hu­ma­ni­té par l’Unesco (Mé­ri­da, Gua­da­lupe, Ca­ceres). Du Sud au Nord en pas­sant par l’an­cienne voie ro­maine “Via de la Pla­ta” (la route de l’Ar­gent), la ré­gion se dé­voile au fil des siècles… Des ruelles si­nueuses de l’an­cienne ville mau­resque de Za­fra en pas­sant par la ville ro­maine de Mé­ri­da, la route se pour­suit en di­rec­tion des villes moyen­âgeuses de Pla­sen­cia et Ca­ceres pour se ter­mi­ner vers la val­lée du Jerte… un vé­ri­table jar­din d’Eden!

En re­mon­tant vers Mé­ri­da…

L’Es­tré­ma­dure est tou­jours pas­sée in­aper­çue à cô­té de la belle An­da­louse. Ses tré­sors ? Il faut les cher­cher à l’in­té­rieur des terres, là où la tem­pé­ra­ture ex­cède par­fois les 50 de­grés en été. C’est au mi­lieu de ces champs ponc­tués de chênes (les fa­meuses “de­he­sas”) que sont éle­vés les meilleurs porcs noirs du pays, “les pa­tas ne­gras” comme on les ap­pelle à tort mais qui sont sur­tout ap­pré­ciés des connais­seurs sous le nom Ibe­ri­co de Bel­lo­ta. Un vé­ri­table el­do­ra­do pour tous les gour­mands ! À tel point que la ville de Za­fra, à 130 km de Sé­ville, or­ga­nise des vi­sites dans ses fa­briques où sont af­fi­nés les fa­meux jam­bons (voir notre en­ca­dré Coup de coeur). Connue pour ses places et son mar­ché très pros­pères à l’époque mu­sul­mane, Za­fra est de­ve­nue au XVIe siècle la ca­pi­tale de la sei­gneu­rie de Fe­ria. Elle a long­temps été consi­dé­rée comme “la pe­tite Sé­ville” aux yeux des pè­le­rins par­tis du Sud qui tra­ver­saient la ville pour re­joindre Saint-Jacques-deCom­pos­telle. C’est au­jourd’hui une pe­tite ville pleine de charme avec ses mai­sons blanches et son châ­teau trans­for­mé en hô­tel 4 étoiles de la chaîne Pa­ra­dores. En re­mon­tant l’an­cienne voie ro­maine qui tra­verse l’Es­tré­ma­dure, la ville de Mé­ri­da s’im­pose comme une étape in­con­tour­nable. Elle re­trace l’épo­pée ro­maine au coeur de la pé­nin­sule ibé­rique. Le théâtre, l’am­phi­théâtre, le temple de Diane et le mu­sée ar­chéo­lo­gique ( par­ti­cu­liè­re­ment in­té­res­sant) de cette ville mo­derne, ca­pi­tale de la ré­gion, sont ins­crits au patrimoine de l’Unesco de­puis 1993. Même si la ville ren­ferme quelques

joyaux an­tiques, son ar­chi­tec­ture reste très dis­pa­rate face à ses deux voi­sines, les villes mé­dié­vales de Ca­ceres et Pla­sen­cia. Des deux, Ca­ceres est sans doute la plus connue. Ins­crite au patrimoine de l’hu­ma­ni­té par l’Unesco en 1986, la ville an­cienne rayonne par ses pa­lais aux fe­nêtres gé­mi­nées, ses tours, son quar­tier juif et ses che­mins de ronde en par­fait état. Grâce aux dons des conquis­ta­dors, la plu­part des églises ont été bâ­ties sur d’an­ciennes mos­quées. Une par­ti­cu­la­ri­té qui ajoute un cer­tain charme à cette ville an­tique bien res­tau­rée. La ba­lade est ryth­mée par une suc­ces­sion de bla­sons et de frises égayant les fa­çades sculp­tées. Au dé­tour du pa­lais des Ai­lettes, on trouve une belle ci­terne arabe en­tou­rée d’élé­gantes co­lon­nettes en pierre. Plus loin, c’est une place du nom de San­ta Ma­ria qui aligne ses pa­lais sei­gneu­riaux da­tant de la Re­nais­sance. Plus pe­tite et plus se­crète, Pla­sen­cia est un pe­tit bi­jou en­tou­ré de mu­railles. Un foo­ting de bon ma­tin per­met d’en faire le tour en une ving­taine de mi­nutes. Fon­dée par Al­phonse VIII au XIIe siècle, elle ser­vit de cadre au ma­riage de Jeanne de Cas­tille et Al­phonse V du Por­tu­gal. Pla­sen­cia est res­tée au fil du temps un lieu d’échange pour les ha­bi­tants de la val­lée de Jerte. Le mar­di c’est jour de mar­ché ! Sur les étals, des ki­los de ce­rises jouxtent de beaux jam­bons et des figues sé­chées… Entre mars et avril, toute la val­lée se couvre d’un nuage blanc our­lé de vert. Le spec­tacle of­fert par ces mil­lions de ce­ri­siers en fleurs est im­pres­sion­nant. Presque au­tant, dans un autre re­gistre, que les “po­zas” (grands bas­sins sphé­riques creu­sés par l’éro­sion). Dans la ré­serve na­tu­relle de Gar­gan­ta de los In­fier­nos, c’est même de­ve­nu une cu­rio­si­té géo­lo­gique pri­sée par les plus cou­ra­geux qui réus­sissent à se bai­gner dans ses eaux cris­tal­lines presque toute l’an­née. Grâce à ses nom­breuses sources, la val­lée del Jerte, connue pour ses dé­li­cieuses “pi­co­tas” ( grosse ce­rise sans queue qui valent des for­tunes !), reste verte toute l’an­née. De­puis la nuit des temps, la ré­gion est cé­lèbre pour ac­cueillir les oi­seaux mi­gra­teurs. Il suf­fit de sillon­ner ses che­mins ba­li­sés ou de mon­ter au som­met de Los Bar­rue­cos (zone dé­ser­tique ponc­tuée d’im­menses pierres sculp­tées par le temps) pour sur­prendre l’en­vol des éla­nions bleus et des fau­cons api­vores. Un show par­ti­cu­liè­re­ment ap­pré­cié des “bird­wat­chers” qui se re­trouvent au prin­temps lors du fes­ti­val des oi­seaux à Ca­ceres. Un ren­dez-vous pour tous les amou­reux de la na­ture. ■

Du haut de son Pa­ra­dor, la ville de Za­fra long­temps consi­dé­rée comme une pe­tite Sé­ville se des­sine.

Pla­sen­cia a un charme in­fi­ni.

le temple de Diane au coeur de la ville de Mé­ri­da

Dans le site na­tu­rel de los Bar­rue­cos, ’éton­nant mu­sée consa­cré à l’ar­tiste Vos­tell.

Dé­cou­verte d’une des ré­serves na­tu­relles de la val­lée del Jerte.

Gan­gan­ta de los In­fier­nos ré­vèle des pis­cines na­tu­relles ex­cep­tion­nelles.

Za­fra, une ville avec un air an­da­lou.

À Pla­sen­cia, la ca­thé­drale jouxte le Pa­ra­dor

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