Ma­rie Bot­tu­ri : l’écri­vain à fleur de plume

Le Régional de Cosne - - Cosne - AMI­LIA CHAD­LI

Elle ar­rive, ces pe­tits bras mus­clés, dans sa robe rouge. Elle s’ex­cuse de son re­tard. On lui par­donne tou­jours : les ar­tistes, c’est comme ça. On les aime.

Ma­rie, on la voit sou­vent dans les rues de Cosne, tou­jours par­tante pour une bise, et un échange. Cette an­cienne élève de la Sor­bonne ( Lettres Clas­siques) aux yeux pé­tillants vit entre la ré­gion pa­ri­sienne et Cosne.

Les mots pour dire

Sa pas­sion des lettres, elle l’a en elle, de­puis tou­jours. « J’ai tou­jours écrit des vers. À la mai­son, chez moi, j’ai tout de suite re­mar­qué que j’avais les mots. Je fai­sais le mé­dia­teur, en com­pre­nant que les mots étaient à la fois aux ori­gines des conflits, mais aus­si le moyen de les ré­soudre ! » . C’est suite à sa ren­contre avec l’au­teur (et ami !) Jean Su­li­van que l’idée de de­ve­nir écri­vain germe dans son es­prit : il la bou­le­verse avec Joie er­rante. À sa mort, celle qui ai­mait se par­ler à elle­ même, en­fant, dé­cide de prendre sa suite. Elle fait ain­si des chro­niques dans La Re­vue des Jé­suites.

Le rôle sal­va­teur de l’école

Pa­ral­lè­le­ment, cette fan de théâtre se lance dans un DUT Ges­tion du Per­son­nel, puis crée un cen­ tre de for­ma­tion pour le droit des femmes en Seine­Saint­De­nis. Ac­tuel­le­ment pro­fes­seur de Fran­çais en ly­cée, Ma­rie ne se des­ti­nait pas vrai­ment à l’en­sei­gne­ment, car­rière qu’elle em­brasse pour­tant à l’âge de trente­cinq ans : « L’école est là où je me suis sen­tie le mieux. Cette re­la­tion cultu­relle avec les jeunes est in­té­res­sante. C’est la culture qui nous sauve, dans cette so­cié­té où tout va vite ! » . Écrire per­met à Ma­rie de lut­ter contre cette ra­pi­di­té : « Le temps de l’écri­ture, c’est le temps de la len­teur ».

« Écrire, c’est res­ter éveillé »

Elle puise son ins­pi­ra­tion pro­saïque et poé­tique dans le quo­ti­dien, la na­ture, les choses simples. C’est peut­être pour ça qu’elle ap­pré­cie le mou­ve­ment ci­né­ma­to­gra­phique de la Nou­velle Vague, por­té par Truf­faut. L’Éluar­dienne constate aus­si le lien étroit qui existe entre ro­man et poème : « La prose touche plus de monde, mais je ne peux pas écrire sans images ! » Et Flau­ber­tienne, en plus de ça ! Son pre­mier re­cueil de poé­sie, L’étreinte Ar­ra­chée, est « plein de cris », se­lon elle. Des cris, qui cô­toient les quelques mo­ments de bon­heur dans l’exis­tence, comme dans Les mains de la terre. Cette vi­sion dua­liste de l’écri­ture est dé­voi­lée dans son ro­man Mer­veille de l’or­di­naire. « On écrit avec ce qu’on est. Écrire, c’est res­té éveillé. C’est te­nir de­bout. Les belles choses sont sou­vent faites de joie et de tris­tesse ». On at­tend avec im­pa­tience ses pro­chaines pé­pites : Li­quides bleus, Je t’offre la beau­té du monde, et un ro­man : Je me ma­rie de­main.

Ma­rie se­ra pré­sente au sa­lon du livre de Ville­man­deur le 2 oc­tobre.

Ma­rie Bot­tu­ri : pe­tit bout de femme.

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