C’est l’em­bou­teillage au contrôle tech­nique

Le Régional de Cosne - - La Une - (PHO­TO : FLORENT MAU­PAS)

Alors qu’une ré­forme va rendre le contrôle tech­nique plus strict le 20 mai pro­chain, les centres agréés du ter­ri­toire sont pris d’as­saut par les au­to­mo­bi­lis­ tes, pres­sés de faire aus­cul­ter leur vé­hi­cule avant la date fa­ti­dique. Point com­plet sur ce qui va chan­ger pour nos quatre roues. ◗

Dans le but de sé­cu­ri­ser les routes et d’har­mo­ni­ser les usages en Eu­rope, le contrôle tech­nique fait l’ob­jet d’une nou­velle ré­gle­men­ta­tion. Dès di­manche 20 mai, le nombre de points de contrôle, de dé­fauts et de contre-vi­sites aug­men­te­ra sin­gu­liè­re­ment. Le prix aus­si.

◗ Des vies sau­vées grâce à des vé­hi­cules plus sûrs et li­mi­tés en émis­sions pol­luantes : consta­tant une cor­ré­la­tion entre des dé­faillances tech­niques et le ni­veau de sé­cu­ri­té rou­tière, Bruxelles a dé­cré­té de pas­ser à l’ul­time étape dans l’ap­pli­ca­tion de la di­rec­tive eu­ro­péenne pu­bliée en avril 2014, ar­rê­tant l’har­mo­ni­sa­tion des usages en ma­tière de contrôle tech­nique.

Al­lon­ge­ment des dé­lais

L’ob­jec­tif est de ré­duire de moi­tié le nombre de tués sur les routes de l’UE d’ici à 2020 par rap­port à 2010. Ins­ti­tué en 1992, le contrôle tech­nique conserve le même plan­ning (*) mais de­vient plus com­plet, re­con­nu en UE sur la base d’un tronc com­mun (liste mi­ni­male de dé­fauts et de sanc­tions as­so­ciées) et à réa­li­ser dans le pays d’im­ma­tri­cu­la­tion du vé­hi­cule. Le vi­rage se­ra pris le 20 mai en France.

Elle n’était pas dans les pays les plus ta­tillons, d’autres l’étaient en­core moins. Se mettre à la page c’est vivre une in­fla­tion dans les points de contrôle, dans les dé­fauts ­ qu’il fau­dra dé­sor­mais ap­pe­ler dé­faillances ­ dé­ce­lables et ceux sy­no­nymes de contre­vi­site (de 196 à 471).

Pour Yann Cha­bert, gé­rant de l’Au­to­Contrôle du Pays­Fort aux Fou­chards de Boul­le­ret (ré­seau Sé­cu­ri­test), « c’est net », la ré­forme a dé­jà des consé­quences. Il re­çoit « 20 % de de­mandes de contrôles en plus de­puis le mois der­nier. Au­to­ma­ti­que­ment, les gens an­ti­cipent car leurs vé­hi­cules peuvent être à la li­mite pour le nou­veau contrôle. Comme ça, ils sont tran­quilles pour deux ans ».

Au­jourd’hui, Yann Cha­bert passe une moi­tié des vé­hi­cules en an­ti­ci­pa­tion et l’autre dans le cycle nor­mal du contrôle.

Gé­rant du centre Au­to­se­cu­ri­tas sis rue des Frè­resGam­bon à Cosne, Chris­tian Hen­ry res­sent la même « peur du nou­veau contrôle. Les dé­lais s’al­longent » chez lui : « J’étais à 3 jours, j’ar­rive non pas à la se­maine qui suit mais à celle d’après. »

« Ce se­ra mal per­çu »

Forcément, pour ceux qui an­ti­cipent et s’ins­crivent donc dans la pé­riode tran­si­toire, « il fau­dra une contre­vi­site avant le 20 mai afin d’évi­ter un autre contrôle com­plet et peut­être d’autres vi­sites. Ce se­ra mal per­çu », pense Chris­tian Hen­ry. Qui es­saie de pré­ve­nir au­tant qu’il peut ses clients.

Les contrô­leurs ne se­ront plus 30­45 mi­nutes sur un vé­hi­cule, plu­tôt 1 heure. « Ce qu’on fait au­jourd’hui, on le fe­ra plus. Il fau­dra un temps d’adap­ta­tion, vu que nous au­rons 3 dé­ci­sions à prendre au lieu de 2 concer­nant l’état d’un or­gane et de nou­veaux points sur les­quels nous se­rons beau­coup plus mi­nu­tieux ».

Les contre­vi­sites gra­tuites ne le se­ront plus

Dans la fi­lière, on es­time que le nombre de contrôles gé­né­rant des contre­vi­sites va dou­bler, vers 40 %. « Ce­la va ame­ner que les contre­vi­sites gra­tuites vont de­ve­nir payantes, fait com­prendre Yann Cha­bert. On en ef­fec­tue dé­jà 3 à 4 par jour, d’en­vi­ron un quart d’heure cha­cune. Vous ne pou­vez pas pas­ser un quart du temps à tra­vailler gra­tui­te­ment. » Même son de cloche chez Chris­tian Hen­ry : « Ça va s’ajou­ter à la contre­vi­site à contrô­ler en même temps. On ne va plus pou­voir as­su­rer ça gra­tui­te­ment. »

Yann Cha­bert pro­met un sur­croît d’ac­ti­vi­té aux ga­rages : « Plus de contre­vi­sites, c’est plus de ré­pa­ra­tions, c’est lo­gique. »

Cô­té ma­té­riel, les centres vont de­voir conti­nuer à s’adap­ter. Chris­tian Hen­ry l’a dé­jà « re­nou­ve­lé en 3 ans ». L’évo­lu­tion des normes sé­cu­ri­sées n’est sou­vent « pas sup­por­tée ». Outre des sur­faces à ho­mo­lo­guer, de nou­veaux ré­glo­scopes (pour le ré­glage des phares) et ou­tils de contrôle de la pol­lu­tion sont à ac­qué­rir.

La fi­lière s’at­tend à ce qu’il y ait deux fois plus de contre-vi­sites après le contrôle tech­nique.

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