Jean Four­nier, pas­sion­né par sa fonc­tion d’élu

Le Régional de Cosne - - La Une - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR JEAN-BAP­TISTE BOTELLA

Jean Four­nier est à la tête de la deuxième plus pe­tite com­mune de la Nièvre, Saint-Laurent-l’Ab­baye, de­puis mars 2008. Un man­dat que le re­trai­té vit pas­sion­né­ment.

◗ Comment êtes-vous ar­ri­vé au poste de maire ?

Après 40 ans de vie ac­tive dans un éta­blis­se­ment fi­nan­cier en ré­gion pa­ri­sienne, je me suis ins­tal­lé à Saint­Laurent car j’avais de la fa­mille de l’autre cô­té de la Loire. Étant à la re­traite en 2003, j’avais en­vie de par­ti­ci­per à la vie lo­cale. En 2008 sont ar­ri­vées les élec­tions, et on m’a de­man­dé si je vou­lais être conseiller mu­ni­ci­pal. Et puis après, tête de liste…

Vous n’aviez rien contre ?

Non, la seule chose que je me di­sais, c’est que j’étais un peu âgé pour de­ve­nir maire. Mais ce­la s’est très bien pas­sé puisque j’ai été élu en 2014.

Avez-vous consta­té du chan­ge­ment dans vos rap­ports avec la po­pu­la­tion ces der­nières an­nées ?

Oui. En 2008, les gens pre­naient plai­sir à se ren­con­trer, à échan­ger, à ba­var­der, à re­faire le monde. Au­jourd’hui, cha­cun est de­vant sa té­lé, sur sa ta­blette, son smart­phone… Il n’y a plus de contact. Le soir, il n’y a per­sonne dans les rues. Pa­reil pour les fêtes lo­cales où les ha­bi­tants par­ti­cipent moins et il y a beau­coup moins de convi­via­li­té.

Il y a beau­coup de tur­no­ver dans votre po­pu­la­tion ?

Oui, c’est im­por­tant. Quand les aî­nés dis­pa­raissent, les en­fants ne reprennent pas tou­jours les mai­sons. On a des mai­sons qui se vendent et se louent ra­pi­de­ment mais les gens ne res­tent pas.

Et quand les gens s’ins­ tallent, ils ne viennent en mai­rie que pour avoir une carte de dé­chet­te­rie, ils ne se pré­sentent même pas.

Est-ce-que vous pre­nez tou­jours au­tant de plai­sir dans cette fonc­tion ?

J’ai tou­jours vu ce­la d’une ma­nière pas­sion­nante, la seule chose que je re­grette c’est de ne pas avoir com­men­cé plus tôt. J’ai ap­pris beau­coup de choses dans cette fonc­tion.

De­puis 2008 quels tra­vaux avez-vous réa­li­sé dans la com­mune ?

Il y a dé­jà tout ce qui est en­tre­tien. On a, par exem­ ple, re­fait en 2009, la place de la mai­rie com­plè­te­ment. On a créé la salle mul­ti­ac­ti­vi­tés qui avait été dé­mar­rée avec l’équipe pré­cé­dente. La ré­fec­tion des fa­çades avec l’école et la maire, les tra­vaux d’ac­ces­si­bi­li­té de la cha­pelle, de l’école et de la mai­rie ont éga­le­ment été réa­li­sés. On a aus­si chan­gé tous les lu­mi­naires dans la com­mune, c’est plus agréable et ce­la consomme moins.

La ré­no­va­tion de l’ab­baye doit éga­le­ment pas mal im­pac­ter votre bud­get ?

C’est un gros su­jet de po­lé­mique. On a des tra­vaux im­por­tants à réa­li­ser qui né­ces­si­te­raient des bud­gets qui ne sont pas du tout à la di­men­sion de la com­mune. Donc on est sur des tra­vaux de re­mise en état, de col­ma­tage de trou. Pour ce­la, on est ai­dé par une as­so­cia­tion lo­cale, l’As­pas, qui col­lecte de l’ar­gent à tra­vers des ani­ma­tions.

La Drac [Di­rec­tion ré­gio­nale des af­faires cultu­relles] sou­hai­te­rait que l’on pro­pose un pro­jet glo­bal de ré­ha­bi­li­ta­tion. Mais ce­la pa­raît im­pos­sible fi­nan­ciè­re­ment car c’est de plu­sieurs mil­lions d’eu­ros.

Pour­tant il y a un net re­gain d’in­té­rêt pour cette bâ­tisse.

Oui c’est vrai. Les vi­sites gui­dées avec l’of­fice de tou­risme, cet été, ont très bien mar­ché. Les Jour­nées du pa­tri­moine ont at­ti­ré plus de 170 vi­si­teurs sur deux jours.

Vi­si­ter une par­tie de l’ab­baye qui est fer­mée

Mais nous avons quand même des pro­jets car on a pré­vu de re­faire les cel­lules des moines et le plan­cher du bâ­ti­ment au pre­mier étage. Le but de ces tra­vaux est de pou­voir vi­si­ter une par­tie du bâ­ti­ment qui ne se visite pas.

Il y a éga­le­ment la ré­ha­bi­li­ta­tion de la mare.

Oui, le Crot. Elle ne te­nait pas l’eau, il a donc fal­lu l’im­per­méa­bi­li­ser. On a pro­fi­té des sub­ven­tions qui nous étaient of­fertes. Les tra­vaux ont dé­mar­ré il y a une quin­zaine de jours. Le but était de faire une en­trée de vil­lage plus agréable et de lais­ser la bio­di­ver­si­té exis­ter dans les six pe­tites mares. Si tout se passe bien, dans un mois ce se­ra ter­mi­né.

Où en êtes-vous du pro­jet éolien de Saint-Quen­tin et Saint-Laurent ?

Le pro­jet, c’est sept éo­liennes sur Saint­Quen­tin et une sur Saint­Laurent. Il a été adop­té à l’una­ni­mi­té par le conseil mu­ni­ci­pal. Au­jourd’hui, on est dans la pé­riode des re­cours donc on ne connaît pas l’avenir du pro­jet.

Pour ter­mi­ner, un mot sur la com­mu­nau­té de com­munes Loire, Vi­gnobles et No­hain.

C’est plus com­pli­qué qu’avant car on a été onze. Main­te­nant on est trente com­munes.

Et puis on traite de pro­blèmes pas di­rec­te­ment liés à la com­mune et au monde ru­ral. On se sent moins concer­né. Attention, tout se passe très bien car Thier­ry Flan­din, le pré­sident, sait construire la CdC. Je pense que les ef­fets s’en fe­ront res­sen­tir après les pro­chaines élec­tions, avec les pro­chaines équipes. Cet éche­lon, s’il est bien fait, de­vrait pou­voir nous ap­por­ter pas mal de choses sur la vie com­mu­nale.

Le maire l’avoue, il a « ap­pris beau­coup de choses dans cette fonc­tion ».

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.