La tra­di­tion de la Saint-Éloi tou­jours vi­vace

Le Régional de Cosne - - La Une - DOS­SIER : FLORENT MAUPAS

Tout se perd ? Pas vrai­ment, à voir la vi­ta­li­té des confré­ries de Saint-Éloi du sec­teur, qui ces week-ends sont réunies pour la messe, man­ger la ga­lette, et plus.

◗ Pre­mières vêpres, ma­tines, grand’messe, se­condes vêpres et, le len­de­main, ser­vice pour le re­pos de l’âme des confrères dé­cé­dés : c’était ce que feu la confré­rie de SaintÉ­loi des ma­ré­chaux­fer­rants et ser­ru­riers rat­ta­chée à l’église SaintJacques de Cosne fai­sait cé­lé­brer à la fin du XVIIe siècle. Elle pos­sé­dait une fi­gure du saint en ar­gent et un pied en cuivre do­ré « où il y a des re­liques ». La confré­rie liée à l’église Saint­Agnan, dans un quar­tier de for­ge­rons, était en­core plus ac­tive et a ob­te­nu une jour­née chô­mée pour les tra­vailleurs jusque dans les an­nées 50.

Les bâ­tons res­sortent

On n’en est plus là, non, mais, in­dé­mo­da­ble­ment, les bâ­tons et ban­nières de confré­ries res­sortent dans les vil­lages. Car tou­jours, on cherche l’in­ter­ces­sion d’un saint, étant re­con­nu que la somme de prières bé­né­fi­cie in­di­vi­duel­le­ment. Si ce n’est, hors re­li­gion, la force d’un groupe.

Fê­té le 1er dé­cembre mais aus­si le 25 juin (*), Éloi est un saint­pa­tron sous la pro­tec­tion du­quel ne se placent plus les seuls or­fèvres. Les agri­cul­teurs, les mé­ca­ni­ciens, tous ceux qui ont un mar­teau en gé­né­ral, sont le ci­ment de ces mo­ments de co­hé­sion.

In­ter­com­mu­nale au­tour de Cosne (messe et ga­lette à Cours, sa­me­di), la SaintÉ­loi est une ins­ti­tu­tion à La Grande­Brosse de Don­zy. Et sa confré­rie en fait plus que d’autres : elle a re­pris la fête des jon­quilles lais­sée par le co­mi­té des fêtes de Don­zy (sous la forme d’une bro­cante) et a contri­bué, par des dons, à res­tau­rer la cha­pelle Saint­Étienne, « le clou » du ha­meau.

« On a bien réussi notre coup », pense Ch­ris­tian Ba­zin. « Bom­bar­dé pré­sident en 2001 pour 3 ans » mais dans ce rôle jus­qu’à di­manche der­nier car « comme par­tout, les jeunes sont moins nom­breux à s’in­ves­tir ». Si­non le jour J en don­nant la main.

Chères cou­tumes

Créée par des agri­cul­teurs dont le nombre dé­cline, la confré­rie « sert à dy­na­mi­ser le vil­lage, à nous ras­sem­bler, faire vivre la cha­pelle ». Où l’ab­bé de Bru­chard, Bros­se­riau lui­même, se plaît à dire la messe tous les ans.

Ayant « beau­coup don­né » avec son épouse, Ch­ris­tian Ba­zin a donc en­fin trou­vé à pas­ser le re­lais, à Ar­lette Ver­gneaux. Avant le re­pas au res­tau­rant qu’a in­tro­duit la rô­tie (le vin blanc chaud avec la ga­lette). Ja­dis, uni­que­ment les hommes ri­paillaient chez Mme Bar­bier. De­puis, sa­tis­fe­cit, « on est tous en­semble. On a gar­dé ces cou­tumes et pro­lon­gé la convi­via­li­té ». Et la fête des jon­quilles vi­vra aus­si. (*) Dates an­ni­ver­saires de sa mort en 660 et de la trans­la­tion de ses re­liques en 1157.

Lé­gende. Éloi ayant « maître de tous les maîtres » en en­seigne de son ate­lier de ma­ré­chal-fer­rant, le Ch­rist a ra­bat­tu son or­gueil. Il cou­pa le jar­ret d’un che­val, le ser­ra dans l’étau, le fer­ra et le re­mit à l’ani­mal sans qu’il en souf­frit. Éloi vou­lut faire de même mais échoua. Et le Ch­rist lui dit : « Ef­face ton en­seigne ! »

(AR­CHIVES)

Ban­nières et bâ­tons de confré­ries en avant dans les vil­lages, au­tour de la ga­lette.

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