Plus une seule confré­rie à Cosne !

Le Régional de Cosne - - L'info De La Semaine -

Sur les nom­breuses confré­ries dont les églises SaintJacques et Saint-Agnan de Cosne abri­taient les cha­pelles, au­cune n’a sur­vé­cu.

◗ Dans le pro­cès­ver­bal d’une vi­site épis­co­pale ré­di­gé en 1679 par le cu­ré Tor­col, Ro­bert Cha­pe­lier, le spé­cia­liste des ar­chives dio­cé­saines et pa­rois­siales concer­nant Cosne et ses en­vi­rons, a dé­cou­vert le « nombre im­pres­sion­nant » de 10 au­tels de confré­ries de corps de mé­tiers abri­tés en la seule église Saint­Jacques (*).

Un ordre de pré­séance

Cha­pelles, au­tels et ob­jets de culte étaient « une es­pèce d’usu­fruit pri­vé des confré­ries dans l’église de tout le monde », ré­sume Fran­çois Billa­cois, an­cien maître de confé­rence en his­toire. Les confrères s’y sen­tant « chez eux », le cu­ré en ar­ri­vait à se plaindre de cha­hut lors des messes, vrai­sem­bla­ble­ment trop longues, qu’ils fai­saient cé­lé­brer les jours des fêtes des saints­pa­trons avant les ban­quets…

Ces « sortes de syn­di­ cats » où pri­mait l’en­traide entre les in­di­vi­dus, avaient dé­jà un ca­rac­tère re­li­gieux au Moyen­Âge. « Au XIXe, elles sont res­tées souvent ci­viles, re­prend Ro­bert Cha­pe­lier. Sur­tout, une confré­rie a sa ban­nière, son bâ­ton, ses no­tables qui se mon­traient dans de beaux ha­bits et des pro­ces­sions tou­jours re­li­gieuses avec les au­to­ri­tés ci­viles. Et un ordre à res­pec­ter, de pré­séance. C’était un mi­roir de la so­cié­té de l’époque. »

En 1864, l’Ab­bé Vio­lette note que « cer­taines confré­ries ont dis­pa­ru » (cel­ les des saints An­dré, Barbe, Anne, Ca­the­rine, Loup et Louis). « D’autres gardent une re­la­tive ac­ti­vi­té », Saint­Vincent, SaintNi­co­las et Sainte­Cé­cile.

Des re­gistres dis­pa­rus

En 1873, le cu­ré de SaintA­gnan voit « trois confré­ries éta­blies sans sta­tuts ni au­cun rè­gle­ment » (du Saint­Sa­cre­ment, de Sainte­Barbe et Saint­Éloi). « Sans doute que la cou­tume est d’al­ler qué­rir les bâ­ton­niers chez eux et les conduire pro­ces­sion­nel­le­ment à l’église en chan­tant Iste Con­fes­sor …»

Au XXe siècle, « les confré­ries vont ré­sis­ter aux deux guerres » mais de­ve­nir « des té­moins du folk­lore, n’ayant plus de ca­rac­tère re­li­gieux ni même so­li­daire », conclut Ro­bert Cha­pe­lier. « Il ne reste au­cun re­gistre », d’ailleurs.

Mais, sub­sistent les ré­jouis­sances dans les vil­lages alen­tour. Sur les­quelles s’ac­cordent tou­jours les gens, de toute ori­gine. (*) Celles de Saint-An­toine de Pa­doue (des po­tiers et faïen­ciers), de Saint-Vincent (vi­gne­rons), Sainte-Barbe (cha­pe­liers), Saint-Côme et Saint-Da­mien (mé­de­cins et apo­thi­caires), Sainte-Ca­the­rine (tailleurs), Saint-Louis (mar­chands), SaintNi­co­las (ba­te­liers), Saint-An­dré (tis­se­rands) et de Saint-Éloi (ma­ré­chaux-fer­rants et ser­ru­riers), no­tam­ment.

(PHO­TO : D.R.)

Ces deux bâ­tons de confré­ries de Saint-Ni­co­las ont mal­heu­reu­se­ment dis­pa­ru du mu­sée de la Loire.

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