« La car­rière aide la com­mune »

Le Régional de Cosne - - L'entretien De La Semaine - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR FLORENT MAUPAS

Élu de­puis 35 ans et maire de­puis 2012, Jean-Mi­chel Prêtre sait ce que le vil­lage agri­cole de Ciez (384 âmes) doit à la car­rière de Jus­sy, éco­no­mi­que­ment.

Qui êtes-vous et com­ment êtes-vous de­ve­nu maire ?

J’ai été agri­cul­teur dans la ferme fa­mi­liale aux Ca­nats, que mon fil a re­pris. Je suis ren­tré au con­seil mu­ni­ci­pal en 1983, 1er ad­joint en 1989 et jus­qu’en mai 2012 où j’ai rem­pla­cé le maire An­dré Mar­ti­gnon qui avait des pro­blèmes de san­té. Comme j’étais 1er ad­joint, j’ai re­pris. Et j’ai été ré­élu en 2014.

Com­ment ça se passe au con­seil mu­ni­ci­pal ?

On ne peut pas dire que ça ne va pas. Il y a 4 con­seillers op­po­sants, mais je pense que nous voyons tous qu’il faut ai­der la com­mune.

La car­rière de Jus­sy, c’est votre pou­mon ?

Elle a per­mis à la com­mune de faire beau­coup de choses, de­puis plus de 30 ans. L’ex­ploi­tant, la so­cié­té De­ro­me­di, dont on n’a ja­mais eu à se plaindre, nous paie au mètre cube de cal­caire ex­trait. Se­lon l’ap­port à l’an­née, ça peut être 100.000 €, ou 200.000 €, ou moins. Glo­ba­le­ment c’est en baisse. Les ha­bi­tants de Jus­sy touchent aus­si, se­lon une for­mule qui a tou­jours été conser­vée. Comme ils ont des par­celles de bois à leur compte per­son­nel.

L’ex­ploi­ta­tion peut du­rer en­core long­temps ?

C’est du très bon cal­caire. Le trou s’agran­dit mais on a sû­re­ment man­gé les plus beaux mor­ceaux. Le con­seil mu­ni­ci­pal vient de vo­ter le re­nou­vel­le­ment du bail pour 35 ans. Jusque­là De­ro­me­di avait des dé­bou­chés avec la Cris­tal­le­rie d’Arques, les ci­men­ te­ries, dans les routes… C’est ce cal­caire qui est dans la voi­rie des éo­liennes de Pou­gny je crois.

Le bal­let des poids lourds est conti­nuel, les routes du sec­teur son im­pac­tées…

Toutes les 5 mi­nutes il passe un ca­mion. Les gens sont ha­bi­tués, ils ne disent rien. L’Équi­pe­ment a re­fait un en­ro­bé dans le bourg, mais il au­rait mieux fal­lu faire du bourg à Ville­ge­ne­ray, c’est là que ça pres­sait le plus. D’au­tant qu’il va fal­loir pas­ser des tuyaux d’eau et donc re­cas­ser.

En par­lant de tra­vaux, qu’avez-vous pu réa­li­ser ?

Des routes en en­ro­bé, 3 ou 4 km par an. On a ré­no­vé l’église, ra­che­té le bâ­ti­ment du bar du Ruis­seau, re­fait les abords pour que les rou­tiers conti­nuent à y faire halte et via­bi­li­sé un lo­tis­se­ment de 12 lots route d’En­trains.

Il se rem­plit ?

Une 4e mai­son est en tra­vaux et il y a des pro­messes de vente pour trois ter­rains. Ça doit pou­voir ra­me­ner un peu de jeu­nesse. Il fal­lait faire ces sa­cri­fices, mais en par­tant plus tôt. Car on n’est pas dans la bonne pé­riode. Pour s’ins­tal­ler à la cam­pagne les gens re­gardent les frais de car­bu­rant.

Et le très haut dé­bit aus­si…

Il est pré­vu de le ra­me­ner de Bou­hy, sû­re­ment en aé­rien. C’est ce qui nous manque un peu.

Com­ment vont école et RPI ?

Bien, avec 25 éco­liers ici et au­tant à Per­roy. Tant qu’on peut conser­ver l’école… On vient de faire une de­mande pour ache­ter une dou­zaine de ta­blettes. C’est l’ave­nir pour les ga­mins.

Des pro­jets pour la suite ?

Ré­no­ver le la­voir du bourg, l’en­duit de l’église et sur­tout la salle des fê­ tes. La toi­ture, le par­quet, les toi­lettes à mettre aux normes, la cui­sine à agran­dir et amé­lio­rer, ça va nous te­nir chaud. Per­son­nel­le­ment je n’au­rais pas re­fait la cui­sine, mais le con­seil le veut. On risque de re­faire moins de voi­rie. On va aus­si re­de­man­der aux ex­Tran­sports Plan­çon de louer ou vendre un de leurs han­gars : on pour­rait y re­faire un ate­lier de mé­ca­nique.

Quid de la vie as­so­cia­tive ?

Il y a une bonne dy­na­mique avec le club du 3e âge, la coun­try, le co­mi­té des fêtes qui pour son théâtre réunit trois fois 120 spec­ta­teurs en mai. Le club de pé­tanque marche bien car il a un bon ter­rain et un han­gar à dis­po­si­tion.

Com­ment Ciez se sent-il dans la CdC à 30 com­munes ?

Ça s’est tou­jours bien pas­sé à 10 sur Don­zy, je ne pense pas qu’avec Cosne ça puisse être au­tre­ment. Une or­ga­ni­sa­tion comme ça ne se fait pas en un jour. Nous pe­tits vil­lages, ne pou­vons pas res­ter seuls. Il faut bien ai­der les autres, mais que les autres nous aident aus­si. Plus on est, plus on au­ra de sub­ven­tions je sup­pose.

La tâche de maire change ?

En tout, heu­reu­se­ment que nos se­cré­taires touchent à tout. Je n’ai pas tel­le­ment ad­mis que la dé­li­vrance des cartes d’iden­ti­té et grises soit em­me­née à Don­zy. Il y a des gens qui n’ont pas de moyens de lo­co­mo­tion. Vis­à­vis d’eux, ça évo­lue mal.

Avez-vous pen­sé à 2020 ?

J’ai fait 30 ans dans les pom­piers, si je vais au bout ça va faire 37 ans pour la com­mune. Il est peut­être temps que je prenne ma re­traite et laisse la place aux jeunes, car cer­tains la veulent. Bar du Ruis­seau. « Ça fait un an et de­mi qu’il est fer­mé, rap­pelle le maire. Sans lui, le vil­lage est mort. La dame qui l’a te­nu avant a tou­jours bien tra­vaillé, jus­qu’à sa re­traite. La com­mune a cher­ché et trou­vé un re­pre­neur, un jeune tra­vaillant dans la res­tau­ra­tion à Or­léans qui doit s’ins­tal­ler dé­but mars. Les tra­vaux ne sont pas fi­nis, les ar­ti­sans traînent. On ne va pas mettre 40.000 € dans la mo­der­ni­sa­tion de la cui­sine comme on nous le pré­co­nise, plu­tôt 10.000 à 12.000 € pour que ce soit fonc­tion­nel au dé­part. Ce re­pre­neur a la vo­lon­té d’ou­vrir 6 jours sur 7, de faire des piz­zas et re­pas à em­por­ter, des soi­rées à thèmes et dé­pôt de pain. Je pense que ça peut mar­cher. »

Jean-Mi­chel Prêtre : « Le bar du Ruis­seau rou­vri­ra en mars. »

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