L’his­toire des sites, à tra­vers l’ob­jec­tif

Le Régional de Cosne - - Le Dossier - MÉ­LA­NIE PRADALIÉ me­la­nie.pra­da­[email protected]­tre­france.com

L’Ur­bex fait aus­si des émules du cô­té des pro­fes­sion­nels. Exemple avec Pierre Mé­rat, pho­to­graphe, ba­sé à Saint-Sa­tur (Cher).

◗ « Je ne suis pas un spé­cia­liste de l’Ur­bex », re­con­naît Pierre Mé­rat, pho­to­graphe pro­fes­sion­nel ins­tal­lé à Saint­Sa­tur. Il a pour­tant réa­li­sé plu­sieurs sé­ries de pho­tos dans des bâ­tisses iso­lées, dans une an­cienne boîte de nuit de la Nièvre, et, en 2016, aux Fon­de­ries et ate­liers de Saint­Sa­tur (Fass). « J’ai tou­jours ai­mé les vieilles usines, les en­droits désaf­fec­tés, ajoute ce­lui qui est éga­le­ment pro­prié­taire du Ca­fé de l’Union à SaintSa­tur. Je trouve qu’il y a un cô­té très es­thé­tique, très pho­to­gé­nique dans cette dé­so­la­tion, mais éga­le­ment un as­pect ter­ri­ble­ment hu­main. »

L’Ur­bex pour ou­til do­cu­men­taire

Et c’est cet as­pect hu­ma­niste et so­cio­lo­gique de la pho­to­gra­phie Ur­bex qui sé­duit le re­gard de l’ar­tiste. « Beau­coup de per­sonnes font de l’Ur­bex pour l’adré­na­line, le risque de se faire dé­bus­quer, de fran­chir l’in­ter­dit. Moi, ce qui m’in­té­resse, c’est de sen­tir le vé­cu. » Sen­tir la vie, l’ac­ti­vi­té, l’agi­ta­tion pas­sée d’un lieu. Ra­con­ter l’his­toire d’un site. Voi­là ce que Pierre Mé­rat re­cherche avec les pho­tos d’ex­plo­ra­tion ur­baine. « Je suis moins in­té­res­sé par des pho­tos d’ha­bi­ta­tions, car j’au­rais l’im­pres­sion d’être un cam­brio­leur. D’ailleurs pour les pho­tos de la Fass, j’en avais par­lé aux con­seillers mu­ni­ci­paux de la com­mune, qui m’avait ou­vert les portes de l’an­ cienne usine. Je ne suis pas à l’aise avec le fait de pho­to­gra­phier quelque chose ou quel­qu’un sans au­to­ri­sa­tion », pré­cise le pho­to­graphe.

C’est qua­si­ment avec l’oeil d’un re­por­ter que Pierre Mé­rat pé­nètre dans ces lieux à l’aban­don. « Il y a un as­pect do­cu­men­taire dans ma dé­marche, re­prend­il. J’au­rais ai­mé faire les por­traits des an­ciens sa­la­riés de l’en­tre­prise, à l’en­droit où ils tra­vaillaient, par exemple. »

Et ce n’est pas le seul pro­jet qu’il a en tête. De nom­breux sites du sec­teur at­tirent son oeil avi­sé, comme des ci­né­mas, des dis­co­thèques fer­mées ou en­core les si­los de la ci­té gor­do­nienne. « J’ado­re­rais ex­plo­rer le vieux si­lo. Beau­coup de per­sonnes trouvent ces bâ­ti­ments af­freux, moi, je leur trouve un as­pect très ar­tis­tique. »

Les en­droits à cap­tu­rer ne semblent pas man­quer dans le Cher et la Nièvre…

(PHO­TO : PIERRE MÉ­RAT)

En 2016, Pierre Mé­rat im­mor­ta­lise les lo­caux des Fon­de­ries et ate­liers de Saint-Sa­tur, in­oc­cu­pés de­puis la fer­me­ture de l’en­tre­prise, en 2009.

(PHO­TOS : PIERRE MÉ­RAT)

Ces pho­tos n’ont été dé­voi­lées qu’une seule fois lors des Jour­nées du pa­tri­moine de 2016.

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