« Mon mé­tier, c’est de jouer »

Le Régional de Cosne - - Sorties Et Loisirs - JEAN-BAP­TISTE BO­TEL­LA jean-bap­tiste.bo­tel­[email protected]­tre­france.com

C’est mer­cre­di 16 jan­vier qu’An­to­nia de Ren­din­ger se­ra sur la scène de la salle des fêtes de Cosne-Cours­sur-Loire avec son one wo­man show mor­dant : Moi jeu.

Vous êtes ti­tu­laire de deux maî­trises en eth­no­lo­gie et lettres mo­dernes mais aus­si d’un DEA de so­cio­lo­gie. Pour­quoi, avec ce ba­gage, vous avez dé­ci­dé de mon­ter sur scène ?

J’ai com­men­cé mes études et, à peu près en même temps, j’ai ren­con­tré l’im­pro­vi­sa­tion théâ­trale. Il se trouve que j’avais très en­vie d’en faire mon mé­tier, mais à l’époque, en 1992, des im­pro­vi­sa­teurs pro­fes­sion­nels, ce­la n’exis­tait pas.

Je fai­sais donc du théâtre à cô­té de mes études et il m’est ap­pa­ru, pe­tit à pe­tit, que je fai­sais plu­tôt des études à cô­té du théâtre.

Com­ment s’est faite la bas­cule?

Quand j’ai com­men­cé à ga­gner ma vie. Et puis, très sin­cè­re­ment je n’avais pas trop en­vie. Je fai­sais des études pour me ga­ran­tir une sor­tie de se­cours. Mais ce qui me fai­sait vi­brer c’était d’être sur scè­ ne et de faire rire les gens. Et si en plus de ce­la j’ar­ri­vais à ga­gner ma vie avec… Que de­man­dait le peuple !

Com­ment vos pa­rents ont pris votre dé­ci­sion ?

Ce­la ne s’est pas pas­sé de la même fa­çon pour les deux. Je fais par­tie de l’aris­to­cra­tie fran­çaise, et ma mère a une vi­sion très conven­tion­nelle des choses… La pre­mière chose qu’elle m’a dite quand je lui ai an­non­cé que je vou­lais faire du théâtre c’est : « Je ne veux pas que tu ter­mines sous les ponts à la coke. » Mais je lui ai dit que la coke coû­tait très cher et que si « on est à la coke on n’est pas sous les ponts. Alors sou­haite­moi la coke et pas les ponts s’il te plaît ! »

Je pense qu’ils avaient peur pour moi, et c’est très lé­gi­time d’avoir peur pour ses en­fants. Et puis quand ils ont com­men­cé à voir que ce­la pre­nait, qu’il y avait du pu­blic à mes spec­tacles et qu’on par­lait de moi dans les mé­dias, ce­la les a ras­su­rés.

Vous avez écrit et joué votre pre­mier one wo­man show, Iti­né­raire d’une en­fant ra­tée,

au dé­but des an­nées 2000. C’était sur votre vie ?

Pas trop. Je n’ai ja­mais écrit des choses très au­to­bio­gra­phiques. Je suis plus dans le per­son­nage. Bon, for­cé­ment, on écrit un peu avec ce que l’on est, mais je pense qu’au­jourd’hui, mon écri­ture est tou­jours aus­si tein­tée de choses qui m’animent, mais de ma­nière plus vi­ru­lente qu’avant. Je pense que la fille de 25 ans que j’étais et la femme mûre de 44 ans que je suis de­ve­nue ne sont plus tout à fait les mêmes…

En ef­fet, ce­la fait 20 ans que vous faites de la scène. Mais ce qui vous a mis sous les pro­jec­teurs, c’est votre par­ti­ci­pa­tion à l’émis­sion de té­lé,

On n’de­mande qu’à en rire ,en 2012, non ?

Oui tout à fait. C’était une émis­sion dont je ne cau­tion­nais ab­so­lu­ment pas le prin­cipe. Je trouve que notre mé­tier est telle­ ment com­pli­qué, tel­le­ment cou­ra­geux, que d’al­ler se frot­ter à la cri­tique d’un ju­ry qui ne mâ­chait pas ses mots était très dur. J’ai donc fait cette émis­sion à re­cu­lons.

Et l’ac­cueil du pu­blic a été tel­le­ment cha­leu­reux le ju­ry tel­le­ment élo­gieux, que très vite je me suis ren­du compte que j’avais fait le bon choix. Cette émis­sion m’a per­mis d’ou­vrir des portes.

Mer­cre­di 16 jan­vier, vous se­rez donc à Cosne pour jouer votre troi­sième spec­tacle,

Moi jeu, pour­quoi ce nom ?

Donc notre mé­tier, le verbe qui dé­crit notre tra­vail, c’est jouer. C’est as­sez gé­nial de se dire que moi, à plus de 40 ans, mon mé­tier c’est de jouer !

Dans ce spec­tacle, je joue aus­si beau­coup, no­tam­ment avec les dif­fé­rentes iden­ti­tés de mes per­son­nages. Il y a d’ailleurs 35 per­son­nages dans ce spec­tacle.

C’est donc un spec­tacle à sketches ?

Oui, même s’il y a un fil rouge : la pe­tite fille que j’étais et qui rê­vait de faire de la scène. Si­non, oui, ce sont des sketches avec des per­son­nages très tru­cu­ lents. Ce que j’aime, c’est ma­nier la langue. Il peut donc y avoir un mo­ment en alexan­drin, comme un mo­ment avec du par­ler plus po­pu­laire. C’est se­lon les per­son­nages que je joue. Il y a des thèmes très va­riés comme la garde par­ta­gée, les monstres sa­crés de la chan­son fran­çaise, un cours de bio­lo­gie… Mais je ne tombe ja­mais dans la vul­ga­ri­té.

Pour ter­mi­ner, que peut-on vous sou­hai­ter pour 2019 ?

L’ave­nir est tou­jours très ou­vert. Je suis très at­ti­rée par le cinéma en ce mo­ment. Ac­tuel­le­ment, je suis sur un pro­jet d’écri­ture de long­mé­trage. En 2019, ma bonne ré­so­lu­tion se­ra d’ar­rê­ter de re­mettre à de­main.

Et puis je ne déses­père pas de re­tra­vailler avec des gens comme Da­ny Boon qui m’a fait jouer dans La Ch’tite fa­mille. C’est le genre de pro­jet que j’ai en­vie de creu­ser. Pra­tique. An­to­nia de Ren­din­ger mer­cre­di 16 jan­vier à 20 heures à la salle des fêtes de Cosne-Cours-surLoire. Tarifs : 25 €, 17 € (ré­duit). Ré­ser­va­tions sur In­ter­net (http://mai­son­cul­ture.fr/spec­tacle/moi-jeu).

(PHOTO PAO­LA GUI­GOU)

An­to­nia de Ren­din­ger pré­sen­te­ra son one wo­man show, Moi jeu, mer­cre­di 16 jan­vier à Cosne.

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