« L’al­coo­lisme une vraie ma­la­die ! »

Le Réveil du Vivarais - - Faits Divers - Société - JEAN-MARC ASTORGUE

Sa­me­di, 12 membres de la sec­tion an­no­néenne Vie libre tous an­ciens ma­lades, sui­vaient une ses­sion de for­ma­tion pour l’aide aux ma­lades de cette vé­ri­table ma­la­die qu’est l’al­coo­lisme. Une pre­mière sur le sec­teur !

◗ Sa­me­di 9 juin 11 h 30. « C’est une vraie ma­la­die », ex­plique JeanC­laude Mi­cou­let, 60 ans, an­cien ma­lade de l’al­cool et em­ployé de mai­rie à Ar­doix. Et de ra­con­ter : « Je suis tom­bé dans l’al­cool en 1980­1981 après un li­cen­cie­ment. D’une consom­ma­tion fes­tive, je passe à une consom­ma­tion ex­ces­sive.

« Aide d’ordre émo­tion­nel… »

Les ten­sions s’amon­cellent dans mon couple. En 86­87, je suis obli­gé de tra­vailler en in­té­rim. Ma com­pagne est mu­tée dans la Drôme. Je la suis et prends un com­merce. Nou­vel échec pro­fes­sion­nel. Le couple ex­plose. Je com­pense par l’al­cool. Puis je trouve du tra­vail au ser­vice trans­ports d’une ville drô­moise comme chauffeurs poids lourds. En 1995, j’ai 37 ans. Après une soi­rée ar­ro­sée, le 12 août, c’est l’ac­ci­dent de la route dans le cadre pro­fes­sion­nel. Je suis en­trée dans l’as­so­cia­tion Vie libre à Noël 1995, quelques mois après ma cure de dés­in­toxi­ca­tion d’un mois de sep­tembre à oc­tobre de cette même an­née, à la cli­nique Ko­rian du Cham­bon­sur­Li­gnon. Après cette cure, je ren­contre Mi­chèle, ma nou­velle com­pagne. De­puis profes­ sion­nel­le­ment, j’ai re­bon­di en pas­sant di­vers concours : agent tech­nique, agent de maî­trise, tech­ni­cien et en­fin de­puis 2000, chef d’équipe voi­rie, en­vi­ron­ne­ment ». C’est une vraie pre­mière pour la sec­tion Vie libre d’An­no­nay qui compte 40 adhé­rents. Ils sont une bonne dou­zaine dans la salle po­ly­va­lente à suivre cette for­ma­tion dans le cadre de l’aide aux ma­lades de l’al­cool à l’hô­pi­tal. Un for­ma­teur qui n’est autre que le se­cré­taire gé­né­ral ad­joint du mou­ve­ment Vie libre, est ve­nu spé­cia­le­ment à la de­mande de la sec­tion lo­cale. « La for­ma­tion », ex­plique Jean­Claude « consiste en une sé­rie de do­cu­ments pro­je­tés en vi­déo par le for­ma­teur ». Et de pour­suivre « tout au long de la jour­née, les sta­giaires sont sou­mis à des jeux de rôles ou mises en si­tua­tion ». « L’aide que nous ap­por­tons est d’ordre émo­tion­nel. Il s’agit d’ap­pré­hen­der le ma­lade et sa souf­france, sim­ple­ment en ra­con­tant notre propre ex­pé­rience d’an­cien ma­lade, un témoignage vé­cu afin de lui faire com­prendre que rien n’est per­du, car c’est une vé­ri­table ma­la­die dont il est dif­fi­cile mais pos­sible de se li­bé­rer. Car à un mo­ment don­né c’est le pro­duit qui com­mande ! » Et le for­ma­teur de re­prendre : « À l’in­verse de la drogue, il n’y a pas vrai­ment de pro­duit de sub­sti­tu­tion. Tout au plus un mé­di­ca­ment dé­con­trac­tant face à l’ap­pé­tence : le ba­clo­fene et sur or­don­nance mé­di­cale. La France de­puis 10 ans su­bit une al­coo­li­sa­tion mas­sive au ni­veau des jeunes et des femmes. ». De­main, la sec­tion an­no­néenne de Vie libre sou­haite élar­gir son ac­tion d’aide et de pré­ven­tion aux écoles et aux jeunes.

Les membres de la sec­tion Vie libre d’An­no­nay en stage de for­ma­tion.

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