Bi­lan tri­mes­triel du CAC 40 La Bourse de Pa­ris cham­pionne d’Eu­rope

Les in­ves­tis­seurs ont eu les yeux ri­vés sur le Brexit, l’Ita­lie et sur­tout le conflit com­mer­cial. En hausse de 3,2% sur trois mois, le CAC 40 sur­classe les autres grands in­dices eu­ro­péens.

Le Revenu - Hebdo Bourse - - La Une - Ma­rianne Py, avec la ré­dac­tion

Pa­ris cham­pion d’Eu­rope ! Au troi­sième tri­mestre, l’in­dice fran­çais a af­fi­ché la meilleure per­for­mance par­mi les grandes places du Vieux Conti­nent. Le score n’est pas flam­boyant (+3,2%), mais il sur­classe ce­lui du Dax (-0,5%), Foot­sie (-2,4%), du FTSE Mib (- 4,2%) et de l’Ibex (- 2,4%). L’écart, plus mar­qué en­core de­puis le 1er jan­vier, s’ex­plique par le poids de sec­teurs en vogue : le pé­trole, le luxe et l’aé­ro­nau­tique (lire p. 7). L’es­sen­tiel de la hausse es­ti­vale a ain­si été ali­men­té par trois ac­tions – To­tal, Sa­no­fi et LVMH – qui pèsent près d’un quart du CAC 40.

Des fac­teurs de pe­san­teurs

Loin de la pro­gres­sion en qua­si-ligne droite à Wall Street, le mar­ché pa­ri­sien – comme l’en­semble des in­dices eu­ro­péens – a connu une mé­téo chan­geante : en­so­leillée en juillet, ora­geuse en août, clé­mente en sep­tembre. En toile de fond, un cli­mat éco­no­mique fa­vo­rable, mais in­cer­tain pour les stars de la cote. La crois­sance mon­diale conti­nue d’avoi­si­ner un rythme sou­te­nu de près de 4% l’an. Mais l’Eu­rope (56% du chiffre d’af­faires du CAC 40) a frei­né au pre­mier se­mestre, tan­dis que les États-Unis sont en pleine ac­cé­lé­ra­tion de­puis le prin­temps. Par ailleurs, le monde émergent ap­pa­raît plus vul­né­rable, entre ra­len­tis­se­ment chi­nois, in­sta­bi­li­té po­li­tique dans plu­sieurs pays, et re­mon­tée du dol­lar et des taux amé­ri­cains. Au coeur de l’été, la Tur­quie, puis l’Ar­gen­tine ont ain­si été se­couées par de sé­vères crises de changes – sans tou­te­fois conta­mi­ner l’en­semble du monde émergent. Dans cet en­vi­ron­ne­ment cha­hu­té, les en­tre­prises du CAC 40 font preuve de ré­sis­tance. Elles ont dans l’en­semble dé­voi­lé de so­lides ré­sul­tats se­mes­triels, as­sor­tis de pers­pec­tives en­cou­ra­geantes (lire l’in­ter­view de Phi­lippe Ku­bi­sa). Ce qui n’a pas em­pê­ché les in­ves­tis­seurs d’être ga­gnés par des pous­sées de stress spo­ra­diques.

Deux risques po­li­tiques ont oc­cu­pé leur es­prit : le Brexit et la si­tua­tion en Ita­lie. La crainte d’une sor­tie du Royaume-Uni sans ac­cord avec l’Union eu­ro­péenne s’est ren­for­cée, no­tam­ment de­puis le re­jet par les Vingt-Sept du plan bri­tan­nique au som­met de Salz­bourg. En Ita­lie, les pre­miers pas du gou­ver­ne­ment po­pu­liste ont aus­si don­né quelques sueurs froides. En août, les deux hommes forts de la coa­li­tion ont dé­fié Bruxelles, Mat­teo Sal­vi­ni (La Ligue) me­na­çant de sus­pendre la contri­bu­tion ita­lienne au bud­get eu­ro­péen et Lui­gi Di Maio (M5S) évo­quant un dé­ra­page du dé­fi­cit pu­blic au-de­là de 3% du PIB. L’ob­jec­tif de 2,4% qui vient d’être dé­voi­lé n’a pas vrai­ment ras­su­ré les mar­chés (lire p. 2).

Un conflit très sui­vi

Mais c’est une autre thé­ma­tique qui a do­mi­né ces der­niers mois : les ten­sions com­mer- ciales. Après la trêve né­go­ciée avec l’Union eu­ro­péenne, puis le com­pro­mis avec le Mexique, les États-Unis ont concen­tré leurs at­taques sur l’em­pire du Mi­lieu. Leur me­nace de taxer 200 mil­liards de dol­lars de biens chi­nois – en plus des 50 mil­liards vi­sés en juillet – a plom­bé de longues se­maines la ten­dance bour­sière. Or, l’an­nonce de sa mise à exé­cu­tion, le 18 sep­tembre, a été très bien ac­cueillie. Les in­ves­tis­seurs ont été sou­la­gés à la fois par le ni­veau de la taxe (10% au lieu des 25% évo­qués) et par la ré- plique mo­dé­rée de la Chine. Leur confiance se­ra- t- elle ébran­lée par la suite des évé­ne­ments ? Wa­shing­ton me­nace de faire grim­per la sur­taxe à 25% en 2019 et de frap­per l’in­té­gra­li­té des im­por­ta­tions chi­noises à plus ou moins brève échéance. Mais les in­ves­tis­seurs res­tent ani­més par l’es­poir que les deux pays apla­nissent leur dif­fé­rend com­mer­cial. Voire qu’une dé­faite du par­ti ré­pu­bli­cain aux élec­tions de mi-man­dat, le 6 no­vembre, af­fai­blisse la main de Do­nald Trump…

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