Com­men­taire

La baisse n’a pas épar­gné les plus belles va­leurs. Les titres en re­tard et moins chers ont mieux ré­sis­té.

Le Revenu - Hebdo Bourse - - La Une - @Ro­mainDionLR

Crois­sance ou dé­cote ?

Chute.

En baisse de plus de 4% de­puis le som­met de douze ans ins­crit le 1er oc­tobre à 5704 points, le CAC 40 a bu­té pour la troi­sième fois sur la zone de forte ré­sis­tance gra­phique si­tuée au­tour des 5 650 points. La chute est ra­pide, ra­me­nant l’in­dice vers sa moyenne mo­bile à deux cents jours si­tuée à 5 318 points. À Wall Street, le S&P 500 se rap­proche lui aus­si de sa moyenne mo­bile qui passe à 2 836 points. Les in­dices doivent te­nir ces ni­veaux clés sous peine de plon­ger da­van­tage. Au sein du CAC 40, les écarts de per­for­mance sou­lignent un com­por­te­ment nou­veau chez les in­ves­tis­seurs. De­puis un mois, les plus fortes baisses concernent des belles va­leurs dites de crois­sance ( growth), dont les cours ont beau­coup mon­té de­puis dix ans : Per­nod Ri­card, Air­bus, So­dexo, Es­si­lorluxot­ti­ca, L’Oréal, Vin­ci, Her­mès et LVMH. À l’in­verse, les pro­gres­sions les plus im­por­tantes ont été en­re­gis­trées par des ac­tions dites dé­co­tées ( va­lue) comme Axa, Saint-Go­bain, Peu­geot, En­gie, Bouygues ou en­core BNP Paribas.

Ro­ta­tion.

Se­lon Em­ma­nuel Cau, chez Bar­clays, la sur­per­for­mance toute nou­velle des va­leurs dé­co­tées (à ne pas confondre avec les cy­cliques) de­vrait se pro­lon­ger dans les pro­chains mois. Le stra­tège pense que les va­leurs de crois­sance sont ren­dues plus vul­né­rables en rai­son d’une sur­ex­po­si­tion des gé­rants et de va­lo­ri­sa­tions ex­trêmes. Ain­si, le PER es­ti­mé à douze mois du growth re­la­tif au va­lue a at­teint dé­but août un re­cord de 1,9 contre un ni­veau mé­dian de­puis quinze ans à 1,4. Dans le pa­nier va­lue construit par Bar­clays ( plus faible va­lo­ri­sa­tion des fonds propres), on trouve des va­leurs comme BMW, Car­re­four, So­cié­té Gé­né­rale, Sanofi, Bouygues, Saint-Go­bain, No­kia, Eni, etc. Dans le pa­nier growth (va­lo­ri­sa­tion des fonds propres au plus haut) fi­gurent des titres comme Adi­das, Her­mès, Mon­cler, Ré­my Coin­treau, Ubi­soft, No­vo Nor­disk, etc.

Cham­pion.

Ca­the­rine Gar­rigues di­rige le fonds Al­lianz Ac­tions Eu­ro Convic­tions, bien clas­sé sur un an (+6%, 32e sur 337 se­lon Quan­ta­lys) et cinq ans (+38%, 29e sur 274). La gé­rante n’in­ves­tit pas en fonc­tion d’un style, crois­sance ou dé­cote, mais en pri­vi­lé­giant la qua­li­té des en­tre­prises. Le coeur du por­te­feuille (55%) est consti­tué des cham­pions de la créa­tion de va­leur. Ces en­tre­prises ont mon­tré sur un cycle d’ac­ti­vi­té qu’elles ne per­daient ja­mais d’ar­gent, qu’elles fai­saient mieux que les concur­rentes et qu’elles étaient bien mieux im­mu­ni­sées contre les grandes crises. Un tiers du por­te­feuille est consti­tué de so­cié­tés «en tran­si­tion», comme Eden­red ou Car­re­four, qui se ré­in­ventent. Une autre par­tie du por­te­feuille ( 15%) est com­po­sée de va­leurs moyennes à fort po­ten­tiel, comme Al­ten. À fin août, les prin­ci­pales po­si­tions du fonds étaient To­tal, SAP, Sanofi, LVMH, Air Li­quide, Uni­le­ver, Al­lianz, Enel, Da­none et Iber­dro­la. Re­trou­vez son en­tre­tien ex­clu­sif sur le­re­ve­nu.com.

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