Le gé­né­reux di­vi­dende en sur­sis

Le Revenu - Hebdo Bourse - - La Une - Johann Cor­ric

Un main­tien du cours de l’or noir vers 30 dol­lars pen­dant plu­sieurs an­nées fi­ni­ra par obli­ger le groupe à ré­duire son di­vi­dende. Mais ce n’est pas le scé­na­rio que nous pri­vi­lé­gions.

Le géant de l’or noir fait face à une crise sans pré­cé­dent. Le prix du ba­ril de Brent s’est ef­fon­dré de 55% en deux mois. Il na­vigue ac­tuel­le­ment à un plus-bas de­puis le pire du krach pé­tro­lier de 2014-2016. La chute étant due à la fois à une baisse de la de­mande et à une hausse de l’offre, la pers­pec­tive de voir le cours de­meu­rer au­tour de 30 dol­lars pour au moins quelques mois est cré­dible. Dans ce contexte, To­tal a an­non­cé des me­sures dras­tiques. Sans sur­prise, le pro­gramme de ra­chat d’ac­tions, qui était at­ta­ché à un prix d’en­vi­ron 60 dol­lars le ba­ril, est stop­pé. Le groupe di­ri­gé par Pa­trick Pouyan­né va aussi ré­duire ses in­ves­tis­se­ments de 3 mil­liards de dol­lars cette an­née et aug­men­ter son pro­gramme d’éco­no­mie de coûts de 500 mil­lions, à 800 mil­lions de dol­lars sur l’exer­cice en cours.

Ces im­por­tants ef­forts ne suf­fi­ront pas à cou­vrir l’en­semble des dé­penses de To­tal dans un en­vi­ron­ne­ment à 30 dol­lars le ba­ril. Pour payer ses 7,5 mil­liards de dol­lars de di­vi­dendes, il man­que­ra en­vi­ron 6 mil­liards de dol­lars de flux de tré­so­re­rie, soit net­te­ment plus que les 3,5 mil­liards d’éco­no­mies an­non­cés. Ce­la ne si­gni­fie pas que To­tal cou­pe­ra son cou­pon. Dans un pre­mier temps, le groupe as­su­me­ra pro­ba­ble­ment une hausse de sa dette nette, pour le mo­ment conte­nue à 20% des fonds propres. Si la fai­blesse des prix per­dure, de nou­velles baisses d’in­ves­tis­se­ments sont en­vi­sa­geables. Un re­tour du paie­ment du di­vi­dende en ac­tions est aussi une op­tion. Un main­tien du cours de l’or noir vers 30 dol­lars pen­dant plu­sieurs an­nées fi­ni­ra pro­ba­ble­ment par obli­ger To­tal à ré­duire son di­vi­dende, mais ce n’est pas le scé­na­rio que nous pri­vi­lé­gions pour le mo­ment. En 2008-2009, le Brent avait re­pris un tiers de sa baisse en moins d’un an. Avec un ba­ril su­pé­rieur à 40 dol­lars, le cou­pon du groupe ne se­rait, se­lon nous, plus en dan­ger. Au cours ac­tuel de l’ac­tion, il offre un ren­de­ment stra­to­sphé­rique de 9%.

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