Les cré­dits et les li­vrets pèsent lourd

Plus four­mis que ci­gales, les Fran­çais épargnent en prio­ri­té sur les li­vrets et rem­boursent leurs dettes au dé­tri­ment des pla­ce­ments en ac­tions.

Le Revenu - Mensuel Placement - - ACTUALITÉS -

En pé­riode de crise, les Fran­çais aug­mentent leur ef­fort d’épargne, eu égard à leur re­ve­nu dis­po­nible (16,1% en 2011, 16,2% au troi­sième tri­mestre 2012).

L’immobilier perd sa pré­émi­nence par­mi les choix d’in­ves­tis­se­ment pour 2013 avec 43% de ci­ta­tion contre 47% dans le pré­cé­dent ba­ro­mètre du Cercle des épar­gnants. S’ils dé­laissent la pierre, ce n’est pas au pro­fit de la Bourse, mais du Li­vret A, ci­té par 43% des son­dés comme pla­ce­ment pri­vi­lé­gié. Sa po­pu­la­ri­té s’ef­frite ce­pen­dant à cause de la baisse de son taux, de 2,25% à 1,75% ce 1er fé­vrier.

Par contraste, le plan d’épargne lo­ge­ment (PEL) re­gagne un peu d’in­té­rêt, son taux res­tant stable à 2,50% (2,11% après pré­lè­ve­ments so­ciaux). Le compte d’épargne lo­ge­ment (CEL) n’y est pour rien: son taux a bais­sé dans le sillage du Li­vret A (à 1,25%, soit 1,06 net).

Lo­gi­que­ment, le taux de dé­ten­tion des cré­dits re­flue à 48,6% fin 2012, après un re­cord à 52,6% en 2008, qui fut son point le plus haut de­puis la créa­tion de l’Ob­ser­va­toire des cré­dits aux mé­nages en 1989, note la Fé­dé­ra­tion ban­caire fran­çaise (FBF). 60% de l’épargne en­glou­tie par le paie­ment des cré­dits Néan­moins, cette dé­crue se li­mite aux prêts à la consom­ma­tion. Le taux de dé­ten­tion de cré­dits à l’ha­bi­tat, lui, continue de pro­gres­ser à 31,4% (contre 31% en 2011), no­tam­ment ce­lui des pri­mo-ac­cé­dants à 23,7%, au plus haut de­puis les an­nées 2000. Ce­ci ex­plique sans doute pour­quoi le taux d’en­det­te­ment des mé­nages reste éle­vé (1 133 mil­lions d’eu­ros, soit 81,9% du re­ve­nu dis­po­nible brut en sep­tembre 2012).

Les men­sua­li­tés de rem­bour­se­ment laissent peu de place à l’épargne fi­nan­cière, qui s’ef­frite en­core à 6,4% au troi­sième tri­mestre 2012 (contre 6,6% en 2011). Et les ac­tions, pé­na­li­sées par les crises pas­sées, ne re­cueillent que 4 à 5% des in­ten­tions d’in­ves­tis­se­ment.

Pour re­mettre l’épargne au ser­vice de l’éco­no­mie et des en­tre­prises, l’as­so­cia­tion Pa­ris Eu­ro­place a ap­pe­lé le 8 fé­vrier à une fis­ca­li­té plus in­ci­ta­tive pour l’in­ves­tis­se­ment en ac­tions. Elle dé­nonce « une ré­gle­men­ta­tion de l’épargne qui dé­cou­rage l’in­ves­tis­se­ment en fonds propres et en res­sources longues des en­tre­prises ».

Gé­rard Mes­tral­let, pré­sident de Pa­ris Eu­ro­place et pré­sident de GDF Suez, de­mande en consé­quence « une ac­tion ur­gente des pou­voirs pu­blics pour re­lan­cer le fi­nan­ce­ment de l’éco­no­mie fran­çaise et amé­lio­rer la com­pé­ti­ti­vi­té de la place fi­nan­cière de Pa­ris.»

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