Se bâ­tir un pa­tri­moine à deux

Sans ca­pi­tal de dé­part, une seule so­lu­tion: re­cou­rir au cré­dit dans des li­mites rai­son­nables. N’ou­bliez pas éga­le­ment que, pour sé­cu­ri­ser votre ave­nir, le choix du contrat de ma­riage est es­sen­tiel.

Le Revenu - Mensuel Placement - - ENQUÊTE - C. F.

La meilleure fa­çon de sé­cu­ri­ser votre ave­nir est de vous bâ­tir un so­lide pa­tri­moine. Pour y ar­ri­ver, pas be­soin for­cé­ment d’épar­gner sous après sous. Le Re­ve­nu a tou­jours prô­né un juste équilibre entre épargne et consom­ma­tion. Il faut avoir le bon état d’es­prit, vou­loir se consti­tuer un ca­pi­tal pour se mettre à l’abri du be­soin et pou­voir, un jour, en pro­fi­ter plei­ne­ment. La chance suit. À condi­tion de sa­voir la pro­vo­quer. Et d’agir avec mé­thode.

Un pa­tri­moine ne peut se construire que par étapes. Com­men­cez par vous do­ter d’une épargne de pré­cau­tion. Pour faire face aux coups durs, pla­cez l’équi­valent de trois mois de re­ve­nus sur des li­vrets ban­caires. Puis, ache­tez un toit pour votre fa­mille. En­fin, di­ver­si­fiez vos pla­ce­ments. C’est la seule re­com­man­da­tion du­rable que l’on puisse don­ner au­jourd’hui dans un en­vi­ron­ne­ment où le risque prend plus que jamais de mul­tiples formes. Quels que soient votre âge et votre aver­sion aux risques, dé­te­nez, en fonc­tion de

vos moyens, de l’immobilier lo­ca­tif, des ac­tions, des obli­ga­tions et des pro­duits mo­né­taires. À long terme, vous ne pou­vez être que ga­gnant, parce que ces types de pla­ce­ments ne réa­lisent pas de bonnes ou mau­vaises per­for­mances en même temps.

Gé­rer ses af­faires soi-même est l’une des clés du suc­cès

Bien sûr, il y des vi­rages à bien né­go­cier. Le choix du contrat de ma­riage est es­sen­tiel. Il doit être adap­té à votre si­tua­tion: âge, ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle, pré­sence ou non d’en­fants d’une pré­cé­dente union, écart de re­ve­nus et de pa­tri­moine avec votre conjoint… Par exemple, beau­coup né­gligent la do­na­tion entre époux. Cet acte no­ta­rié peu coû­teux (comp­tez quelques cen­taines d’eu­ros) aug­mente les droits du conjoint, c’es­tà-dire la part de votre hé­ri­tage qui lui re­vient. Avec des en­fants com­muns, par exemple, les droits lé­gaux du conjoint sont égaux au quart en pleine pro­prié­té ou la to­ta­li­té de l’usu­fruit. Avec une do­na­tion au der­nier vi­vant, les droits du conjoint de­viennent: la moi­tié en pleine pro­prié­té ou le quart en pleine pro­prié­té et les trois quarts en usu­fruit. Si vous n’êtes pas ma­rié, ré­di­gez un tes­ta­ment. Si vous ne le faites pas, votre par­te­naire n’hé­ri­te­ra pas de vos biens.

Sans ca­pi­tal de dé­part, le re­cours au cré­dit, in­sis­tons, est un pas­sage obli­gé. Vous pro­fi­te­rez d’un « ef­fet de le­vier » : si vous in­ves­tis­sez 100 eu­ros dans un lo­ge­ment dont la va­leur pro­gresse de 30%, vous ga­gne­rez 30 eu­ros. Mais si vous in­ves­tis­sez 200 dont 100 em­prun­tés, vous ga­gne­rez 60 eu­ros (moins les frais ban­caires), soit 30 eu­ros de plus. At­ten­tion, vous de­vez être en me­sure de rem­bour­ser les banques si les lo­ca­taires ne paient plus et/ou si vous per­dez votre em­ploi.

Pour aug­men­ter vos gains en pre­nant des risques me­su­rés, res­tez rai­son­nable sur les mon­tants em­prun­tés. Nous vous conseillon­s de re­cou­rir à un

“Le ma­riage est pro­tec­teur : en cas de dé­cès, le sur­vi­vant hé­rite du dé­funt et touche une pen­sion de ré­ver­sion, sous condi­tions. Le Pacs n’as­sure qu’une pro­tec­tion mi­ni­male au par­te­naire.”

Les gains des pla­ce­ments ga­ran­tis étant très faibles, il faut ac­cep­ter de prendre des risques me­su­rés.

cré­dit amor­tis­sable clas­sique. Mé­fiez-vous des mon­tages, sou­vent pro­po­sés, qui al­lient un prêt in fine et un contrat d’as­su­rance vie mul­ti­sup­port cen­sé vous per­mettre de rem­bour­ser le ca­pi­tal de votre cré­dit une fois ce der­nier ar­ri­vé à échéance. Neuf fois sur dix le ca­pi­tal du contrat est in­suf­fi­sant parce que les si­mu­la­tions ont été réa­li­sées sur la base d’un taux de ren­de­ment de l’épargne trop op­ti­miste et l’em­prun­teur, in­ca­pable de faire face à ses en­ga­ge­ments vis-à-vis des banques, se re­trouve en grande dif­fi­cul­té fi­nan- cière. Ne vous lais­sez pas leur­rer par les pro­messes d’ha­biles ven­deurs qui pensent sur­tout à eux.

Der­nier conseil: pre­nez vos fi­nances per­son­nelles en main! Le sui­vi de vos pla­ce­ments ne doit pas for­cé­ment de­ve­nir une pas­sion. Deux heures par se­maine suf­fisent pour ef­fec­tuer vos ar­bi­trages. Elle est loin l’époque où l’on s’en­ri­chis­sait en dor­mant. En 2013, pour vous bâ­tir un pa­tri­moine, vous de­vez pro­cé­der ré­gu­liè­re­ment à des ajus­te­ments tac­tiques, en res­tant fi­dèle à votre stra­té­gie de long terme.

Paul-An­dré Soreau, no­taire à Pa­ris.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.