Le PEE est ac­ces­sible aux in­dé­pen­dants

Avis d’ex­pert

Le Revenu - Mensuel Placement - - ENQUÊTE -

Les tra­vailleurs non sa­la­riés (TNS) et les chefs d’en­tre­prise non ti­tu­laires d’un contrat de travail TNS (gé­rants ma­jo­ri­taires) ou as­si­mi­lés sa­la­riés (pré­sident de SAS) peuvent bé­né­fi­cier du dis­po­si­tif avan­ta­geux de l’épargne sa­la­riale tout comme leur conjoint col­la­bo­ra­teur ou as­so­cié. Comment ? En ou­vrant un PEE ou PEI (plan d’épargne in­ter­en­tre­prises) et un Per­co ou un Per­coi (plan d’épargne re­traite col­lec­tif in­ter­en­tre­prises), puis en ins­tal­lant un mé­ca­nisme d’abon­de­ment dans les plans, dé­clen­ché par des ver­se­ments vo­lon­taires ou un ac­cord d’in­té­res­se­ment. “Il suf­fit d’avoir au moins un sa­la­rié, même à temps par­tiel, 250 au plus, et de res­pec­ter le ca­rac­tère col­lec­tif des plans (ou­ver­ture à tous les sa­la­riés) et les mo­da­li­tés d’at­tri­bu­tion des primes ou­vertes par la ré­gle­men­ta­tion”, ex­plique Jé­rôme De­deyan, pré­sident de De­bo­ry Eres. Voi­ci deux exemples chif­frés (ré­su­més dans notre ta­bleau) : – Chef d’en­tre­prise sa­la­rié. Pour un bud­get de sa so­cié­té de 1000 eu­ros, en cas d’abon­de­ment, celle-ci n’ac­quitte que 167 eu­ros de for­fait so­cial. En tant que sa­la­rié, il échappe aux Pré­lè­ve­ments pour 1 000 € dé­pen­sés par l’en­tre­prise en…

For­fait so­cial (en­tre­prise)

Charges sa­la­riales (sa­la­rié)

CSG et CRDS (sa­la­rié) Im­pôt sur le re­ve­nu (sa­la­rié, ici taux de 30 %) Gain pour le sa­la­rié ou le tra­vailleur non sa­la­rié

– charges sa­la­riales et à l’im­pôt sur le re­ve­nu des per­sonnes phy­siques, mais pas à la CSG CRDS (67 eu­ros). Il en­caisse 766 eu­ros nets de pré­lè­ve­ments fis­caux et so­ciaux, contre 385 eu­ros si l’en­tre­prise lui avait ver­sé un sa­laire. – Tra­vailleur non sa­la­rié. S’il dé­clare 1000 eu­ros au titre des bé­né­fices non com­mer­ciaux, il ac­quitte 231 eu­ros de charges pa­tro­nales, 62 eu­ros de CSG CRDS et 195 eu­ros d’im­pôt sur le re­ve­nu (avec un taux mar­gi­nal d’im­po­si­tion de 30 %). Au bout du compte, il n’en­caisse que 512 eu­ros. S’il consacre la même somme à l’abon­de­ment, il conserve une épargne de 766 eu­ros. Le chef d’en­tre­prise ou le TNS bé­né­fi­cient ain­si à bon compte de l’abon­de­ment sur le PEE (jus­qu’à 300 % des sommes ver­sées à titre per­son­nel, dans la li­mite de 8 % du Pass (pla­fond de la Sé­cu­ri­té so­ciale), soit 3004 eu­ros par bé­né­fi­ciaire en 2014). Ce à quoi peut s’ajou­ter un abon­de­ment au Per­co (à condition d’avoir un PEE, dans la li­mite de 16 % du Pass, soit 6008 eu­ros en 2014). À lui seul, l’abon­de­ment au Per­co oc­troie à l’en­tre­pre­neur un avan­tage fis­cal consi-

103€

55€

Les sommes ver­sées dans le cadre de l’abon­de­ment échappent à l’im­pôt

Sa­laire Bé­né­fices non Abon­de­ment

com­mer­ciaux du PEE

Charges pa­tro­nales (en­tre­prise) 310 €

147 €

385 €

231€

62€

195€

512 €

167 €

67€

766 € Jé­rôme De­deyan, pré­sident de De­bo­ry Eres, ges­tion­naire d’épargne sa­la­riale, groupe Ge­ne­ra­li. dé­rable, avec avan­tage de pou­voir ré­cu­pé­rer le ca­pi­tal à la re­traite (ou avant pour ache­ter sa ré­si­dence prin­ci­pale). En­fin, rien n’in­ter­dit de cu­mu­ler avec un contrat Ma­de­lin (lire p. 18). L’ali­men­ta­tion des plans à par­tir des primes d’in­té­res­se­ment s’ef­fec­tue dans la li­mite de 50 % du Pass (18774 eu­ros en 2014) et l’ali­men­ta­tion à par­tir de la par­ti­ci­pa­tion dans la li­mite de 75 % du Pass (28161 eu­ros en 2014). Dans ce cas, il faut au maxi­mum 49 sa­la­riés pour que le TNS ou chef d’en­tre­prise en bé­né­fi­cie. Conclu­sion : dans le cadre de leur ré­flexion sur la pré­voyance et la pré­pa­ra­tion de la re­traite, les ar­ti­sans, com­mer­çants et pro­fes­sions li­bé­rales ne peuvent pas faire l’im­passe sur l’épargne sa­la­riale. Se­lon les cas, PEE et Per­co peuvent être com­bi­nés à d’autres dis­po­si­tifs (as­su­rance vie, Ma­de­lin, Perp…).

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.