3 so­lu­tions pour fi­nan­cer les études de vos en­fants

Il n’y a pas que le prêt étu­diant. Pour payer les frais de sco­la­ri­té, tou­jours plus éle­vés, n’hé­si­tez pas à pui­ser dans votre épargne, avec dis­cer­ne­ment. Nos conseils pour in­ves­tir dans l’éducation de vos en­fants sans vous rui­ner.

Le Revenu - Mensuel Placement - - ENQUÊTE -

Droits d’ins­crip­tion en hausse, al­lon­ge­ment de la du­rée des cur­sus uni­ver­si­taires… les études su­pé­rieures coûtent de plus en plus cher. Les pa­rents ont donc tout in­té­rêt à op­ti­mi­ser les sources de fi­nan­ce­ment, épargne et em­prunt, ain­si que la fis­ca­li­té.

Si vos li­qui­di­tés ne suf­fisent pas, ou si vous ne vou­lez pas pui­ser dans vos pro­duits d’épargne, n’hé­si­tez pas à lais­ser votre en­fant em­prun­ter, car les étu­diants peuvent ob­te­nir des prêts à des taux in­fé­rieurs à 3 %.

Vous pou­vez aussi prê­ter à votre en­fant en éta­blis­sant une re­con­nais­sance de dette sur feuille libre (sous seing pri­vé). Sans ou­blier de la dater, de la

si­gner et de la re­mettre au fisc. Ce qui peut être le pré­lude à d’éven­tuelles do­na­tions.

UN COUP DE POUCE FIS­CAL

Con­fron­tez aussi le bud­get de votre étu­diant et votre im­po­si­tion sur le re­ve­nu: la di­mi­nu­tion du pla­fond de la de­mi­part fis­cale ac­cor­dée aux en­fants rat­ta­chés à votre foyer fis­cal à 1 500 eu­ros peut conduire les pa­rents im­po­sés à 30, 41 ou 45 % à dé­ta­cher leur en­fant de leur foyer pour leur ver­ser une pen­sion dont ils peuvent dé­duire jus­qu’à 5698 eu­ros de leurs re­ve­nus. Sur­tout s’il a pas­sé 20 ans et ne vous donne plus droit aux al­lo­ca­tions fa­mi­liales. Et ce, même si vous lo­gez en­core votre en­fant, car une part de cette pen­sion peut être don­née en na­ture. “Si vous hé­ber­gez l’étu­diant, vous avez droit à un for­fait de dé­duc­tion de 3 386 eu­ros”, re­lève Na­tha­lie Cou­zi­gou-Su­has, no­taire à Pa­ris. En outre, la pen­sion dé­duc­tible peut être dou­blée si le jeune est ma­rié ou pac­sé et si vous as­su­mez l’en­tre­tien du couple. De son cô­té, l’étu­diant ins­crit dans sa dé­cla­ra­tion de re­ve­nus la somme dé­duite par ses pa­rents (lire la tri­bune libre page 35).

Pour les pa­rents for­te­ment im­po­sés et sou­mis à l’ISF, une autre astuce fis­cale, consiste à don­ner l’usu­fruit d’un bien,

qui sor­ti­ra de l’ISF, et dont le re­ve­nu sort aussi du re­ve­nu im­po­sable. Les grand­spa­rents peuvent pro­cé­der au même mon­tage.

Les grands-pa­rents peuvent, comme les pa­rents, faire des dons exo­né­rés de droits de trans­mis­sion, pour des mon­tants moins im­por­tants mais suf­fi­sants pour prendre en charge tout ou par­tie d’un cur­sus.

PRÉ­SER­VER L’ÉQUI­TÉ ENTRE VOS EN­FANTS

Rap­pe­lons les prin­cipes: les pa­rents sont te­nus d’as­su­mer les dé­penses d’en­tre­tien cou­rantes de leurs en­fants et sont libres de les ai­der sans né­ces­si­té d’éga­li­té de trai­te­ment. Mais si vous al­lez au-de­là de cette obli­ga­tion na­tu­relle en fi­nan­çant de coû­teuses études à l’étran­ger à l’un tan­dis que l’autre doit se conten­ter de la fa­cul­té voi­sine, vous pre­nez le risque de faire naître des ja­lou­sies.

« Il est conseillé, pour la paix des fa­milles, de pré­ser­ver une cer­taine équi­té », in­siste Me Jacques Ben­ha­mou. En cas de fortes dis­pa­ri­tés, il pré­co­nise des do­na­tions-par­tages. Prê­tez les sommes né­ces­saires à ce­lui qui en a be­soin, puis en­glo­bez le ou les prêts dans une do­na­tion-par­tage qui ré­équi­li­bre­ra la ba­lance.

Même les grands- pa­rents qui n’ont qu’un seul pe­ti­ten­fant gagnent à bien fi­ce­ler les opé­ra­tions. « Je conseille tou­jours d’in­clure des clauses de re­tour conven­tion­nel dans les do­na­tions des grand­spa­rents, sou­ligne Na­tha­lie Cou­zi­gou-Su­has. Des ré­ac­tions in­con­trô­lées en cas de dé­cès du do­na­taire et des dis­sen­sions entre grands-pa­rents et belle-fille ou gendre peuvent ap­pa­raître. » N’hé­si­tez pas à consul­ter un no­taire.

ALINE FAUVARQUE

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