“Comment ré­équi­li­brer notre pa­tri­moine ?”

Le Revenu - Mensuel Placement - - À RETENIR CE MOIS-C - CH­RIS­TIAN FON­TAINE

Chaque jour, des Fran­çais partent s’ins­tal­ler à l’étran

ger. Mais il y en a aus­si qui re­viennent. Thier­ry et Ma­rie font par­tie de cette ca­té­go­rie. Pen­dant qua­rante ans, ils ont sillon­né la pla­nète au gré des mu­ta­tions de Thier­ry, in­gé­nieur en pro­jet agroa­li­men­taire dans un groupe an­glo­saxon. Après avoir en­vi­sa­gé de prendre leur re­traite à Abou Da­bi, ils ont fi­na­le­ment dé­ci­dé de ren­trer au pays. Pas en Pi­car­die, d’où ils sont ori­gi­naires, mais en ré­gion pa­ri­sienne.

Le choc du re­tour fut bru­tal. Le couple, ha­bi­tué à la vie tré­pi­dante des ex­pa­triés dans des pays par­fois po­li­ti­que­ment in­stables, a dû ré­ap­prendre les joies et les contrainte­s d’un quo­ti­dien plus rou­ti­nier. Entre deux séances de fit­ness et d’aqua­gym, Ma­rie re­trouve le plai­sir de dé­am­bu­ler dans les ave­nues chics de la ca­pi­tale. Pen­dant qu’elle ouvre tout grand son porte-mon­naie chez Her­mès, Bur­ber­ry ou Dior, son ma­ri est chez Cas­to­ra­ma! Thier­ry, pas­sion­né de bri­co­lage, passe ses jour­nées à re­faire le plan­cher de la chambre de leur pe­tit-fils. Le couple a deux filles fi­nan­ciè­re­ment in­dé­pen­dantes: Sa­bine, phar­ma­cienne à Nice, et Ka­thy, as­sis­tante de re­cherche dans une uni­ver­si­té bri­tan­nique. Ils ont été ex­pa­triés pen­dant trois dé­cen­nies et leur par­cours pa­tri­mo­nial est for­cé­ment aty­pique. Comme de nom­breux cadres qui partent s’ins­tal­ler à l’étran­ger, ils ont tou­jours gar­dé un point de chute en France. Pour les va­cances.

Concer­nant les pla­ce­ments fi­nan­ciers, Thier­ry a joué pen­dant des an­nées la carte de son en­tre­prise en ache­tant des titres mai­son (à des condi­tions pré­fé­ren­tielles) dès qu’il en avait l’oc­ca­sion. Sa vie de contri­buable était aus­si hors norme puisque son sa­laire était net d’im­pôts. Son em­ployeur se char­geait des re­la­tions avec les ad­mi­nis­tra­tions fis­cales fran­çaises et étran­gères. D’où le choc quand, en 2011, il a dû payer di­rec­te­ment taxe fon­cière, taxe d’ha­bi­ta­tion, im­pôt sur le re­ve­nu et ISF.

Pré­pa­rer la trans­mis­sion des biens sans se pri­ver

Thier­ry nous a contac­tés pour que nous l’ai­dions à « nor­ma­li­ser » son pa­tri­moine. Ins­tal­lé en France de­puis cinq ans, il a les pré­oc­cu­pa­tions des cadres ai­sés à la re­traite: trans­mettre à ses en­fants en conser­vant as­sez pour vivre, et sur­tout ré­duire le poids de l’im­pôt. Pour les conseiller, nous avons ana­ly­sé leurs re­ve­nus, dé­penses, ac­tifs et dettes. Conclu­sion: ils dis­posent des moyens fi­nan­ciers pour me­ner la vie de li­ber­té à la­quelle ils as­pirent tout en at­tei­gnant leurs ob­jec­tifs pa­tri­mo­niaux. À condi­tion de mieux les hié­rar­chi­ser. Com­men­çons par un état des lieux. Le couple pos­sède deux vil­las: l’une dans les Yve­lines et l’autre dans le Var. Il est aus­si pro­prié­taire d’un ap­par­te­ment à la mon­tagne. Le reste

du pa­tri­moine se com­pose de li­vrets, d’un compte-titres, d’un PEA, d’as­su­rances vie et d’un plan d’épargne d’en­tre­prise (PEE).

Pré­co­ni­sa­tion n° 1 Cé­der leur vil­la

Le Re­ve­nu aime la pierre. Mais l’im­mo­bi­lier est aus­si un ac­tif lourd à gé­rer quand on prend de l’âge. Sur­tout, il est très taxé. Nos sug­ges­tions: vendre le pied-à-terre des Deux-Alpes qu’ils uti­lisent peu. Ils de­vraient en ti­rer 130000 eu­ros. Se­conde re­com­man­da­tion: cé­der la mai­son des Yve­lines et faire de leur ré­si­dence se­con­daire leur ré­si­dence prin­ci­pale. Ils vi­vraient ain­si au so­leil toute l’an­née, à quelques ki­lo­mètres de leur pe­tit-fils et de leur fille aî­née. Et ils éco­no­mi­se­raient les frais d’en­tre­tien et im­pôts lo­caux d’une mai­son bour­geoise. Ils sont sen­sibles à nos ar­gu­ments.

Que faire du pro­duit de ces ventes, soit 830000 eu­ros (130000 eu­ros de l’ap­par­te­ment + 700000 eu­ros de la mai­son)? En fait, la somme à in­ves­tir est de 950 000 eu­ros. Car il y a 120000 eu­ros sur le compte-cou­rant.

Pré­co­ni­sa­tion n° 2 Faire des do­na­tions sans trop se dé­mu­nir

Or­ga­ni­ser la trans­mis­sion de ses biens de son vi­vant li­mite les risques de que­relles entre hé­ri­tiers et ré­duit leurs droits de suc­ces­sion. L’idéal est de réa­li­ser une do­na­tion à ses en­fants vers 55 ans et une autre vers 70 ans de fa­çon à bé­né­fi­cier deux fois de l’abat­te­ment de 31865 eu­ros (ré­ser­vé aux dons de sommes d’ar­gent) et de ce­lui de 100000 eu­ros (sommes d’ar­gent, titres, biens im­mo­bi­liers) entre des­cen­dants en ligne di­recte qui se re­nou­vellent tous les quinze ans. Thier­ry et Ma­rie ont dé­jà pro­fi­té de l’abat­te­ment de 31865 eu­ros. Nous leur sug­gé­rons de ti­rer par­ti de ce­lui de 100000 eu­ros. At­ten­tion, cet abat­te­ment s’en­tend par pa­rent et par en­fant. Nos lec­teurs peuvent donc en­core trans­mettre en­vi­ron 200000 eu­ros à cha­cune de leurs filles en exo­né­ra­tion to­tale de droits de suc­ces­sion. Que don­ner? L’ar­gent is­su de la vente des biens im­mo­bi­liers est la so­lu­tion la plus simple. Mais il y a mieux à faire: trans­mettre les ac­tions dé­te­nues sur le compte-titres, qui affiche 124 000 eu­ros au comp­teur, soit 62 000 eu­ros à cha­cune des filles. In­té­rêt de l’opé­ra­tion : échap­per en toute lé­ga­li­té à l’im­pôt sur la plus­va­lue. Le couple com­plé­te­rait par de l’ar­gent li­quide. Fai­sons les comptes. Thier­ry et Ma­rie avaient 950000 eu­ros à pla­cer. S’ils donnent 138000 eu­ros en li­qui­di­tés à cha­cune de leurs filles, le mon­tant qui reste à in­ves­tir se­ra de 674000 eu­ros.

Pré­co­ni­sa­tion n° 3 Se do­ter d’une épargne so­lide et di­ver­si­fiée

Un cadre de 65 ans en bonne san­té a une es­pé­rance de vie de près de vingt ans. Il n’est pas ques­tion donc de pla­cer 100% de leurs dis­po­ni­bi­li­tés dans des pla­ce­ments sûrs, d’au­tant que ces der­niers rap­portent moins qu’au­tre­fois. La Bourse doit re­pré­sen­ter en­vi­ron 20% de leurs ac­tifs. Compte te­nu des 100000 eu­ros en ac­tions dans le PEE, nous sug­gé­rons de ver­ser 100000 eu­ros au PEA et d’acheter cinq tra­ckers, fonds in­di­ciels co­tés en Bourse: Amun­di MSCI World (à hau­teur de 50%), Lyxor Eu­ro Stoxx 50 (20%), Ea­sy ETF CAC 40 (20%) et Lyxor MSCI Emer­ging Mar­kets (10%).

Le solde (574000 eu­ros) se­rait in­ves­ti dans le fonds en eu­ros de contrats

d’as­su­rance vie Tro­phées d’Or du Re­ve­nu. En ef­fet, le fonds en eu­ros reste le pla­ce­ment sans risques le plus ren­table du mar­ché.

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