Banc d’es­sai du mois Les nou­velles offres des banques en ligne

Le Revenu - Mensuel Placement - - SOMMAIRE - ALINE FAUVARQUE

U

ne nou­velle banque mo­bile doit bien­tôt dé­bar­quer sous les cou­leurs de l’opé­ra

teur té­lé­pho­nique Orange. Le lan­ce­ment d’Orange Bank va-til convaincre les Fran­çais, très ré­cal­ci­trants à l’idée de quit­ter le confort d’un ré­seau de proxi­mi­té pour une banque ex­clu­si

ve­ment en ligne ? Ses ar­gu­ments: une carte gra­tuite, des « am­bas­sa­deurs » dans les bou­tiques de té­lé­pho­nie et les fonc­tions des « néo­banques » – éta­blis­se­ments uni­que­ment ac­ces­sibles par mo­bile – les plus in­no­vantes, telles que l’af­fi­chage des opé­ra­tions en temps réel, l’ou­ver­ture d’un compte to­ta­le­ment dé­ma­té­ria­li­sée sur mo­bile en scan­nant ses pa­piers d’iden­ti­té. Un simple SMS per­met­tra de trans­fé­rer de l’ar­gent à ses

proches. Et le paie­ment sans contact fonc­tion­ne­ra d’em­blée sur les mo­biles Apple et sous An­droid.

Le Free de la banque existe dé­jà

La Banque Pos­tale pré­voit aus­si de lan­cer une banque mo­bile en 2018 avec l’aide de la plate-

forme de fi­nan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif Kiss­kiss­bank­bank. La ré­ponse du ber­ger aux Fin­tech, ces jeunes so­cié­tés tech­no­lo­giques qui pié­tinent al­lè­gre­ment les plates-bandes des banques en lan­çant des ser­vices de paie

ment no­va­teurs, à l’ins­tar de l’al­le­mande N26, néo­banque qui veut gran­dir en France, ou du Compte-Ni­ckel (ra­che­té par BNP Pa­ri­bas). Pour cou­ron­ner le tout, Pa­trick Dra­hi, prin­ci­pal ac­tion­naire de SFR et fon­da­teur du groupe Al­tice, a dé­cla­ré qu’il lan­ce­rait Al­tice Bank fin 2018 ou 2019 avec un par­te­naire très in­no­vant.

Tout laisse donc pré­sa­ger un re­dou­ble­ment de concur­rence. Orange Bank vise 2 mil­lions de clients en 2024. Mo­deste eu égard aux 26 mil­lions de clients d’Orange dans la té­lé­pho­nie ou aux 75 mil­lions de comptes ban­caires fran­çais. Mais co­hé­rent avec le dé­ve­lop­pe­ment des banques en ligne éta­blies: Bour­so­ra­ma Banque (groupe So­cié­té Gé­né­rale) et ING Di­rect comptent dé­jà plus d’un

mil­lion de clients. Ces der­nières n’en­tendent pas se lais­ser faire. « Le Free de la banque, c’est nous », re­ven­dique Ma­rie Che­val, di­rec­trice gé­né­rale

de Bour­so­ra­ma, en écho aux dé­cla­ra­tions du PDG d’Orange, Sté­phane Ri­chard, qui avait lâ­ché le mot pour illus­trer son am­bi­tion.

Des frais in­fé­rieurs à 50 eu­ros par an

Pour dé­fendre leurs po­si­tions et ac­cé­lé­rer leur crois­sance, les banques en ligne, de­ve­nues les avant-postes des banques de ré­seau qui les ont ra­che­tées ou créées, mul­ti­plient les offres de par­rai­nage et de bien­ve­nue ( ➠ lire page sui­vante).

Voi­là l’oc­ca­sion de faire le point : un ser­vice en ligne à frais ré­duits vous convient-il? Vou­lez-vous dis­po­ser des der­nières in­no­va­tions mo­biles ? Inu­tile d’at­tendre l’es­sor des néo­banques. Les banques en ligne ac­tuelles per­mettent la ma­jo­ri­té des opé­ra­tions avec un mo­bile et elles n’ont pas fi­ni d’amé­lio­rer leur offres. Bour­so­ra­ma, no­tam­ment, per­met de consul­ter ses comptes ex­ternes et de conser­ver ses

La banque en ligne per­met dé­jà de tout faire sur son mo­bile : aug­men­ter son dé­cou­vert au­to­ri­sé, pas­ser des ordres de Bourse, re­ce­voir des no­ti­fi­ca­tions…” Be­noît Gri­so­ni Di­rec­teur gé­né­ral ad­joint de Bour­so­ra­ma Banque.

fac­tures dans son agré­ga­teur gra­tuit.

L’éco­no­mie sur les frais est sub­stan­tielle. En moyenne, les clients laissent 229 eu­ros par an

à leur banque pour les ser­vices de banque au quo­ti­dien, cal­cule l’ap­pli­ca­tion de consul­ta­tion de comptes ban­caires Ban­kin’ sur la base des frais consta­tés ef­fec­ti­ve­ment ponc­tion­nés sur 300000 comptes d’uti­li­sa­teurs de l’ap­pli­ca­tion. En re­vanche, les clients des banques en ligne ac­quittent en moyenne entre 5 eu­ros (BforBank) et 50 eu­ros (Axa Banque), se­lon son re­le­vé.

Plus de 60% des clients de Bour­so­ra­ma Banque et de For­tu­neo n’ont ac­quit­té au­cun frais sur leur compte ban­caire l’an der­nier. Ils sont exemp­tés de frais de te­nue de compte, de plus en plus ré­pan­dus dans les banques de ré­seau (près de 20 eu­ros en moyenne). Ils n’ac­quittent pas de co­ti­sa­tion de Carte bleue ni de com­mis­sions pour dé­pas­se­ment de dé­cou­vert (pla­fon­nées à 8 eu­ros). Les agios sont eux aus­si moins éle­vés.

ING Di­rect, Bour­so­ra­ma et For­tu­neo offrent même l’as­su­rance des moyens de paie­ment (sur ceux qu’elles émet-

tent). À ce ta­rif, seule For­tu­neo af­firme être ren­table, grâce à son ac­ti­vi­té d’épargne. En contre­par­tie, ces banques ont pla­cé la gra­tui­té de la carte sous

condi­tion. Comme les banques se ré­mu­nèrent par les com­mis­sions sur les achats par carte, BforBank im­pose à ses clients de réa­li­ser au mi­ni­mum trois paie­ments par tri­mestre. Si­non, il vous en coûte 15 eu­ros par tri­mestre. Même phi­lo­so­phie chez Axa Banque.

Des re­traits gra­tuits sans li­mite

De son cô­té, ING Di­rect a re­le­vé à 1200 eu­ros les re­ve­nus à do­mi­ci­lier chaque mois (au lieu de 750) pour bé­né­fi­cier de la Gold Mas­ter­card gra­tuite, à moins de dis­po­ser de 5000 eu­ros d’épargne. De­puis avril 2016, la banque fac­ture 5 eu­ros par mois en cas de non-res­pect de ces condi­tions.

Autre avan­tage des banques en ligne: l’ab­sence de frais sur les re­traits aux dis­tri­bu­teurs

alors que le coût des re­traits hors ré­seau ne cesse de croître dans les banques clas­siques. Seuls les frais de re­trait hors zone eu­ro sont fac­tu­rés, à des taux souvent moindres (1,95 à 2%) que dans les banques clas

siques. Bien sûr, les éta­blis­se­ments qui ne fac­turent pas les re­traits dans leur ré­seau in­ter­na­tio­nal en font pro­fi­ter les clients de leur banque en ligne, à l’image de BNP Pa­ri­bas pour Hel­lo bank! et du Cré­dit Mu­tuel pour Mo­na­banq. Des li­vrai­sons de li­quide si be­soin Les chi­neurs ne man­que­ront pas de li­qui­di­tés avant une bro­cante. Il suf­fit de re­le­ver soi-même en ligne, de ma­nière tem­po­raire ou per­ma­nente, ses pla­fonds de re­traits et paie­ments. « La ré­ponse se­ra ins­tan­ta­née se­lon ce que dé­tecte l’al­go­rithme », ex­plique Be­noît Gri­so­ni, di­rec­teur gé­né­ral ad­joint de Bour­so­ra­ma Banque.

Cet éta­blis­se­ment pro­pose aus­si des li­vrai­sons d’ar­gent li­quide et de de­vises à do­mi­cile (coût: 17 eu­ros). De même, BforBank (groupe Cré­dit Agri­cole) pré­voit la pos­si­bi­li­té de de­man­der un re­trait ex­cep­tion­nel (5 eu­ros) ou un dé­pan­nage en li­quide en cas de

perte de la carte (70 eu­ros). Hel­lo bank! per­met des re­traits aux gui­chets du ré­seau BNP Pa­ri­bas.

Au­cune banque n’étant to­ta­le­ment gra­tuite, vous li­rez bien les ta­rifs pour cher­cher les ser

vices payants. Mais pour les clients ai­sés, le prin­ci­pal in­té­rêt des banques en ligne ré­side dans l’offre d’épargne. Bour­so­ra­ma, For­tu­neo (groupe Cré­dit Mu­tuel Ar­kéa) et ING Di­rect, entre autres, dis­tri­buent des contrats d’as­su­rance vie ré­com­pen­sés par un Tro­phée d’Or du Re­ve­nu.

Ces éta­blis­se­ments donnent ac­cès au plus large choix de Si­cav et de fonds, souvent sans frais. BforBank, qui vient de re­fondre son ap­pli­ca­tion Bourse, pro­pose ain­si près de 2 000 fonds de 80 so­cié­tés de ges­tion fran­çaises et in­ter­na­tio­nales sans frais d’en­trée.

Ces banques ont en outre po­pu­la­ri­sé la ges­tion sous man­dat grâce à des offres de ges­tion pi­lo­tée très com­pé­ti­tives. Les frais de ges­tion sur un contrat d’as­su­rance vie pi­lo­té ne sont souvent ma­jo­rés que de 0,20% par an par rap­port à une ges­tion clas­sique. Chez ING Di­rect, par exemple, ils passent de 0,75% à 0,95%. Des gé­rants confir­més à moindres frais

Les man­dats sont confiés à de grands gé­rants de la place. Bour­so­ra­ma les pro­pose éga­le­ment sur un compte-titres presque aus­si fa­cile à uti­li­ser

qu’un li­vret ban­caire. Dès 50 eu­ros d’épargne, vous choi­sis­sez un pro­fil et pou­vez faire au­tant d’al­lers et re­tours que vou­lu sans frais (mais fis­ca­li­sés). Les adeptes de la ges­tion en di­rect peuvent pla­cer des alertes gra­tuites sur leurs opé­ra­tions ban­caires et bour­sières et sur les cours de Bourse.

Les cré­dits sont aus­si très com­pé­ti­tifs. Les prêts im­mo­bi­liers, no­tam­ment, ont des ca­rac­té­ris­tiques très in­téres - santes, comme l’ab­sence de frais de rem­bour­se­ment an­ti­ci­pé. Avec la pos­si­bi­li­té de faire des si­mu­la­tions en ligne et d’ob­te­nir des réponses dans des dé­lais très courts.

Vous crai­gnez de ne pas trou­ver comment faire des vi­re­ments, re­trou­ver vos dé­cla­ra­tions sur IFU (im­pri­mé fis­cal unique)? Les banques en ligne ont fait d’énormes ef­forts en ma­tière d’er­go­no­mie, adap­tant la pré­sen­ta­tion de leur site au mode de consul­ta­tion: mo­bile, ta­blette ou or­di­na­teur. Des conseiller­s sont joi­gnables par té­lé­phone tous les jours, sauf le di­manche, et tard le soir, et même 24 heures sur 24 chez Axa Banque. Les ap­pels ne sont pas sur­taxés.

En re­vanche, cer­taines opé­ra­tions gra­tuites par In­ter­net sont

payantes par té­lé­phone, comme les vi­re­ments (3 à 5 eu­ros se­lon la banque). « Quand un client nous ap­pelle pour une opé­ra­tion qui peut être faite en ligne, nous lui in­di­quons comment la réa­li­ser ou, s’il sou­haite que nous l’exé­cu­tions pour lui, nous lui en in­di­quons le ta­rif », ex­plique Gré­go­ry Guer­mon­prez, di­rec­teur France de For­tu­neo.

En­fin, l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle per­met d’en­voyer le bon mes­sage au bon mo­ment, pour in­for­mer les clients des opé­ra­tions sur leur compte, aver­tir les pa­rents du lan­ce­ment d’un li­vret Jeune… Une forme de proxi­mi­té qui en­tre­tient la sa­tis­fac­tion.

Le prin­ci­pal in­té­rêt des banques en ligne se trouve dans l’offre d’épargne.

Vousles ser­vices uti­li­sez dé­jà In­ter­net ou mo­bile de votre banque... Pour­quoi ne pas pas­ser à la banque 100% en ligne ? Outre des ta­rifs très com­pé­ti­tifs, ces éta­blis­se­ments offrent des ser­vices ban­caires et d’épargne très per­for­mants. Com­pa­ra­tif.

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