“Com­ment fi­nan­cer une éven­tuelle dé­pen­dance”

Le Revenu - Mensuel Placement - - À RETENIR -

Paul et Ni­cole ha­bitent près de Cannes dans une vaste vil­la pro­ven­çale do­tée de cinq chambres et flan­quée d’un stu­dio in­dé­pen­dant. Mal­gré leur âge (lui, 79 ans, elle, 74 ans), ils en­tre­tiennent tout eux-mêmes. Seule la taille des oli­viers, hauts de plus de sept mètres, est confiée à un jar­di­nier. Paul aime s’oc­cu­per des frui­tiers, nom­breux dans le jar­din. Il ap­pré­cie aus­si de se dé­tendre dans la pis­cine l’été. Ni­cole règne dans la cui­sine, où elle a fort à faire, car la fa­mille leur rend sou­vent vi­site.

Le couple a quit­té sa Lor­raine na­tale à la fin des an­nées quatre-vingt. « Nous avons beau­coup tra­vaillé, beau­coup épar­gné et nous vou­lions prendre notre re­traite au so­leil », com­mentent-ils sim­ple­ment. Paul est l’aî­né d’une fa­mille de six, il a quit­té l’école à 14 ans pour ai­der son père à te­nir son com­merce. Après quelques an­nées en Afrique, il rentre en France et re­prend, avec son frère, une pe­tite en­tre­prise d’élec­tri­ci­té en per­di­tion qu’il re­dresse puis re­vend quinze ans plus tard avec une grosse plus-va­lue.

For­tune faite à 42 ans, il reste en­core huit ans dans la so­cié­té, à la de­mande des re­pre­neurs, avant de tour­ner dé­fi­ni­ti­ve­ment la page et de s’ins­tal­ler sur la Côte d’Azur. Ni­cole, se­cré­taire char­gée de la paie et de la comp­ta­bi­li­té dans l’en­tre­prise fa­mi­liale, a par­ti­ci­pé aux aven­tures en­tre­pre­neu­riales de son ma­ri, sou­vent sans avoir le sta­tut adé­quat. Une belle vil­la éva­luée à 1,2 mil­lion d’eu­ros À l’ap­proche des 80 ans, un su­jet com­mence à les pré­oc­cu­per: le risque de dé­pen­dance. « Au­rons-nous les moyens de payer une mai­son de re­traite? Faut-il ac­cep­ter une consom­ma­tion du ca­pi­tal? Que lais­se­rons­nous à nos en­fants? Voi­ci les ques­tions qu’ils se posent. Nous avons ana­ly­sé leurs re­ve­nus, dé­penses, ac­tifs et dettes. Conclu­sion: ils n’ont pas à s’in­quié­ter sur le plan fi­nan­cier, mais des dé­ci­sions doivent être prises.Vite.

Si nous dé­taillons la com­po­si­tion de leur pa­tri­moine, la vil­la en consti­tue la pièce maî­tresse. Elle est éva­luée à 1,2 mil­lion d’eu­ros. Ils ont ven­du tout leur immobilier lo­ca­tif au fil des ans « afin de se sim­pli­fier la vie ». Avec le re­cul, ce choix stra­té­gique se ré­vèle ju­di­cieux. Car la pierre est de plus en plus taxée.

L’épargne fi­nan­cière se com­pose de li­vrets et de huit contrats d’as­su­rance vie en eu­ros, pour un to­tal de 340 000 eu­ros. Ils n’ont ni PEA, ni

compte-titres, ni SCPI. Ces der­nières an­nées, Paul s’est sé­pa­ré de nom­breux pro­duits fi­nan­ciers. Il a bien fait. Une struc­ture pa­tri­mo­niale simple fa­ci­lite les ar­bi­trages et li­mite les frais. L’ab­sence to­tale d’ac­tions est plus

contes­table. « J’ai pris des risques toute ma vie avec mon en­tre­prise, je ne veux pas en prendre avec mon épargne », as­sène-t-il.

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